À la nage, à la voile, les Toulousain.es embarquent pour les îles en chantant et en se balançant sur les vagues pendant cinq jours, du 10 au 14 juin, pour la 31e édition de Río Loco, à la Prairie des Filtres.


 

Cette année, l’insularité, « Insulae », fait escale sur les berges de la Garonne. Et la « Perle des Antilles » est à l’honneur. L’Exceptionnelle Cuba avec sa fascinante beauté naturelle et son riche patrimoine culturel. Une culture foisonnante, née de siècles de métissages, où se sont entremêlés les apports espagnols, africains, amérindiens et, plus tard, chinois et caribéens pour donner naissance à des expressions artistiques uniques. La musique cubaine reflète la diversité des genres comme le son, la salsa, le boléro ou le mambo qui ont conquis le monde. Ses représentant.es vont faire vibrer la scène toulousaine au rythme des vagues.

 

Déhanchements, chaloupes assuré.es aux rythmes caribéens

Carte blanche à Roberto Fonseca, vendredi 12 juin. Le maestro pianiste présentera sa création Islas All Stars imaginé telle une rencontre entre jazz afro-cubain, tropical-groove et hip-hop reliant des figures de la culture insulaire : Ruzzo MC, membre fondateur du groupe de rap cubain Orishas, la Guyanaise Fanny J, l’une des voix les plus emblématiques du zouk actuel, David Walter et Ebony, jeune artiste talentueuse révélée par la Star Academy.

Samedi 13 juin, place aux griffes rebelles de deux chanteuses cubaines de la Havane : « Las Panteras ». Marta, — « Martica » pour les intimes — Galarraga et Eliene Castillo ont travaillé à des projets musicaux aux côtés du grand pianiste Chucho Valdés, d’Omar Sosa, Raúl Paz ou encore Silvio Rodríguez. Aujourd’hui, elles se retrouvent dans un projet plus personnel, imaginé et écrit à quatre mains : « Hasta cuando » (Jusqu’à quand ?). Elles y célèbrent un afro-féminisme latino entre passion et révolte contre le machisme et le racisme, sans jamais renier leur féminité. Les deux musiciennes mêlent reggae militant, héritage Black Panther aux sonorités funk, jazz, rap, électro sur un socle afro groove déclinant leur soif de spiritualité dans la tradition yoruba : « Nos racines sont en Afrique, notre corps est à Cuba et nos bras, torunés vers la soul, le funk, le reggae ».

 

Une énergie populaire avec Los Van Van

En haut de l’affiche, samedi 13 juin, le groupe mythique, Los Van Van. Depuis les années 70, leur musique a endiablé les corps de millions de Cubain.es, « Los Van Van es el tren de la música cubana, lo máximo » (Les Van Van, c’est le train de haute vélocité, l’apogée), peut-on entendre sur l’île à leur sujet. Ses textes racontent avec humour et espliègerie, en argot aussi, la vie quotidienne et l’histoire du pays dans la durée. L’orchestre emblématique se distingue également par une tonalité particulière associant les congas à la batterie, les flûtes aux violons et les trombones aux timbales, tout en intégrant des influences rock, funk ou pop, afin de créer son propre rythme : le songo, inventé par Changuito, percussionniste du groupe, décédé l’année dernière à la Havane.

« Je n’aurais rien fait si j’avais vécu hors de Cuba. À l’étranger, je n’aurais pas été motivé. Tous ceux qui ont vécu une révolution sont des privilégiés. Bien que je compose principalement pour que les gens dansent, je reflète dans mes chansons le vécu de la rue. Les danseurs s’identifient à ces thèmes et à ce que j’y dis. Parce que les danseurs sont les protagonistes de ce processus de changements, parfois très complexes, qui influencent la façon dont les Cubains pensent, parlent et se comportent », confiait Juan Formell, bassiste et fondateur du groupe en 1969, au journaliste Pedro de la Hoz dans les colonnes du journal Granma International.

 

Cesária Évora créatrice d’émotions chavirantes

Et pour ouvrir en beauté le Río Loco : hommage à Cesária Évora, mercredi 10 juin. Surnommée « la Diva aux pieds nus », venue tout droit du Cap-Vert pour enchanter le monde, elle a popularisé les mélodies de son pays, la morna, ce mélange de musique latine, de jazz et de musique africaine. À 7 ans, elle perd brutalement son père, guitariste et violoniste, et sa mère la place dans un orphelinat. C’est à la chorale de son école qu’elle découvre pour la première fois le chant, son véritable grand amour. À tout juste 16 ans, c’est pourtant un autre amour qui la prend, celui d’Eduardo, un marin et guitariste qui l’initie à la morna et l’incite à chanter dans les bars et les cafés. Quinze ans après la disparition de la chanteuse, la Cesária Évora Orchestra dirigera cet hommage exceptionnel en compagnie des invité.es, dont la chanteuse cap-verdienne Mayra Andrade, Dadoo, pionnier du rap français et Stomy Bugsy, cofondateur de Ministère A.M.E.R, premier groupe de gangsta rap de l’Hexagone dans les années 80.

Piedad Belmonte

 

Photo. Las-Panteras, les deux musiciennes afro-cubaines, mêlent reggae militant et héritage Black Panther aux sonorités funk, rap et électro

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Passée par L'Huma, et à la Marseillaise, j'ai appris le métier de journaliste dans la pratique du terrain, au contact des gens et des “anciens” journalistes. Issue d'une famille immigrée et ouvrière, habitante d'un quartier populaire de Toulouse, j'ai su dès 18 ans que je voulais donner la parole aux sans, écrire sur la réalité de nos vies, sur la réalité du monde, les injustices et les solidarités. Le Parler juste, le Dire honnête sont mon chemin