Vendredi 6 novembre, des militants ont investi symboliquement la boutique Relay de la gare Montparnasse pour dénoncer le monopole de l’enseigne et la concentration de la distribution de la presse dans le groupe Bolloré.


 

Comme sous l’effet d’une éclipse, les journaux d’extrême droite et les livres de Jordan Bardella ont momentanément disparu des têtes de gondoles de Relay, à la gare Montparnasse. Ce vendredi, des militants d’Alternatiba, d’Action non-violente COP21 et de plusieurs collectifs et syndicats, dont les Soulèvements de la Terre, Sud Rail, le SNJ-CGT et Attac, ont vidé une partie des présentoirs pour dénoncer le monopole de l’enseigne dans les gares.

À 14h38, les activistes ont sorti des rayons journaux et livres du magasin Relay central pour les placer dans des cartons. Une opération destinée à dénoncer la position dominante de l’enseigne dans les gares françaises et la concentration de la distribution de la presse et de l’édition au sein du groupe de Vincent Bolloré.

Détenue par Lagardère depuis son rachat en 2022, l’enseigne Relay est au cœur des critiques des militants, qui dénoncent également la place accordée aux médias et aux publications appartenant à l’empire médiatique Bolloré. Les organisateurs entendent ainsi interpeller la SNCF et son PDG, Jean Castex, sur les conditions de distribution de la presse dans les gares.

L’opération s’inscrit dans une campagne nationale intitulée « On prend le Relay ! », portée par Alternatiba et soutenue par de nombreuses organisations. Une pétition réclamant la fin de cette exclusivité commerciale a recueilli plus de 80 000 signatures, selon les organisateurs. Les militants s’appuient notamment sur une enquête de l’Observatoire des multinationales publiée en juin 2026, qui pointe la place accordée à certaines publications conservatrices et d’extrême droite dans les boutiques de l’enseigne.

Cette mobilisation pose également la question du pluralisme de la presse et de l’accès des éditeurs indépendants aux réseaux de distribution. Elle fait écho aux difficultés rencontrées par les publications indépendantes pour accéder aux points de vente situés dans les gares.

C’est notamment le cas d’altermidi Mag, magazine indépendant diffuser en Occitanie et  Sud Paca, que Relay refuse de distribuer. Un refus qui illustre concrètement les obstacles auxquels peuvent se heurter les titres indépendants pour accéder aux circuits de diffusion et trouver leur place dans les espaces de vente de la presse.

La contestation ne concerne pas uniquement les gares. Lagardère Travel Retail, filiale du groupe contrôlé par Vincent Bolloré, est également implanté dans plusieurs aéroports régionaux. À Toulouse-Blagnac : plusieurs boutiques Relay sont présentes dans les halls et salles d’embarquement. Dans les aéroports parisiens, Lagardère Travel Retail dispose également d’une concession de dix ans pour exploiter plus de 60 commerces, principalement sous l’enseigne Relay. Une concentration des points de vente qui pose, là aussi, la question du pluralisme et de l’accès des publications indépendantes à la distribution.

Photo. Les activistes ont sorti les journaux et les livres de la boutique pour dénoncer le monopole de Relais dans les gares françaises.