En Occitanie et région PACA, les programmes présentent de belles saisons musicales pour 2026-2027, des répertoires variés lyriques et symphoniques. Première partie : visite de Toulouse à Marseille.
Dès le mois de mars, le Capitole a annoncé ses couleurs, La Canebière a suivi, et l’opéra du Clapas vient de révéler sa nouvelle saison. Nice, Toulon, Avignon ont aussi de nouveaux spectacles à proposer… On sort les agendas.
Au plus haut des ambitions

Avec enthousiasme, Christophe Ghristi annonce les ambitions de l’Opéra national du Capitole de Toulouse qu’il dirige : « Vers les étoiles » est la destination de la prochaine saison, qui propose neuf opéras. Outre deux volets baroques en version concert, la Médée de Charpentier, qui sera aussi à Montpellier — avec Marie-Nicole Lemieux ! — et King Arthur de Purcell, de retour avec Hervé Niquet, il y aura la magnifique et aquatique Rusalka de Dvořák, mise en scène par Stefano Poda, un Barbier de Séville de Rossini dans la production particulièrement tonique de Josef Ernst Köpplinger, et une formidable clôture avec la Medea de Cherubini mise en scène par Yannis Kokkos, qui réunit Roberto Alagna et Karine Deshayes pour des prises de rôle exceptionnelles.
Entre succès et découvertes se préparent aussi quatre nouvelles productions. Une reprise de Peter Grimes de Britten, à partir de l’idée de David Alden et l’English National Opera, et le retour de Lohengrin de Wagner, mené par Michele Spotti, où Michel Fau continue d’explorer cet univers gothique et onirique, épique et abstrait. Mais aussi l’entrée au répertoire du Roi Arthus de Chausson, mis en scène par le chorégraphe Aurélien Bory, avec le formidable baryton Stéphane Degout dans le rôle-titre. Enfin l’ensemble I Gemelli crée une première avec Le Couronnement de Poppée de Monteverdi, dirigé par Emiliano Gonzalez Toro, qui convoque le meilleur de la jeune génération lyrique, notamment la montpelliéraine Adèle Charvet.
Concerts et récitals proposent des plaisirs variés, partagés avec des solistes, chanteurs ou musiciens, comme Sandrine Piau et David Kadouch, Cyrille Dubois, Joseph Calleja, Vincenzo Costanzo… et Elisabeth Leonskaja !
Humour et poésie sont au rendez-vous, avec deux créations qui marquent la saison du Ballet de l’Opéra National : Les trois Mousquetaires chorégraphié par Benjamin Pech sur des musiques de Saint-Saëns et Le Petit Chaperon Rouge du compositeur Benoît Menu. Deux autres programmes rendent hommage aux chorégraphes modernes, Amours fugitives et Maîtres américains.
Christophe Ghristi ajoute à cette saison où « l’ambition la plus haute et l’émerveillement se confondent » des spectacles jeune public. Cette « odyssée » se poursuit, « une grande aventure que nous sommes heureux de vivre ensemble ». Car le nombre d’abonnés a grimpé de 3 800 à 5 300 et pour faire découvrir l’opéra, le Bus Figaro et le Bus Papageno vont continuer leurs dizaines de représentations, leurs parcours à travers une vingtaine de villages des départements voisins. L’opéra prend la route !
L’embarras du choix entre opéras et opérettes
Marseille prépare le rajeunissement de son opéra, monument historique de 1787, bijou architectural emblématique, qui devrait être restauré dans deux ans, mais c’est un gros investissement, sachant que tout le financement de la maison lyrique est assuré par la Ville. Le maire Benoît Payan et le directeur Maurice Xiberras, qui souhaitent porter avant tout « une offre artistique ambitieuse, accessible et vivante », se réjouissent de la venue à l’opéra de 5 000 jeunes et de l’accueil de 4 000 enfants dans des ateliers. Parmi les festivités on prépare cette année un hommage à Maurice Béjart, né à Marseille il y a un siècle, et dont le Béjart Ballet Lausanne va venir fêter ses 40 ans. Ballets et opéras sont donc au programme.

La saison lyrique propose plus de 40 levers de rideau, sept opéras, dont une version concert à découvrir de Maria Stuarda de Donizetti, et si la saison débute par le Don Giovanni de Mozart mis en scène par Agnès Jaoui, donné à Montpellier, elle propose une nouvelle production d’un opéra ballet assez rare de Puccini, Le Villi, mis en scène par Stefano Poda. Evénement suivi d’un grand moment dirigé par Michele Spotti, un Don Carlos de Verdi mis en scène par Charles Roubaud. Ce dernier donne vie aussi à un formidable Turandot de Puccini, à qui revient la conclusion lyrique de la saison. De l’opéra à l’opérette, Marseille propose un véritable feu d’artifice. Le bouquet provençal sera Mireille avec Julien Dran et Charlotte Bonnet, une nouvelle production mise en scène par Bruno Ravella et dirigée par Jean-Marie Zeitouni, et auparavant une autre nouvelle vision de La Périchole d’Offenbach, imaginée par Jean-Christophe Mast, avec Eléonore Pancrazi dans le rôle principal.
La saison symphonique propose de beaux programmes et invite des solistes vedettes, les sœurs Labèque, Gautier Capuçon, David Fray, Jean-Philippe Collard, Eléonore Pancrazi… Sans oublier théâtre, création musicale et électro-baroque.

Mais à l’Odéon le festival continue avec quatre nouvelles productions d’opéra-comique et bien des œuvres à découvrir ou redécouvrir : La Vie Parisienne, La vie de Bohème, La Fille de Madame Angot, Princesse Czardas et Le Prince de Madrid. Un répertoire qui met en valeur des pièces inconnues avec les rencontres « Les Dimanches d’Offenbach » : Toi c’est moi, Fleurette, Dragonette, Les deux pêcheurs ou Le lever du soleil et Oyayaye ou la reine des îles. À Marseille l’opérette est vraiment un rendez-vous incontournable et on vient parfois de loin pour en profiter !
Michèle Fizaine
Programmes à découvrir, agendas, tarifs, et plus encore :
Opéra et Orchestre National de Capitole de Toulouse : opera.toulouse.fr ;
Opéra et Théâtre de l’Odéon de Marseille : opera-odeon.marseille.fr
Photo 1. À Toulouse, un Barbier de Séville particulièrement dynamique ! Crédit photo Magliocca







