
Le plan de solidarité envers l’agriculture laisse sur le carreau 82 % de paysan.ne.s non assuré.es, ce qui représente quatre fermes sur cinq.
Qui bénéficiera du plan CASI (Climat, adaptation, sécheresse, incendies), des 1,2 milliard d’euros pour « soutenir » l’agriculture et redémarrer la production ? Cette somme est en réalité très faible face à l’ampleur exceptionnelle de la crise, estime la Confédération paysanne. D’après la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, le plan de solidarité ne devait « laisser aucun agriculteur seul ». Promesse non tenue, dénonce la Confédération paysanne : le plan du gouvernement délaisse plus de 80 % de fermes non assurées qui pourraient mettre la clé sous la porte.
Une exclusion massive qui s’explique par le choix structurel du gouvernement de s’appuyer fortement sur l’Indemnité de Solidarité Nationale (ISN) et par les règles du système de l’assurance récolte réformé. La moitié des 1,2 milliards d’euros provient du fonctionnement normal de l’indemnité de solidarité nationale (ISN), précise la Confédération paysanne. De plus, la majorité des agriculteurs non assurés ne va percevoir que l’ISN, indemnité qui se déclenche au-dessus de 50 % de pertes et n’indemnise que 28 % de celles-ci. Car, seulement 68 000 fermes sur près de 400 000 en France possèdent aujourd’hui une assurance multirisque climatique privée, les coûts élevées de celle-ci ne garantissant pas un retour sur indemnisation suffisant aux paysan.ne.s. De plus ce système d’assurance s’avère non adapté à la réalité des petites structures comme le maraîchage diversifié ou l’élevage sur prairie.
« Aucune ferme ne doit disparaître »
La Confédération paysanne qui réclamait des mesures d’urgence, notamment une subvention de 5000 euros pour tout paysan victime de la canicule, et qui proposait des solutions face à la sécheresse et aux épisodes caniculaires de plus en plus récurrents, n’a pas été entendue. Le gouvernement et la FNSEA ne prennent pas au sérieux l’ampleur du problème qui va se répéter, déplore le syndicat en colère : « Ce n’est pas aux producteur·rices, ni aux consommateur·rices de payer la facture, alors que 8 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire. C’est à l’ensemble de la filière d’assumer les risques. C’est pourquoi nous proposons depuis des années un fonds professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes, impliquant tous les maillons de la chaîne agroalimentaire. À elle seule, la grande distribution capte 1 milliard d’euros de surmarge par an, comme l’a montré le rapport du Sénat de 2026. (…) Il faut faire payer les responsables de la crise climatique (grandes entreprises réalisant des superprofits grâce aux énergies fossiles, très hauts patrimoines forts émetteurs de carbone). »
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