Quand j’ai reçu cet article d’Abu Amir le 16 Juillet j’ai immédiatement pensé à cette nécessité imparable mise en place par l’équipe de l’UJFP à Gaza : développer semaine après semaine à raison de trois ateliers différents le soutien psychologique pour les femmes et les jeunes filles dans les camps de Déplacé.e.s. Un formidable travail pour soutenir et rendre possible un chemin de dignité pour les femmes en ces temps de génocide funeste à tout point de vue.


 

Sous la pression de la peur, de la pauvreté et de l’instabilité, le mariage précoce dans les camps de Gaza est une réalité qui dépasse les limites des chiffres officiels.

« Entre les tentes étroitement alignées et les centres d’hébergement surpeuplés de la bande de Gaza, les conséquences de la guerre ne se limitent plus à la perte des maisons, des sources de revenus, de l’accès à la nourriture ou à l’éducation. Elles ont pénétré au cœur même des familles et redéfini des décisions déterminantes concernant la vie de leurs enfants et leur avenir.

Parmi les phénomènes qui apparaissent de plus en plus clairement dans les camps de déplacés figure le mariage des filles à un âge précoce, sous la pression de la peur, de la pauvreté et de l’instabilité. Ces mariages ne se manifestent pas toujours par des cérémonies annoncées ou par des procédures clairement identifiables et faciles à suivre. Ils peuvent commencer par un accord rapide entre deux familles, après quoi une fille n’ayant pas terminé ses études quitte la tente de ses parents pour rejoindre celle de son mari, tandis que l’enregistrement ou l’officialisation du mariage est reporté en raison des déplacements répétés, des difficultés d’accès aux tribunaux ou de la perte des documents officiels. À travers le suivi permanent effectué sur le terrain dans les camps de déplacement, ainsi que les discussions avec les familles, les femmes et les jeunes filles, il apparaît clairement que le mariage précoce n’est plus uniquement présenté comme le prolongement de certaines traditions sociales. Pour certaines familles, il est devenu un moyen de faire face à une réalité particulièrement dure, face à laquelle elles disposent de très peu d’options.

Des parents évoquent leur peur pour leurs filles dans des lieux dépourvus d’intimité et de protection, tandis que d’autres familles soulignent leur incapacité à fournir de la nourriture, des vêtements et les besoins essentiels à tous leurs membres. Dans plusieurs situations, l’interruption des études et la disparition des perspectives scolaires apparaissent également comme des facteurs poussant les familles à envisager le mariage comme la seule voie encore accessible à leur fille. Ce rapport ne repose pas uniquement sur les chiffres et les statistiques publiés par les institutions officielles. Il s’appuie également sur ce que nous voyons et entendons quotidiennement dans les camps, où les témoignages des familles et les observations directes révèlent une partie de la réalité qui n’apparaît pas toujours dans les registres officiels.

Un grand nombre de familles déplacées vivent dans des tentes accolées les unes aux autres ou dans des centres d’hébergement accueillant des centaines de personnes. Dans de nombreux lieux, il n’existe aucun espace privé réservé aux femmes et aux filles, tandis que les toilettes et les espaces destinés à la toilette sont communs ou situés loin des lieux d’hébergement. Ces conditions exposent les filles à des difficultés quotidiennes liées à l’intimité, à la liberté de mouvement et à la sécurité, tout en maintenant leurs familles dans un état permanent d’inquiétude.

Certains parents vivant dans les camps parlent de leur peur que leurs filles soient victimes de harcèlement ou d’exploitation, en particulier lorsqu’elles doivent sortir la nuit ou parcourir de longues distances pour chercher de l’eau ou utiliser les installations sanitaires. Dans un environnement surpeuplé où les nouvelles et les conversations se propagent rapidement, certaines familles craignent également les rumeurs ou le regard de la société porté sur la fille. Face à la faiblesse des moyens de protection, un père ou une mère peut commencer à considérer le mariage comme une manière de placer sa fille sous la responsabilité d’un homme qu’ils estiment capable de la protéger. Cette inquiétude s’intensifie lorsque la fille a perdu l’un de ses parents, a été séparée d’une partie de sa famille ou vit avec des proches en raison du déplacement ou de la mort de certains membres de sa famille. Dans de telles situations, le mariage peut être présenté comme une solution permettant de protéger la jeune fille des dangers qui l’entourent.

Cependant, la réalité montre que le mariage ne conduit pas nécessairement la fille vers un environnement plus sûr. Dans de nombreux cas, elle passe simplement de la tente de sa famille à celle de son mari, tout en restant dans les mêmes conditions de déplacement et de pauvreté, auxquelles viennent s’ajouter de nouvelles responsabilités auxquelles elle n’était pas préparée. Au lieu d’être une jeune fille ayant besoin de protection et de soins, elle devient responsable d’une vie conjugale, des besoins de son mari, de ses relations avec la famille de celui-ci et, éventuellement, d’une grossesse et d’un accouchement, alors qu’elle se trouve encore à un âge où elle devrait normalement être à l’école.

La pauvreté pousse les familles vers des choix qu’elles n’auraient jamais envisagés

Il est impossible de dissocier le mariage précoce de l’effondrement économique qui a frappé les familles dans la bande de Gaza. […] Dans certains cas, l’objectif n’est pas d’obtenir un avantage financier direct, mais de transférer la responsabilité de la fille à une personne qui, selon sa famille, sera capable de la nourrir et de la protéger.

Cela ne signifie pas nécessairement que les familles n’aiment pas leurs filles ou ne se préoccupent pas de leur intérêt. Cela révèle plutôt l’ampleur de la pression exercée par la guerre sur les décisions familiales. Un père qui n’arrive plus à nourrir ses enfants peut commencer à considérer le mariage comme l’une des rares issues disponibles, même s’il sait que sa fille n’a pas encore atteint l’âge lui permettant d’assumer de telles responsabilités. Comprendre ces circonstances ne signifie pas justifier le mariage précoce. Cela permet néanmoins d’identifier les raisons qui poussent les familles à y recourir. La décision n’est pas toujours fondée sur une conviction sociale ; elle peut être la conséquence directe de la faim, de l’impuissance, de la peur et de l’absence d’alternatives.

L’interruption de l’éducation ferme une porte qui retardait autrefois le mariage

L’éducation constituait un facteur essentiel de protection pour les filles. L’école leur offrait une voie claire vers l’avenir et encourageait les familles à retarder le mariage jusqu’à l’achèvement des études secondaires ou universitaires. […]

Ainsi, l’interruption de l’éducation, qui était censée être une conséquence temporaire de la guerre, devient un facteur conduisant à une décision permanente. Au lieu d’attendre le retour à l’école ou de chercher des solutions éducatives alternatives, la famille peut décider de marier sa fille, convaincue que ses chances de poursuivre ses études sont devenues très faibles. Le mariage rend généralement le retour à l’éducation encore plus difficile. La fille mariée devient responsable du foyer et de la famille, et une grossesse peut survenir peu de temps après, entraînant souvent l’abandon définitif des études. La jeune fille ne perd pas seulement sa place à l’école. Elle perd également la possibilité de construire un avenir lui procurant une certaine indépendance économique et sociale et réduisant sa dépendance totale à l’égard de son mari.

Un mariage qui commence sous la tente, sans bases clairement établies

[…] Ce type d’union débute dans des circonstances dépourvues de stabilité économique, psychologique et sociale. Les deux parties portent les conséquences de la guerre, de la peur et de la perte, et commencent leur vie conjugale sous la pression de la faim, du déplacement et de l’absence d’intimité. Avec le temps, les détails du quotidien deviennent des sources de conflit. Trouver de la nourriture et de l’eau, disposer d’un espace pour dormir, faire face aux interventions des deux familles et s’occuper des enfants sont des responsabilités difficiles, même pour des adultes. Elles le sont davantage encore lorsque l’épouse est une jeune fille dont l’expérience et la capacité à gérer ces pressions ne sont pas encore pleinement développées. Le mariage peut sembler au départ être une tentative d’échapper à la vie dans le camp. Dans de nombreux cas, il ne permet pas à la fille de quitter cette réalité ; il transfère simplement ses souffrances dans une nouvelle relation conjugale.

Les chiffres officiels ne recensent que les situations qui leur parviennent

Les autorités officielles publient des données sur le nombre de mariages et de divorces enregistrés auprès des tribunaux et des institutions compétentes. Ces données constituent une source importante pour comprendre une partie de la réalité, mais elles ne donnent pas nécessairement une image complète de l’ampleur du phénomène dans les camps de déplacement. Le chiffre officiel reflète les cas dans lesquels les personnes concernées ont pu accéder au tribunal, accomplir les procédures nécessaires, présenter les documents requis, puis enregistrer légalement le mariage ou le divorce. Or, la guerre a rendu l’accès aux institutions plus difficile, provoqué la perte de documents, interrompu le fonctionnement de certains tribunaux et entraîné des déplacements répétés entre les régions. Sur le terrain, nous entendons parler de mariages conclus entre familles mais qui n’ont pas encore été enregistrés, de filles ayant rejoint la maison ou la tente de leur mari dans l’attente de l’officialisation du contrat, ou de situations dans lesquelles les familles se sont contentées de procédures limitées en raison des difficultés d’accès aux organismes officiels.[…]

Ce que nous voyons dans les camps diffère de l’image présentée par les registres

Le suivi quotidien et les discussions avec les familles montrent que l’écart entre la réalité et les registres ne concerne pas uniquement le mariage précoce, mais aussi les séparations et les divorces. Les institutions officielles peuvent indiquer que les taux de divorce n’ont pas connu de hausse exceptionnelle. Cependant, ce que nous entendons dans les camps révèle une augmentation des conflits conjugaux, le retour de femmes auprès de leur famille après l’impossibilité de poursuivre la vie avec leur mari, ainsi que l’existence de couples vivant réellement séparés sans avoir enregistré leur divorce devant le tribunal. […] Ce que nous voyons et entendons auprès des familles laisse penser que la crise des relations conjugales est plus importante que ce qu’un seul chiffre peut montrer. Toutes ces situations ne constituent peut-être pas des divorces juridiques, mais elles témoignent d’une instabilité croissante au sein des familles.

Le déplacement multiplie les conflits conjugaux

La vie sous les tentes exerce une pression considérable sur les relations conjugales. Un mari ayant perdu son travail et sa maison peut se sentir incapable d’assumer son rôle, tandis que l’épouse porte la responsabilité de chercher de la nourriture et de l’eau, de s’occuper des enfants et de faire face aux conditions difficiles de l’hébergement. En l’absence d’intimité, tout conflit entre les époux devient visible aux yeux de la famille et des voisins. Les interventions des proches se multiplient et une difficulté mineure peut se transformer en un conflit majeur sous l’effet du stress psychologique et des tensions accumulées.

De nombreux couples souffrent également des conséquences de la perte et des traumatismes provoqués par les bombardements et les déplacements répétés. Cela peut se manifester sous forme de colère, de violence ou de retrait des responsabilités, alors que les services de soutien psychologique restent insuffisants pour aider les familles à affronter ces crises.

La jeune fille mariée précocement est encore plus vulnérable dans ces conditions. Elle ignore souvent ses droits juridiques, ne dispose d’aucun revenu indépendant et manque d’expérience pour gérer les conflits ou demander de l’aide. Dans certaines situations, elle peut subir des violences ou de la négligence sans être capable de quitter la relation, parce que sa famille ne peut pas l’accueillir, parce qu’elle est devenue mère ou parce qu’elle craint la stigmatisation associée au divorce. Ainsi, le mariage qui lui avait été présenté comme une protection contre les dangers du camp peut devenir la cause de son entrée dans un autre cercle de peur et d’instabilité.

Le mariage précoce peut se terminer par une séparation précoce

Lorsqu’un mariage est conclu sous la pression de la faim, de la peur et du besoin, sans préparation psychologique ni économique, les risques d’échec augmentent. La fille passe soudainement de l’enfance ou de la vie scolaire à la responsabilité du foyer, du mari et d’une nouvelle famille. […] Pourtant, la jeune fille ne retrouve pas facilement sa vie antérieure. Elle peut avoir interrompu ses études, être enceinte ou être devenue mère, ou encore avoir vécu une expérience psychologique et sociale particulièrement difficile. La jeune fille divorcée doit aussi faire face à un regard social qui peut aggraver son isolement et limiter ses chances de retourner à l’école ou de recommencer une nouvelle vie. Elle paie deux fois le prix du mariage précoce : lorsqu’elle perd son enfance, et lorsqu’elle doit supporter les conséquences de l’échec de la relation.

La grossesse précoce accroît les risques sanitaires

Le mariage précoce est souvent suivi d’une grossesse peu de temps après, exposant la jeune fille à des risques sanitaires supplémentaires, particulièrement dans un contexte d’effondrement du système de santé et de pénurie de médicaments et de services médicaux. Une fille dont le développement physique n’est pas achevé est davantage exposée aux complications liées à la grossesse et à l’accouchement. La malnutrition, le manque d’eau potable et l’irrégularité des examens médicaux augmentent encore ces risques. Certaines jeunes filles peuvent être contraintes de poursuivre leur grossesse sans suivi médical régulier ou d’accoucher dans des conditions dangereuses. Elles peuvent être confrontées à l’anémie, à un accouchement prématuré, ainsi qu’à un épuisement physique et psychologique. La responsabilité ne s’arrête pas à l’accouchement. La jeune fille devient responsable d’un enfant alors qu’elle a encore elle-même besoin de soins, de conseils et de soutien. La grossesse et l’accouchement précoces ferment également, dans de nombreux cas, la porte à un retour à l’éducation et renforcent la dépendance de la fille à l’égard de son mari, ce qui rend plus difficile la possibilité de quitter la relation si elle subit des violences ou de la négligence.[…]

Protéger les filles commence par rendre des alternatives aux familles

La réduction du mariage précoce dans les camps de déplacement nécessite la mise à disposition d’alternatives réelles pour les familles. L’éducation figure au premier rang de ces alternatives, grâce à la création d’espaces éducatifs sûrs garantissant la continuité des études des filles et préservant leur lien avec leur avenir. Les familles ont également besoin d’un soutien financier et alimentaire régulier réduisant les pressions économiques qui les poussent à marier leurs filles. Les conditions d’hébergement doivent être améliorées, des installations sûres et privées doivent être mises à la disposition des femmes et des filles, et les mécanismes de protection dans les camps doivent être renforcés.

Les filles ont aussi besoin d’espaces dans lesquels elles peuvent recevoir un soutien psychologique et social, parler de leurs peurs, comprendre leurs droits et accéder à des institutions capables de les aider lorsqu’elles subissent des pressions ou des violences. Les procédures d’enregistrement des mariages et des divorces doivent également être facilitées afin de protéger les droits juridiques des femmes et des filles, notamment dans un contexte où certaines situations peuvent rester en dehors des registres officiels. L’absence d’enregistrement n’annule ni le mariage ni la séparation, mais elle peut priver la jeune fille de ses droits à la pension alimentaire, à la garde des enfants, à l’héritage ou à la reconnaissance de la filiation de ses enfants.

Quant aux jeunes filles déjà mariées, elles ne doivent pas être condamnées ni isolées. Elles ont besoin de possibilités de poursuivre leur éducation, de soins sanitaires et psychologiques, ainsi que de services juridiques leur permettant de défendre leurs droits. Les nouveaux couples ont également besoin de services de conseil et de soutien psychologique pour les aider à gérer les conséquences du déplacement et empêcher que les conflits quotidiens ne dégénèrent en violence ou en séparation.

Ce que les tentes dissimulent et que les chiffres ne recensent pas

Le mariage précoce dans les camps de déplacement n’est pas un simple phénomène social passager. Il constitue l’une des conséquences profondes de la guerre sur la famille et la société. Lorsqu’une famille perd sa maison et ses revenus, et qu’une fille perd son école, sa sécurité et son intimité, les décisions déterminantes sont dictées par la peur et le besoin. Les chiffres officiels peuvent indiquer que les cas de mariage de mineures sont limités ou que les taux de divorce n’ont pas augmenté de manière exceptionnelle. Cependant, ces chiffres ne parlent que des situations parvenues jusqu’aux institutions et qui y ont été enregistrées. Ils ne peuvent, à eux seuls, décrire tout ce qui se produit dans la réalité.

Ce que nous voyons et entendons dans les camps révèle des mariages non enregistrés, des filles entrées dans une vie conjugale avant la fin de leur enfance, des femmes revenues auprès de leur famille sans divorce officiel, ainsi que des couples vivant séparément alors que leur mariage existe toujours sur le papier. Les observations de terrain ne doivent donc pas être considérées comme l’opposé des statistiques officielles, mais comme une composante indispensable permettant de compléter l’image. Le registre documente ce qui lui est parvenu, tandis que le terrain révèle ce qui est resté derrière les parois des tentes et en dehors des dossiers judiciaires.

Les chiffres officiels ne sont pas nécessairement erronés, mais ils ne disent pas tout. Entre le nombre enregistré et la réalité vécue se trouvent les histoires de filles et de familles qui n’ont pas pu accéder aux institutions compétentes, qui n’ont pas souhaité parler ou qui n’ont trouvé aucune structure capable de documenter ce qu’elles ont vécu. Dans les camps de déplacement, une fille ne perd pas son enfance uniquement à cause des bombardements. Elle peut aussi la perdre en silence lorsque les conditions de la guerre la poussent vers un mariage qu’elle n’a pas choisi librement, quittant la tente de sa famille à la recherche d’une protection avant de découvrir que sa nouvelle vie lui impose des fardeaux bien plus lourds que son âge. »

Abu d’Amir et Brigitte Challande

Photo 1 La pauvreté pousse les familles vers des choix qu’elles n’auraient jamais envisagés. crédit photo UJFP

Brigitte Challende
Brigitte Challande est au départ infirmière de secteur psychiatrique, puis psychologue clinicienne et enfin administratrice culturelle, mais surtout activiste ; tout un parcours professionnel où elle n’a cessé de s’insérer dans les fissures et les failles de l’institution pour la malmener et tenter de la transformer. Longtemps à l’hôpital de la Colombière où elle a créé l’association «  Les Murs d’ Aurelle» lieu de pratiques artistiques où plus de 200 artistes sont intervenus pendant plus de 20 ans. Puis dans des missions politiques en Cisjordanie et à Gaza en Palestine. Parallèlement elle a mis en acte sa réflexion dans des pratiques et l’écriture d’ouvrages collectifs. Plusieurs Actes de colloque questionnant l’art et la folie ( Art à bord / Personne Autre/ Autre Abord / Personne d’Art et les Rencontres de l’Expérience Sensible aux éditions du Champ Social) «  Gens de Gaza » aux éditions Riveneuve. Sa rencontre avec la presse indépendante lui a permis d’écrire pour le Poing et maintenant pour Altermidi.