Opéra, ballet, concerts… Encore plus à venir, au fil des nombreuses saisons ! En Occitanie et région PACA, les programmes préparent de belles surprises musicales pour 2026-2027, des répertoires variés lyriques et symphoniques. Seconde partie : visite de Montpellier à la Côte d’Azur.
Chaque cité lyrique propose un opéra différent : un lieu, une scène, une acoustique et une identité, des choix, des valeurs, des projets, avec ceux qui leur donnent vie, orchestre, chœur, maestro et solistes. L’opéra fait voyager, comme l’a fait jadis le Club Lyrique de Montpellier et son président Jean-Marie Boher, pendant des années, pour découvrir ce monde pluriel à travers les scènes du Sud et de l’étranger. Pour tous l’aventure continue.
À Montpellier, prendre le temps du voyage
Entre Opéra Berlioz et Opéra Comédie s’annonce une saison peu ordinaire. Au public est proposé du « sur mesure » car la directrice Valérie Chevalier invite à « Prendre son temps ». C’est le titre du programme de l’Opéra Orchestre National de Montpellier, financé par l’État, la Région, la Ville et la Métropole, qui a présenté un bilan encourageant : 85 000 billets vendus, un tarif moyen de 30 €, 470 Pass Jeunes, un nombre d’abonnés doublé (2 274), un taux de remplissage de 80 %, et surtout une tranche d’âge 25-60 ans représentée par 58 %. Et on n’hésite pas à annoncer plus de 280 événements à Montpellier et en région Occitanie…
Pour prendre son plaisir, ce qui n’est guère facile de nos jours, il y aura des concerts classiques, symphoniques, de musique de chambre et de répertoire baroque, et le maestro Roderick Cox va en diriger sept — Ravel, Bartók, Prokofiev, Brahms, Mahler, Sibelius — et un programme américain pour le Nouvel An, ce qui rappellera sa première venue !
Le maire de Montpellier Michaël Delafosse voit aussi dans cette saison « une invitation au voyage ». On fête 140 ans de relations diplomatiques entre la France et la Corée, avec quatre programmes, dont deux opéras, L’Opéra des Fleurs Hwajeonga, et Rite d’été de Corée, ainsi que trois concerts et des artistes de funk chamanique1, tandis que des musiciens de l’orchestre et Opéra Junior seront invités en Corée en décembre.

Du côté classique, il y a du neuf. Après la Médée de Charpentier qui inaugure la saison en version concert, les Carmina Burana de Carl Orff font partie des nouvelles productions, comme l’Orfeo de Monteverdi. Mais deux événements majeurs sont des créations mondiales : pour les fêtes Le Baiser de la Fée de Théodore Akimenko, mis en scène par Giorgio Pesenti, s’inspire d’Andersen et crée un univers visuel avec le partenaire montpelliérain ArtFX2. Très attendu, Hôtel Moctezuma, création signée par Diana Syrse, Carlos José Pérez Sámano, Ewa Rucińska et Jean Hostache, voit enfin le jour : une œuvre d’atelier présentée en 2021, multidimensionnelle et multiculturelle, qui a remporté le Prix du Public Fedora de 10 000 euros en 2025 (altermidi du 17 avril 2025).
La saison s’annonce variée, du classique au rap, avec neuf « À hauteur d’enfant »3, cinq spectacles de danse et nombre de concerts et de récitals où l’on va retrouver Justin Taylor, Julie Fuchs, Edgar Moreau et bien d’autres artistes, notamment ceux en résidence. Entre dialogues culturels et nouveautés, le voyage se prépare pour « prendre le temps d’être ensemble ».
D’autres maisons, des créations, des évasions.
L’opérette est aussi de rigueur à l’Opéra Grand Avignon, avec un « Signé Offenbach » pour les fêtes de fin d’année, mais aussi La Fille du Régiment, dans une version participative4. La programmation de la saison s’intitule « Captives », une thématique dédiée à « ces femmes que l’on enferme car elles parlent trop fort ».

On va retrouver Le Villi donné à Marseille, et Rebecca Waldman va diriger une nouvelle production d’Aïda de Verdi, mis en scène par Frédéric Roels. Il y aura aussi des coproductions, notamment un formidable Rigoletto, un nouvel Enlèvement au sérail, et un projet à suivre, Magdalena d’Ambre Kahan, qui sera donné aussi à Nîmes avec l’extraordinaire soprano Julie Fuchs.
La diversité s’impose à Toulon, dont l’opéra monumental, site classé, poursuit sa restauration d’envergure jusqu’à fin 2027. La programmation rayonne donc côté Zénith, Châteauvallon ou Palais Neptune, et la saison « hors les murs » propose trois ballets et huit rencontres lyriques, dont un Don Carlo en version concert, des Pêcheurs de perles à ne pas manquer, ainsi qu’un puissant Don Giovanni. Quant à Madama Butterfly, très attendue, ce sera une nouvelle production mise en scène par Florent Siaud. De grands moments en attendant la réouverture de l’opéra à la fois modernisé et préservé comme lieu historique.
Autant d’opéras et de ballets à Nice qui a construit sa saison avec son directeur Bertrand Rossi autour du thème « S’échapper du réel ». Donc on n’échappe pas à l’Orlando de Haendel mené par Jean-Christophe Spinozi, pas plus qu’à une Veuve Joyeuse en version immersive ou au Tristan et Isolde wagnérien dans le monde hypnotique du cinéaste Bertrand Bonello.

Avant une fulgurante Manon Lescaut, la création française d’Alice au Pays des Merveilles d’Unsunk Chin ouvre aux petits et grands un univers féérique et troublant entre rêve, vertige et absurde. Moins inquiétant que le Pagliacci de Leoncavallo, que les metteurs en scène Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil (Le Lab) installent dans un hôpital psychiatrique. L’évasion niçoise s’adresse souvent à la jeunesse avec de multiples Escape Games et invite les tout-petits aux séances de « Viens avec ton doudou »5. Le spectacle Circo termine la saison en chapiteau lyrique : l’opéra est donc bien « un refuge où l’on s’évade vraiment ».
Il y aura bien sûr d’autres découvertes à faire, mais de Toulouse à Marseille, de Montpellier à la Côte d’Azur, les multiples saisons vont souffler de grands airs lyriques, qui vont faire vivre ces voyages au long cours.
Michèle Fizaine
Programmes à découvrir, agendas, tarifs, et plus encore :
Opéra Orchestre National de Montpellier Occitanie
Opéra Grand Avignon
Opéra de Toulon
Opéra Nice Côte d’Azur
Photo 1 :À Montpellier, évasion vers la Corée et les rencontres culturelles, avec L’Opéra des Fleurs Hwajeonga de Uzong Choe. Crédit photo Korea National Opera.
Notes:
- Chudahye Chagis est un groupe de funk chamanique psychédélique qui défie les genres, dirigé par Chu Dahye, une sorikkun (vocaliste traditionnelle coréenne) dont la voix transmet l’esprit et la profondeur du patrimoine musical coréen. Leur son distinctif mêle d’anciens muga (chants et chansons chamaniques coréens) à des influences contemporaines telles que le reggae, le jazz, le hip-hop, le funk, l’électro et le rock. Leur musique invite les auditeurs à faire leur chagi – une expérience personnelle et partagée qui transcende les genres, le temps et la tradition.
- ArtFX est une école d’art digital (effets spéciaux, animation 3D, animation 2D et jeux vidéo) qui comprend 3 campus.
- À hauteur d’enfant : adaptation des formats, horaires et tarifs de spectacles pour permettre aux familles l’éveil musical de leurs enfants, et ce dès le plus jeune âge.
- Cette version participative propose de redécouvrir l’œuvre à travers un regard ludique et inventif, inspiré par l’imaginaire des enfants. Leur capacité à mélanger les univers et à transformer les objets du quotidien nourrit ici la mise en scène. L’espace scénique devient ainsi un terrain de jeu où les éléments se métamorphosent, où les échelles se déforment et où les surprises visuelles participent pleinement au récit ; un moment de jeu, d’imagination et de rencontre entre la scène et le public.
- Viens avec ton doudou invite vos tout-petits (de 2 à 6 ans) à découvrir l’univers magique de l’Opéra. Après une présentation par les artistes, les enfants seront invités à participer à un moment d’échange interactif.







