La Première ministre italienne voit sa réforme électorale emblématique rejetée après une fronde dans son propre camp. Un signal de fragilité pour une dirigeante jusqu’ici donnée comme intouchable.
Son arrivée au pouvoir avait constitué une rupture historique. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un pays fondateur de l’Union européenne était dirigé par une force politique issue de la tradition postfasciste. En France, Marine Le Pen avait aussitôt salué la victoire de Giorgia Meloni comme le symbole d’un « réveil des peuples européens » et la preuve qu’une autre voie était possible pour l’extrême droite continentale.
Près de quatre ans plus tard, cette démonstration de force se fissure. La présidente du Conseil italien vient de subir l’un de ses plus graves revers politiques. Sa réforme électorale, présentée comme un marqueur de son mandat, a été rejetée à une voix près après la défection de parlementaires de sa propre majorité lors d’un vote à bulletin secret.
Au-delà de l’échec législatif, le scrutin révèle une réalité plus préoccupante pour Giorgia Meloni : l’unité de la coalition qui faisait sa force n’est plus acquise. Les fractures internes, longtemps contenues, éclatent désormais au grand jour, tandis que s’accumulent les difficultés politiques après l’échec du référendum qu’elle avait personnellement défendu.
Depuis 2022, la dirigeante italienne s’était imposée comme la figure de proue d’une extrême droite européenne en quête de crédibilité gouvernementale. Sa longévité exceptionnelle au pouvoir avait contribué à banaliser une famille politique héritière du postfascisme et à renforcer son influence au sein de l’Union européenne. Ce revers ne signe pas la fin du cycle Meloni, mais il rappelle qu’aucune normalisation politique n’est irréversible. L’image d’une dirigeante intouchable se lézarde, et avec elle l’idée que le laboratoire italien de l’extrême droite serait définitivement installé.
Emmanuel Macron et la cheffe du gouvernement italien d’extrême droite Giorgia Meloni en août 2024. Crédit photo AFP/Ludovic Marin
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