Dans le cadre de leur stage, trente-cinq jeunes médecins vont rejoindre des cabinets médicaux dans le Gard. Un renfort bienvenu face aux déserts médicaux. Le défi sera de les convaincre de rester.


 

Jeudi 5 novembre 2026, le Conseil départemental accueillera, à Nîmes, la rentrée de la promotion Simone Veil 2026-2027 des docteurs juniors de l’Université de médecine générale Montpellier-Nîmes. Une première pour cette journée de formation, organisée dans l’auditorium de l’Hôtel du Département.

À l’issue de cette rentrée, les jeunes praticiens effectueront leur stage auprès de médecins généralistes dans 26 communes gardoises, d’Alès au Vigan, de Bessèges à Beaucaire, en passant par Goudargues, La Grand-Combe, Pont-Saint-Esprit, Saint-Gilles, Uzès ou encore Vauvert. Une implantation territoriale qui concerne aussi bien les petites communes rurales que les villes du département, confrontées, à des degrés divers, aux difficultés d’accès aux soins.

Cette arrivée constitue un renfort bienvenu face à la désertification médicale, mais pose aussi la question essentielle de l’installation durable des jeunes médecins. Car former et accueillir de nouveaux praticiens ne suffit pas : encore faut-il leur donner envie de rester. Le Conseil départemental entend relever ce défi dans le cadre de son plan santé « Le Gard prend soin de vous », avec l’objectif de fidéliser ces futurs généralistes.

altermidi a régulièrement souligné l’ampleur des inégalités territoriales d’accès aux soins. Dans un entretien publié en avril 2025, Vincent Bounes, vice-président de la Région Occitanie chargé de la santé, rappelait que 80 % du territoire régional était classé en zone de tension médicale. Il soulignait également que les initiatives des collectivités, notamment les centres de santé « Ma santé, Ma Région », ne pouvaient à elles seules compenser les départs à la retraite et la dégradation de l’offre de soins.

L’enjeu dépasse donc la seule formation des médecins : il s’agit de construire une véritable politique d’aménagement sanitaire du territoire, capable de garantir à chacun un accès de proximité à un médecin traitant. L’arrivée de ces 35 docteurs juniors est une étape encourageante. Reste à transformer l’essai en installations pérennes.

 

Pour approfondir le sujet

Un éclairage sur les inégalités territoriales et les limites de l’action des collectivités.

Sur les réponses concrètes à la pénurie de médecins dans les territoires ruraux.