jeudi 2 juillet 2026
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Célébration du 8 mai et voix fascistes au cœur de Canet-en-Roussillon et Carpentras

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Chanson pétainiste diffusée pendant les cérémonies du 8 mai ; sa diffusion « accidentelle » à Canet-en-Roussillon et Carpentras dépasse le simple incident protocolaire.


 

« Maréchal nous voilà » par Roland Topor*, 1987. Gravure

Si l’épisode apparaît comme le symptôme d’une banalisation inquiétante des références à l’extrême droite dans l’espace public, il fait aussi la démonstration d’un mépris persistant de certains de ses partisans pour les lois et les principes républicains qui encadrent le devoir de mémoire.

À Carpentras, l’affaire est entre les mains de la justice. Le parquet a ouvert, dimanche 10 mai, une enquête pour « provocation à la haine » à la suite de la diffusion de l’hymne vichyste Maréchal, nous voilà ! vendredi en marge des commémorations du 8-Mai 1945 à Carpentras (Vaucluse). Le parquet a ouvert cette enquête « de sa propre initiative » car il n’a reçu aucune « plainte formalisé » à ce jour, a-t-il expliqué.

Hervé de Lépinau, le maire Rassemblement national de cette ville qui a basculé en mars à l’extrême droite, avait annoncé son intention de porter plainte pour « malveillance » et fait part de son « écœurement ». Vendredi, en fin de journée, ce chant à la gloire du maréchal Pétain, chef du régime collaborationniste de Vichy (1940-1944), a résonné depuis les haut-parleurs installés dans le centre-ville, parmi d’autres chansons liées à la Libération.

« La mairie n’y est pour rien, c’est un technicien qui a rajouté ce morceau » par mégarde, a expliqué à l’AFP Alain Giraudi, président de RTV FM, une radio locale associative assurant l’animation musicale d’évènements à Carpentras, y compris ce vendredi.

À Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) Maréchal, nous voilà ! a été diffusé lors d’un rassemblement hommage à la Libération. Là aussi, une erreur humaine, plaide l’organisateur.

avec l’AFP

* Roland Topor verbatim : « Je veux que mon existence soit une suprême offense aux vautours qui s’impatientent depuis les années quarante en illustrant sans complexe le sang, la merde et le sexe.  »