Pour sa 9e édition, le festival Les Marteaux de Gellone affirme plus que jamais sa singularité : faire des musiques médiévales une expérience vivante, ouverte, sensible et profondément ancrée dans notre époque.


 

Pensé par le CIMM comme une véritable « fabrique de musiques médiévales », le festival déploie en 2026 un parcours en deux temps et deux lieux. L’ouverture  a eu lieu vendredi à Montpellier dans l’Église romane Sainte-Croix1 où la programmation se poursuit jusqu’à lundi avant de rejoindre Saint-Guilhem-le-Désert, du 28 au 31 mai, dans le somptueux écrin de l’Abbaye de Gellone.

Fidèle à sa philosophie, le festival Les Marteaux de Gellone défend une vision vivante des musiques médiévales qui ne sont pas regardées comme des œuvres du passé, mais comme une matière toujours actuelle, ouverte à la recherche, à la transmission et à la création.

Cette année, le festival innove avec une présence renforcée à Montpellier du 22 au 25 mai. Ce premier temps urbain met particulièrement l’accent sur la transmission et l’inclusivité, en ouvrant largement les portes de la pratique musicale aux amateurs, aux étudiants et aux curieux. Le festival donne à entendre mais aussi à participer : chanter, expérimenter, découvrir ensemble deviennent des gestes centraux.

Parmi les rendez-vous marquants de ce premier volet, la journée du 24 mai proposera une projection-débat autour du film Le Théâtre de la Divine Comédie, portée par Léah Stuttard, Bruno Bonhoure et Khaï-Dong Luong de La Camera delle Lacrime. Cette rencontre interactive reviendra sur l’aventure artistique du cycle Dante Troubadour, vaste projet mêlant théâtre, musique médiévale et participation de centaines de choristes amateurs. Plus qu’une simple projection, cette soirée promet une immersion sensible dans l’univers cosmologique et poétique de Dante, à travers échanges, commentaires et musique vivante.

Le 25 mai, l’Ensemble École prendra le relais avec Je suis médiéviste et je le reste !, une création qui incarne parfaitement l’esprit du festival. Étudiants, stagiaires et artistes professionnels y construisent ensemble un concert où transmission et création se rejoignent. Voix, organetto, glissotar, clariduk et harpe dialoguent dans un parcours à travers plusieurs siècles de musique médiévale. Loin d’une restitution académique, cette proposition fait entendre une musique fragile, vibrante et collective, où les jeunes interprètes expérimentent concrètement les enjeux de la création artistique. Le projet témoigne aussi de la vocation profondément inclusive du festival : faire découvrir les musiques médiévales en donnant le goût de pratiquer, d’écouter et de partager.

Cette première étape montpelliéraine ouvre ensuite la voie à un second temps tout aussi attendu : du 28 au 31 mai, le festival retrouvera l’écrin de Saint-Guilhem-le-Désert, entre l’abbatiale et la Place de la Liberté. Concerts, colloque, atelier d’archéo-lutherie et salon de lutherie ancienne y composeront un parcours immersif autour des traditions modales et des mémoires sonores du monde médiéval.

Le programme s’annonce particulièrement riche : dialogue entre chants juifs et grégoriens avec Alexandre Cerveux et Damien Poisblaud, création électro-médiévale avec MiRoir, exploration transculturelle de Barlaam et Josaphat par l’Ensemble Dialogos dirigé par Katarina Livljanić, ou encore Madalena de Manu Théron, relecture puissante d’un texte fondateur de la tradition provençale.

À travers cette édition 2026, Les Marteaux de Gellone confirment leur ambition : faire des musiques médiévales un lieu de rencontre entre patrimoine et création, recherche et transmission, mémoire et avenir. Un festival qui ne se contente pas de faire revivre le passé, mais qui invite chacun à réapprendre à écouter le monde.

Notes:

  1. Et la Maison Pour Tous Marie-Curie dans le quartier Celleneuve.