lundi 15 juin 2026
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Nouvelle-Calédonie. Non lieu pour les militants kanaks de la CCAT

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Une conférence de presse de la CCAT ©Archives LNC

L’instruction abandonne les charges faute de preuves contre les militants indépendantistes accusés d’avoir déclenché les violences en 2024.


 

Le soulèvement populaire de 2024 en Nouvelle-Calédonie, provoqué par l’annonce  du dégel du corps électoral, a fait 15 morts, de nombreux blessés et des dégâts importants dans l’agglomération de Nouméa.

Dans le pays en état d’urgence, la répression a été féroce. Plus de 2 500 personnes, majoritairement militants indépendantistes et kanaks, ont été arrêtées dont 243 incarcérées et une soixantaine de Kanaks ont été déférés en France à 17 000 km de chez eux. Les représentants de la CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain) ont été particulièrement visés.

14 militants ont été à accusés par le parquet de Nouméa, de « complicité de tentative de meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique », « vol en bande organisée avec arme », « destruction en bande organisée », « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime », mais aussi d’avoir « déstabilisé les unités économiques, les administrations et les services de l’État ».

En juin 2024, sept militants kanaks de la CCAT ont été placés en détention provisoire en France, dont le président du Front de libération nationale Kanak et socialiste (FNLKS), Christian Tein, pendant plus d’un an. 

Le 5 juin, les 14 militants ont été totalement mis hors de cause par la justice. L’instruction a abandonné les charges à leur encontre faute de preuves et a délivré un non-lieu général : les éléments « qui dénotent des actions évoluant en fonction de la situation sans préparation préalable ne permettent pas de retenir une préméditation ni la préparation de violences ou de tentatives d’homicide contre les gendarmes »

Les juges ont souligné que « quand bien même la revendication tendait-elle à obtenir à terme l’indépendance du territoire, elle n’avait pas pour objet de “mettre en péril les institutions de la République”, ni à prendre le territoire “en attaquant l’État français par les armes” ».

Le parquet a fait appel de cette décision.

Les avocats des militants indépendantistes saluent « une belle démonstration de ce qu’est un État de droit ». Contribuera-t-elle à la libération des autres personnes toujours emprisonnées ?

Avec AFP