
Le départ forcé d’Olivier Nora illustre l’accélération de la reprise en main d’Hachette par Vincent Bolloré, prêt à trancher dans le vif pour aligner l’édition sur ses choix idéologiques.
Le limogeage d’Olivier Nora à la tête des Éditions Grasset marque une nouvelle étape dans la prise de contrôle du secteur éditorial par le milliardaire catholique réactionnaire Vincent Bolloré. Patron emblématique de la maison depuis 2000, l’éditeur de 65 ans a été écarté sans ménagement, au profit de Jean-Christophe Thiery, dirigeant du groupe Louis Hachette et fidèle du milliardaire. En coulisses, ce départ s’inscrit dans un climat de tensions croissantes depuis le rachat d’Hachette Livre par Vivendi en 2023. Selon plusieurs sources, un désaccord sur la publication du prochain ouvrage de Boualem Sansal — qui s’est rapproché de l’extrême droite — que Nora souhaitait repousser à l’automne 2026, quand la direction imposait une sortie accélérée dès juin — aurait servi de déclencheur. Cette éviction brutale, qui rappelle celles d’Arnaud Nourry ou de Sophie de Closets*, provoque une onde de choc dans le monde de l’édition. Salariés et auteurs dénoncent une reprise en main idéologique et éditoriale. L’économiste Alain Minc a déjà annoncé son départ, appelant à un mouvement plus large. Pour beaucoup, ce nouvel épisode illustre la volonté de Vincent Bolloré d’imposer sa ligne à l’ensemble du groupe, à un an de l’élection présidentielle.
*Arnaud Nourry, emblématique PDG d’Hachette Livre, débarqué en 2021 pour avoir pris position contre l’hypothèse d’un rapprochement d’Hachette et d’Editis. L’année suivante, la patronne de Fayard, Sophie de Closets, subit le même sort.


