Ils ont eu trop chaud. Trop longtemps. Après un été ponctué de canicules, d’incendies et d’alertes climatiques, des milliers de personnes sont appelées à descendre dans la rue ce samedi 26 septembre. Une mobilisation qui veut faire de l’urgence climatique une urgence politique.


 

On peut tourner la page de l’été. Pas celle du climat. Les températures finiront bien par baisser. Les fumées se dissiperont. Les images de forêts en flammes quitteront les journaux télévisés. Mais pour les organisateurs de la mobilisation du 26 septembre, il n’est pas question de laisser retomber la pression avec le thermomètre. Ce samedi, environ 260 rassemblements et marches sont annoncés partout en France. Une mobilisation placée sous une bannière volontairement large : le climat, le vivant, la paix et la justice sociale.

Le message est frontal. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, les organisateurs écrivent : « Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes. » Leur texte affirme avoir recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures.Derrière cette formule, une inquiétude : celle de voir chaque catastrophe devenir un épisode isolé, vite remplacé par une autre actualité. Pour Jean-François Julliard, directeur général de France Nature Environnement, le risque est celui d’une « amnésie environnementale » : s’émouvoir lorsque les températures s’affolent, puis reprendre le cours habituel des choses une fois l’alerte passée.

Les manifestants ne réclament pas uniquement de nouveaux engagements. Ils demandent des mesures concrètes : plans d’urgence, adaptation des territoires, réduction des émissions et nouveaux mécanismes de financement. Parmi les propositions avancées par les organisateurs figurent une taxation des superprofits des énergies fossiles et de l’industrie de l’armement, ainsi qu’une contribution accrue des patrimoines les plus élevés.

Le débat porte donc aussi sur la facture. Qui doit financer l’adaptation à un climat qui se réchauffe ? Et comment répartir l’effort entre ménages, entreprises et États ? Ces questions arrivent à un moment stratégique. Le gouvernement doit présenter le 30 septembre un nouveau plan national d’adaptation au changement climatique. Le document doit notamment traiter des risques naturels, de l’eau, de l’agriculture, des entreprises et de la préparation aux épisodes de chaleur.

Rdv dans la rue à Toulouse, Montpellier, Marseille

À Toulouse, le rassemblement débutera à 14 heures, devant la statue Pierre-Paul Riquet, en haut des allées Jean-Jaurès. La mobilisation doit ensuite se poursuivre jusqu’au jardin Compans, avec une assemblée citoyenne annoncée à 17 heures.

À Montpellier, la journée commencera dès midi sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, avec une cantine populaire et des forums. La marche doit partir à 15 heures.

À Marseille, rendez-vous à 10 h 30 devant la préfecture, place Félix-Baret.

Trois villes, trois mobilisations, mais une même volonté affichée : remettre le climat au centre de l’espace public et faire de l’adaptation une question immédiate, et non une promesse pour demain. Car le paradoxe est désormais visible : nous savons que le climat change, nous savons qu’il faut nous adapter, mais la question reste celle du rythme et de l’ampleur de l’action. Samedi, la rue entend rappeler qu’un été record ne doit pas devenir un simple souvenir. La chaleur retombera. La question, elle, restera brûlante : qu’allons-nous faire maintenant ?