Réunis en séance publique le 22 juin, les conseillers départementaux de l’Hérault ont adopté le budget supplémentaire 2026. Un ajustement budgétaire rendu nécessaire par une situation financière toujours plus tendue, entre hausse des dépenses sociales et ralentissement des recettes.
Le vote intervient quelques mois après l’adoption, en mars, du budget primitif de 1,8 milliard d’euros. Depuis, les perspectives financières se sont encore assombries. Le Département doit notamment absorber une augmentation des dépenses liées aux politiques sociales, qui constituent déjà la part la plus importante de son budget.
D’ici la fin de l’année, les dépenses consacrées au revenu de solidarité active (RSA) devraient progresser de 3 millions d’euros. L’Aide sociale à l’enfance (ASE) représente à elle seule près de 5 millions d’euros supplémentaires, tandis que les dispositifs destinés aux personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie nécessiteront 1,3 million d’euros additionnels.
Dans le même temps, les recettes départementales continuent de s’éroder. La collectivité anticipe une diminution de près de 9,3 millions d’euros, liée notamment au recul des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), étroitement dépendants de l’activité du marché immobilier, ainsi qu’à une baisse de la taxe d’aménagement.
Malgré ce contexte, les comptes de l’exercice 2025 se sont clôturés sur un excédent global de 51,5 millions d’euros. Celui-ci résulte d’un excédent de fonctionnement de 52,8 millions d’euros, qui compense un déficit d’investissement de 1,3 million d’euros. Ces résultats avaient déjà été intégrés lors du vote du budget primitif au printemps.
Le budget supplémentaire prévoit également plusieurs ajustements en matière d’investissement. Trois millions d’euros seront consacrés à des travaux sur le réseau routier départemental afin de poursuivre les opérations d’entretien et de sécurisation. Près de 11 millions d’euros supplémentaires doivent par ailleurs soutenir la rénovation de logements privés et sociaux.
Autre mesure inscrite dans cette décision budgétaire : une opération de refinancement d’emprunts à hauteur de 80 millions d’euros. L’objectif est d’améliorer les conditions financières de la dette départementale dans un contexte marqué par la recherche de marges de manœuvre budgétaires.
Pour l’exécutif départemental, ces ajustements traduisent les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les départements. Entre des dépenses sociales en constante augmentation et des ressources jugées insuffisamment dynamiques, la collectivité estime disposer de peu de leviers pour rééquilibrer durablement ses finances. Le président du Département, Kléber Mesquida, a ainsi réitéré son appel à une réforme du financement des collectivités départementales, tout en affirmant vouloir maintenir les politiques de solidarité et les services publics de proximité.







