mardi 6 octobre 2026
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Procès pour traite d’êtres humains à Nîmes : la Confédération paysanne aux côtés des victimes

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Communiqué de La Confédération paysanne

La Confédération paysanne était présente ce mardi 6 octobre à 12h30 devant le tribunal de Nîmes, en soutien aux victimes dans les procès contre Magnani et al. et Proye et al., poursuivis pour des faits gravissimes de traite d’êtres humains. Ces travailleur·euses saisonniers agricoles, d’origine marocaine, rapportent des faits particulièrement graves : contrats de travail monnayés contre des sommes importantes (jusqu’à 12 000€), confiscation des passeports et titres de séjour, hébergement indigne, exploitation économique, violences et intimidations. Des conditions de travail particulièrement difficiles leur auraient été imposées : semaines de 60 à 88h sans repos hebdomadaire, heures de travail non rémunérées, absence d’accès à l’eau potable, manquements graves aux règles de santé et de sécurité, notamment la réalisation de traitements phytosanitaires sans protection.

Replacés dans leur ensemble, ces faits pourraient s’apparenter à un processus organisé de recrutement, de transport, d’hébergement et de mise à disposition de travailleur·euses à des fins d’exploitation, caractérisant la traite d’êtres humains. Cette situation illustre une fois de plus les violences systémiques perpétrées à l’encontre des travailleur·euses étranger·ères et la nécessité de lutter contre l’exploitation des personnes issues de l’immigration.

En sa qualité de syndicat agricole représentatif des intérêts collectifs de la profession, la Confédération paysanne s’est portée partie civile dans ces procès, en soutien des victimes et pour dénoncer les mécanismes de précarisation et d’exploitation des travailleur·euses agricoles, qui pénalisent l’ensemble de la profession agricole.

Nous refusons ce modèle agricole productiviste, dans laquelle la rémunération et les conditions de travail sont la variable d’ajustement. Ce nivellement par le bas au nom de la compétitivité affecte notre propre revenu paysan et transforme nos champs en laboratoire de l’érosion des droits des travailleur·euses.

La Confédération paysanne souhaite voir renforcer le droit du travail au niveau français et européen, grâce à une harmonisation par le haut de la législation sociale, le contrôle des sociétés de prestation de service internationales et le renforcement de la conditionnalité sociale dans la prochaine PAC.

Les acteurs de l’ensemble des filières, de la production à la distribution, doivent assumer leur responsabilité sociale par exemple via des contrats de commercialisation obligatoires garantissant une juste rémunération et des conditions de travail dignes, pour l’ensemble des travailleur·euses de la terre, quel que soit leur statut.

Enfin, nous voulons en finir avec la conception utilitariste des migrations. La régularisation des personnes sans papiers doit être facilitée et une protection juridique doit être apportée immédiatement aux personnes victimes de traite et de violences sexuelles.