La sécheresse s’installe durablement sur une grande partie de la France. Selon le ministère de la Transition écologique, un quart des petits cours d’eau du pays sont déjà à sec en ce début d’été, un niveau jamais observé depuis le lancement du suivi national en 2012. Cette situation exceptionnelle entraîne une multiplication des restrictions d’usage de l’eau et fait craindre des difficultés d’approvisionnement dans plusieurs territoires du Sud de la France.


 

Le constat est spectaculaire. Le lit des rivières ne sont plus qu’un amas de roches, de galets et de poissons morts. Ces “assecs” constituent un indicateur particulièrement préoccupant de la dégradation de la ressource en eau. Ils affectent directement les écosystèmes aquatiques, la biodiversité et les usages agricoles.

Dans l’Hérault des assecs partiels touchent La Lergue, en particulier en aval de Lodève et vers Clermont-l’Hérault. En aval du barrage du Salagou, les débits sont extrêmement faibles pour la saison. Dans le Biterrois La Thongue et certains de ses affluents connaissent également des interruptions temporaires d’écoulement. Dans les PO Le Torgan et le Verdouble sont concernés.

Dans le Gard, le Vidourle amont, entre le causse de Pompignan et Quissac, connaît des tronçons en assec. Le phénomène est accentué par les prélèvements et les pertes naturelles dans le karst1. Le Gardon de Saint-Jean et certains de ses affluents cévenols présentent des assecs estivaux préoccupants, notamment sur les petits affluents en aval de Saint-Jean-du-Gard.

La sécheresse ne touche pas seulement les rivières. Les nappes phréatiques poursuivent également leur vidange sous l’effet d’un déficit pluviométrique marqué et des épisodes de canicule successifs.

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) indique que la majorité des nappes françaises sont en baisse. Les zones méditerranéennes présentent désormais des niveaux inférieurs aux normales saisonnières. Les températures exceptionnellement élevées du mois de juin ont accéléré l’évaporation et augmenté les besoins en eau de la végétation comme des activités humaines.

 

L’Occitanie : une situation contrastée mais sous surveillance

L’Occitanie figure parmi les régions les plus exposées aux sécheresses estivales. Si la situation reste très variable selon les départements, plusieurs territoires connaissent déjà des restrictions.

En Ariège, de nouvelles mesures sont entrées en vigueur début juillet sur plusieurs bassins versants en raison de la baisse des débits des cours d’eau. Les autorités renforcent également la veille hydrologique afin d’adapter rapidement les niveaux d’alerte.

Les Pyrénées-Orientales demeurent un territoire particulièrement fragile après plusieurs années de déficit pluviométrique. Les nappes du Roussillon restent sous surveillance malgré une légère amélioration observée en 2026 grâce aux pluies hivernales. Le département reste considéré comme l’un des plus vulnérables aux sécheresses répétées.

En Lozère, les faibles débits observés sur plusieurs cours d’eau conduisent également les services de l’État à renforcer les mesures de gestion de la ressource durant l’été.

 

En région PACA, la chaleur accélère la dégradation

La Provence-Alpes-Côte d’Azur connaît également une dégradation rapide de sa situation hydrologique.

Selon le dernier bulletin de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) Provence-Alpes-Côte d’Azur, le mois de juin a présenté un déficit de précipitations pouvant atteindre 80 % sur l’ouest de la région et le littoral, associé à des températures supérieures de plus de 3 °C aux normales saisonnières. Cette combinaison provoque une baisse rapide des niveaux des rivières et des nappes.

En Vaucluse, le préfet a placé la quasi-totalité du département en vigilance sécheresse afin d’anticiper une aggravation de la situation. Seul le bassin de l’Ouvèze provençale présente encore des indicateurs proches des normales. Les autorités appellent les habitants à limiter dès maintenant leur consommation d’eau afin d’éviter des restrictions plus sévères dans les prochaines semaines.

Les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes font également l’objet d’une surveillance étroite, les cours d’eau méditerranéens étant particulièrement sensibles aux longues périodes sans pluie.

 

Éviter les ruptures d’approvisionnement

L’objectif des mesures préfectorales est de préserver les ressources avant que la situation ne devienne critique. Certaines communes françaises sont déjà contraintes d’être ravitaillées par camions-citernes lorsque les captages ne permettent plus d’assurer l’alimentation en eau potable.

Les autorités rappellent que les gestes d’économie d’eau restent essentiels, même dans les territoires qui ne sont pas encore soumis à des restrictions obligatoires. Les prévisions météorologiques, qui annoncent la poursuite de conditions chaudes et sèches, laissent présager un été particulièrement délicat pour la gestion de la ressource en eau.

 

Sources

  • Ministère de la Transition écologique – VigiEau (carte des restrictions d’eau).
    BRGM – Situation des nappes d’eau souterraine au 1er juillet 2026.
  • DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur – Bulletin de situation hydrologique (10 juillet 2026).
    Préfecture de Vaucluse – Passage en vigilance sécheresse (7 juillet 2026).
  • Préfecture de l’Ariège – Restrictions des usages de l’eau (10 juillet 2026).

Notes:

  1. Absorption des eaux collectées en surface sur des terrains imperméables et disparaissant sous terre au contact des terrains karstique.