Le rapport de l’O.C.H.A du 2 octobre note : »la situation sanitaire reste critique, les maladies infectieuses restent répandues dans des sites de déplacement surpeuplés et un état de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène inadéquates, tandis que les pénuries de fournitures médicales, de carburant et de la réponse humanitaire sont aggravées par les pénuries de financement ».

 

Nous avions raconté et décrit dans un article précédent du 5 octobre 2026 la campagne initiée par l’équipe U.J.F.P de Gaza : désinfection et désinsectisation effectuée dans les camps de Déplacé.e.s. Le travail de cette équipe étant très rigoureux Abu Amir en a envoyé le compte rendu cette semaine toujours dans le souci de rendre compte avec précision de l’argent envoyé : collecte et partenariat.

« L’impact des mesures de lutte contre les rongeurs et les insectes sur la vie de personnes déplacées dans les camps

L’action contre les rongeurs et insectes a contribué à améliorer les conditions de vie des personnes déplacées dans les camps ciblés. La pulvérisation et les traitements ont eu un effet positif sur l’environnement des tentes en contribuant à alléger les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les habitants à cause de la présence de rongeurs et d’insectes. Pour autant, ces améliorations n’ont pas été aussi durables qu’attendu, tout d’abord à cause des conditions difficiles qui règnent autour des camps. L’accumulation de décombres et la présence d’eaux usées, en particulier, créent des conditions de reproduction favorables pour les rongeurs et les insectes, qui limitent l’efficacité à long terme des mesures prises.

Lors de visites de contrôle sur le terrain, les habitants ont été consultés pour évaluer le bénéfice retiré de cette action. D’après leurs retours, l’activité des rongeurs a significativement diminué pendant la première semaine suivant l’intervention. Cette amélioration a été attribuée à l’utilisation de substances appropriées dans cette opération sur les zones ciblées, ainsi qu’au traitement des trous à rats situés entre les tentes en les noyant avec de l’eau mélangée à des agents de contrôle. Ces mesures ont aidé à réduire l’activité des rongeurs à proximité des abris familiaux, apportant aux habitants une sensation plus forte de confort et de sécurité.

Concernant les insectes, les habitants déplacés ont fait part d’une réduction notable de leur présence au cours des trois premiers jours suivant l’opération de pulvérisation. Bien que cette amélioration n’ait duré qu’un temps relativement court, elle a fait une différence significative dans leur quotidien. De nombreuses familles ont pu dormir plus paisiblement sans être constamment dérangées par des insectes, notamment la nuit.

Ces éléments indiquent que cette opération a eu des résultats immédiats positifs, bien que la durée de l’impact ait été limitée du fait de la persistance de difficultés sous-jacentes dans l’environnement. Ils mettent aussi en évidence l’importance d’opérations de lutte contre les nuisibles, comme intervention essentielle pour améliorer les conditions de vie dans les camps de déplacement. Toutefois, envisager ces améliorations dans la durée exige la mise en œuvre régulière de mesures de lutte ainsi que des actions sur les problèmes de l’environnement, en particulier l’accumulation de déchets, de débris et d’eaux usées.

Les habitants déplacés ont manifesté leur appréciation de l’action effectuée et ont insisté sur le besoin de mesures régulières de lutte contre les nuisibles, soulignant combien elles réduisent les souffrances du quotidien et améliorent les conditions de vie dans les camps.

Si l’on se fonde sur les éléments recueillis lors du contrôle sur le terrain, cette opération a, avec succès, réduit les nuisances dues aux rongeurs et aux insectes sur un temps limité ; elle a contribué à augmenter le confort et à améliorer la qualité de vie des habitants du camp pendant ce temps. Pour autant, l’intervention ne s’est pas attaquée aux facteurs environnementaux sous-jacents qui sont responsables de la présence récurrente de ces nuisibles. Il est donc essentiel de mener régulièrement des contrôles et de s’attaquer aux sites de reproduction et aux facteurs de risques environnementaux, pour inscrire dans la durée les résultats positifs obtenus et renforcer l’impact de ce type d’opération à long terme. »

Le rapport de l’OCHA du 2 Octobre sur la situation humanitaire à Gaza indique « que la production quotidienne de repas chauds et les distributions mensuelles de colis à des ménages vont considérablement diminuer à partir d’octobre en raison des pénuries de financement, prévient le secteur de la sécurité alimentaire.

Plus de 13 % de la population de Gaza vit dans des sites de déplacement sujets aux inondations ou dans des bâtiments dangereux ; environ 279 000 personnes s’abritent dans 400 sites de déplacement sujets aux inondations et plus de 2 300 dans des bâtiments dangereux nécessitant une démolition.

Les pénuries de financement et les restrictions sur l’entrée de l’huile moteur, des pièces de rechange et de l’équipement continuent de poser des problèmes, réduisant le dessalement d’eau de mer dans le sud de Gaza et forçant la dépendance aux chariots à ânes et aux camions de l’ONU pour la collecte des déchets solides.

Dans la bande de Gaza, il a noté que des frappes aériennes se produisent quotidiennement dans des zones densément peuplées. Malgré l’augmentation de l’approvisionnement en nourriture et en articles sanitaires ces derniers mois, Le Dr. Alakbarov a déclaré que « les restrictions sur l’entrée d’articles humanitaires indispensables continuent d’entraver le renforcement de la réponse humanitaire », notamment les préparatifs pour la saison des pluies. »

Tous les quinze jours ces rapports édités sur une douzaine de pages décrivent méthodiquement une situation qui non seulement ne progresse pas mais se détériore au jour le jour sans que rien ne change. Le fossé se creuse durablement entre la bataille gagnée dans l’opinion sur le soutien à la Palestine – toutes les facs bloquées de Montpellier l’affichent et le nombre de drapeaux palestiniens dans les immenses manifestations du 17 octobre à Montpellier et dans les autres villes de France le prouvent- par contre entre la complicité des états ou leur lâcheté sur le sujet on finit par se demander quand tout ça va basculer ?

Abu Amir Brigitte Challande

Brigitte Challende
Brigitte Challande est au départ infirmière de secteur psychiatrique, puis psychologue clinicienne et enfin administratrice culturelle, mais surtout activiste ; tout un parcours professionnel où elle n’a cessé de s’insérer dans les fissures et les failles de l’institution pour la malmener et tenter de la transformer. Longtemps à l’hôpital de la Colombière où elle a créé l’association «  Les Murs d’ Aurelle» lieu de pratiques artistiques où plus de 200 artistes sont intervenus pendant plus de 20 ans. Puis dans des missions politiques en Cisjordanie et à Gaza en Palestine. Parallèlement elle a mis en acte sa réflexion dans des pratiques et l’écriture d’ouvrages collectifs. Plusieurs Actes de colloque questionnant l’art et la folie ( Art à bord / Personne Autre/ Autre Abord / Personne d’Art et les Rencontres de l’Expérience Sensible aux éditions du Champ Social) «  Gens de Gaza » aux éditions Riveneuve. Sa rencontre avec la presse indépendante lui a permis d’écrire pour le Poing et maintenant pour Altermidi.