
Jeunes musiciens porteurs d’un enthousiasme toujours vivant : stage et concerts. Et un engagement très actuel.
Immersions symphoniques. On parle beaucoup du film de Philippe Béziat sorti ces derniers jours, « Nous l’orchestre », qui est un documentaire stylé qui permet de plonger au cœur des expériences orchestrales, de la vie partagée, et qui met en étude plusieurs moments du travail musical. On visite, on découvre ce monde particulier, et surtout on comprend comment la musique se crée. Ou pas.
On le vit aussi en live cette semaine avec les concerts préparés par OSADOC, l’Orchestre Symphonique Amateur d’Occitanie, qui sont une expérience unique, déjà éprouvée, mais encore plus formidable. De quoi repousser les arguments de ceux qui soutiennent que l’intérêt pour la musique – « classique » notamment – n’est pas partagé par tous (selon Timothée Chalamet), et que les formes musicales actuelles sont entièrement dominantes. Des idées qui contribuent à diminuer investissements financiers et subventions…
Un ensemble unique, plein de surprises et d’émotion
Après Mèze, Grabels, Lamalou, le concert gratuit d’OSADOC, samedi à Sète, a été un événement, une extraordinaire performance menée par le chef Lionel Giroud, tout autant qu’un moment passionnant et émouvant. L’acoustique de l’auditorium du conservatoire était idéale pour apprécier tous les solos de cuivres, bois et cordes où chaque interprète s’investissait à fond, tout autant que les finals du fabuleux Danzon 2 de Marquez ou de l’explosif West Side Story de Bernstein, vraiment bluffant. L’engagement collectif était total, et leur travail d’ensemble mené depuis lundi seulement était réjouissant, avec des touches personnelles, jamais dans l’excès, une belle fureur dans Pirates des Caraïbes chez les cuivres et les percus, une expression très prenante, de jolis phrasés, un son vécu et presque « parlé » dans Superman returns.
Trois grands moments mémorables dans cette musique de la jeunesse, très applaudie par le public. D’abord la création de l’Ouverture festive du jeune compositeur toulousain Antoine Miannay, sublimée par les interprètes dans son développement thématique, son temps suspendu, son côté onirique, et ses belles respirations, où les jeunes étaient totalement engagés. Puis le combat pour défendre la Liberté avec le « Va pensiero » du choeur des esclaves de Nabucco de Verdi, et sept musiciennes transformées en chanteuses. Enfin l’adaptation du chant traditionnel occitan, sur un air de Pergolèse ou d’Albanèse, « Adiu Paure Carnavas », qu’on a connu aussi comme générique de Bonne nuit les petits. La direction aérienne, attentive et communicative de Lionel Giroud était vraiment en sympathie avec une expression individuelle devenant collective !
Ces musiciens amateurs de 7 à 77 ans livrent toute leur conviction musicale. Concrètement on sait que leur inscription leur coûte 500 €, et que l’orchestre s’engage pour 900 € par stagiaire ! Mais quand on vit avec eux leur exploit musical et leur ressenti si spontanément exprimé, il n’est plus question de nier ces échanges musicaux, de douter des engagements de la jeunesse, car c’est toute une vie partagée. C’est nous, ce qu’on ne peut oublier.
Dernier concert dimanche 26 avril à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, à 18h à la salle des fêtes. En savoir plus


