À propos de Warmup initié par Julien Bouffier et Jean Varela, et de la fragilité des actions conduites en faveur des artistes. Nous republions ce post de Julien Bouffier.
« Je signale que je n’ai rien à voir avec cette édition du Warmup ayant été exclu de son organisation par la direction provisoire du Festival Printemps des Comédiens.
Pouvons nous sortir d’un système où l’institution continue à broyer les initiatives des acteurs du territoire ?
Pourquoi ce schéma du mépris des “bien financés” sur les “moins dotés” survit encore dans un moment de crise où nous devrions être solidaires les uns des autres ?
Je pourrais être flatté que mon concept ait été si bien validé par l’institution qu’elle se l’est accaparée.
Mais en fait non.
Nous ne pouvons plus nous taire sur ces modes de gouvernances construites sur le mépris et le paternalisme.
Nous ne pouvons pas accepter de travailler le terrain sans compter et d’être abandonnés au bord de la route.
Nous ne pouvons plus accepter d’inventer des actions de médiations, de nouvelles manières de rencontrer le public et d’être invisibilisés.
Nous ne voulons plus quémander des réponses et servir à combler les dernières cases des programmations quand les productions internationales qui valent dix fois plus, sont, elles, anticipées des années à l’avance. La fragilité des compagnies indépendantes demande autant de soin.
Nous avons aussi besoin de temps pour construire avec de réels partenaires, nos productions. Nous n’avons plus peur de dire que ce modèle ne nous convient plus, qu’il ne répond plus aux attentes des équipes artistiques (pas plus qu’hier d’ailleurs).
Nous sommes depuis trop longtemps sortis de la route empruntée par nos pionniers de la Décentralisation théâtrale issue de la Résistance ; de la raison pour laquelle le théâtre est un service public où ce sont des équipes artistiques qui irriguaient le territoire.
Nous sommes loin des rêves du Front Populaire pour inventer une société nourrie par l’éducation populaire pour agrandir le cercle des curieux.
Les temps sont trop violents pour continuer à concevoir les échanges de manière pyramidale, à utiliser le silence et le mépris comme langage.
Nous avons besoin les uns des autres pour défendre le théâtre de service public. »
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Photo : la funambule Tatiana Mosio Bongonga DR







