dimanche 14 juin 2026
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David Hockney, l’ultime voyage d’un peintre libre

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Disparu le 11 juin à Londres à 88 ans, David Hockney laisse une œuvre foisonnante qui a traversé les paysages, les techniques et les époques. Du Yorkshire à la Californie, puis à la Normandie, le peintre britannique a bâti une œuvre profondément personnelle, entre célébration de la lumière, innovation et liberté.


 

Chez David Hockney, tout commence par un regard. Celui qu’il pose en 1955 sur son père, dans un portrait sobre et mélancolique, mais aussi celui qu’il portera toute sa vie sur les paysages, les visages et la lumière. Disparu le 11 juin à Londres à l’âge de 88 ans, l’artiste britannique aura fait de la peinture un formidable carnet de route.

Le premier chapitre s’écrit dans le Yorkshire natal. Le plus célèbre, lui, se déploie sous le soleil de Californie. En 1964, Hockney quitte une Angleterre encore corsetée où l’homosexualité demeure illégale, pour Los Angeles. Là, il troque l’huile contre l’acrylique, découvre une lumière nouvelle et invente un univers devenu mythique : piscines turquoise, villas modernistes, ciels sans nuages. Avec A Bigger Splash (1967), il transforme l’éclaboussure d’un plongeon en image iconique. Deux secondes dans la réalité, deux semaines sur la toile.

Mais réduire Hockney à ses piscines serait oublier son insatiable curiosité. Le peintre voyageur n’a jamais cessé d’explorer. Dans les années 1990, il revient aux routes vallonnées du Yorkshire, qu’il parcourt inlassablement avant d’en restituer les perspectives vertigineuses. Plus tard, en Normandie, il délaisse les palmiers pour les pommiers et adopte l’iPad comme un nouveau pinceau. Pendant le confinement, tandis que le monde se fige, il dessine le retour des fleurs et rappelle : « Ils ne peuvent pas annuler le printemps. »

Portraitiste remarquable, expérimentateur infatigable, Hockney aura traversé les décennies sans jamais répéter la même formule. Sa disparition referme une trajectoire exceptionnelle, mais son œuvre demeure une invitation à regarder plus attentivement ce qui nous entoure.

David Hockney durant le confinement, « Ils ne peuvent pas annuler le printemps. »