Les derniers relevés de l’Observatoire national des étiages pointent « une dégradation record » de la situation.
Les relevés de l’Observatoire national des étiages (ONDE), réalisés chaque mois par les agents de l’Office français de la biodiversité sur plusieurs milliers de points d’observation répartis sur l’ensemble du territoire, dressent un constat particulièrement alarmant. Au 1er août, 1 373 cours d’eau présentaient des ruptures d’écoulement ou étaient totalement à sec, soit 554 de plus qu’un mois auparavant. Avec 43 % des stations de suivi concernées, il s’agit de la situation la plus critique jamais enregistrée à cette période de l’année, dépassant même la sécheresse exceptionnelle de 2022 et apparaissant deux fois plus sévère que celle observée en 2025.
Ces observations montrent que la crise ne se limite plus aux régions traditionnellement les plus exposées au manque d’eau. Toutes les régions françaises sont désormais touchées. Ces données traduisent une dégradation rapide et généralisée des milieux aquatiques. La diminution des débits entraîne une hausse de la température de l’eau, une concentration accrue des polluants et une baisse de l’oxygène disponible, compromettant la survie des poissons et de nombreuses autres espèces. Les assecs perturbent également les continuités écologiques, empêchant les déplacements de la faune aquatique et modifiant durablement le fonctionnement des écosystèmes.
Dans ce contexte, la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole apparaît largement hors sol au regard de la réalité observée sur le terrain. En privilégiant des mesures de simplification et de soutien à la production sans répondre suffisamment à l’urgence climatique et à la raréfaction de la ressource en eau, elle ne prend pas pleinement en compte les conditions indispensables à une agriculture durable. Assurer la souveraineté agricole suppose avant tout de préserver les écosystèmes et la ressource en eau dont dépend l’ensemble de la production agricole. Sans cette prise en compte, les ambitions affichées par cette loi risquent de rester déconnectées des réalités environnementales.
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