Deux textes publiés simultanément posent une question devenue centrale : que reste-t-il de la diversité culturelle lorsque les politiques publiques fragilisent les structures les plus inventives, coopératives et ancrées dans les territoires ?
Dans La Lettre du Musicien, l’enquête Les musiques médiévales en détresse, nourrie notamment de mon entretien avec le journaliste, met en lumière les difficultés croissantes d’un secteur essentiel mais peu reconnu. Ma tribune, publiée en parallèle par altermidi, prolonge ce constat à partir du cas du CIMM, modèle coopératif de recherche-création associant artistes, chercheurs, artisans et publics. Alors même que l’innovation est constamment invoquée dans les discours officiels, les arbitrages réels tendent trop souvent à privilégier la reproduction de modèles déjà installés. S’y jouent pourtant des enjeux décisifs : patrimoine vivant, transmission, justice épistémique et nouvelles relations entre art, savoir et société. Ce qui se fragilise ici dépasse largement les musiques médiévales : c’est la capacité même de nos politiques culturelles à soutenir la pluralité des formes et des imaginaires.
Gisèle Clément


