Les acteurs culturels ne sont pas à la fête, avec la crise économique dont on ne mesure pas encore l’ampleur sur la liberté de création et la diversité des expressions.  Ils dépendent des annonces des ministères concernant la lutte contre l’épidémie de Covid-19 qui descendent et montent comme un yoyo. Certains festivals de cinéma comme celui de Cannes ou de Dinard ont été contraints d’annuler. D’autres, comme Venise ou le Cinemed, ont fait le choix de s’adapter en poursuivant coûte que coûte leurs missions culturelles. La crise donne aussi l’occasion de se redéfinir, de toucher à l’essentiel. Entretien avec Christophe Leparc, directeur du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier qui ouvre ses portes du 16 au 24 octobre.


 

Un choix d’adaptation

 

La crise sanitaire, et son lot de contraintes et d’inconnus, implique de faire des choix. Vous avez fait celui de maintenir le festival, dans quelles conditions ?

Depuis le départ, je m’adapte. Les contraintes imposées au cinéma sont nos contraintes, l’idée étant que si les cinémas sont ouverts on peut faire un festival. Nous sommes en zone rouge ce qui signifie une place sur deux avec le masque obligatoire, alors que dans les zones vertes le masque demeure obligatoire mais sans limitation de jauge. Ici, si les cinémas referment, les restaurants referment on repartira vers un confinement quasi général. Dans ce cas, bien sûr, le festival sera annulé mais nous nous fixons pour objectif de maintenir la manifestation dans le cadre des contraintes en vigueur. Il n’y aura pas de pot à l’espace professionnel, pas de cocktail d’ouverture et de fermeture, l’important c’est que le festival ait lieu. Notre mission est d’assurer et favoriser le retour des gens à une vie culturelle.

 

Les acteurs culturels ne font pas tous les mêmes choix. Situé en zone rouge, le festival de cinéma de Dinard qui devait se tenir en septembre a pour sa part décidé d’annuler…

À Dinard, les contraintes liées à la logistique et à l’organisation administrative ne sont pas les mêmes. C’est un festival municipal, les prévisions étaient adaptées à la zone verte par rapport aux scolaires, aux jauges d’accueil, et aux aspects liés à la dimension conviviale. Soudainement tout a été remis en question et ils ne savaient pas comment se retourner.

À Montpellier, nous ne répondons pas à un cahier des charges. Nous sommes maîtres de notre orientation, ce qui nous impose de réfléchir pour donner du sens à notre action. La décision de l’équipe de maintenir l’édition 2020 est un choix responsable à l’égard de notre mission et des dispositions à appliquer en termes de sécurité. Nous œuvrons avec beaucoup d’attention aux conditions d’accueil dans le strict respect des règles sanitaires. Tout est fait avec exigence afin que le public bénéficie d’une sécurité optimale. Un festival est un lieu de rencontre et la mission culturelle du Cinemed est de présenter la production cinématographique méditerranéenne. À un moment où l’industrie cinématographique en général est très touchée, nous sommes là pour montrer les œuvres de tous ces cinéastes  et, dans la mesure du possible, pour faire venir les artistes qui le peuvent. Nous nous efforçons de maintenir les conditions de l’échange ; s’il ne peut se dérouler physiquement il y aura des interventions à l’écran après les projections. Nous travaillons depuis des semaines aux ajustements nécessaires pour maintenir le lien entre artistes et public. On peut bénéficier de l’expérience des festivals qui ont eu lieu comme Venise, Deauville, Angoulême. Le mot d’ordre c’est « venez masqués on s’occupe du reste ».

 

Comment se traduit cette adaptation complexe de l’édition 2020 ?

Il y a la gestion des inter-séances qui suppose de penser les questions de mobilité, la désinfection des poignées de portes…  Cela demande plus de temps. Il y aura donc un peu moins de films. Ces contraintes nous ont imposé de faire des choix en termes de programmation. Le Cinemed a toujours eu la volonté de relire l’histoire du cinéma méditerranéen à travers des rétrospectives. Cette année nous nous concentrons sur Fellini en proposant l’intégral d’un des plus grand cinéaste qui n’ait jamais existé. L’autre pan, c’est l’actualité du cinéma méditerranéen qui tient à la richesse de tous ses cinéastes, qu’ils soient des réalisateurs de fictions, de documentaires ou de courts-métrages. Figure également dans la charpente du festival tout ce qui concerne la partie professionnelle, les bourses d’aides, les présentations de projets aux professionnels, tout cela nous avons souhaité le maintenir. Le contexte nous impose de recentrer sur l’essentiel. Cette réflexion nous a conduit à nous demander si nous n’avions pas trop de choses.

 

Combien de films propose le festival cette année ?

Au total, 150 films sont programmés. Il y en avait 250 l’année dernière. D’ordinaire, dans certaines salles, six séances étaient programmées dans la journée. Cette année nous ne pourrons en proposer que quatre. L’amplitude horaire reste inchangée. La problématique est de ne pas faire commencer les séances en même temps pour éviter les files d’attente communes. Chaque film ayant une durée différente, c’est un véritable casse-tête en termes de logistique.

 

Le contexte doit aussi se faire ressentir au niveau des invités…

Sur ce point nous avons anticipé mais nous sommes contraints de nous adapter en permanence à ce qui se passe. Tout les ans nous donnons un coup de projecteur sur une jeune cinématographie. Après l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, le Liban je travaillais depuis un an sur le jeune cinéma Géorgien, un cinéma de tradition très féminine avec beaucoup de réalisatrices mais au mois de juillet nous avons dû suspendre ce projet en raison des contraintes liées à la mobilité. Nous avons aussi dû renoncer à une partie du cinéma espagnol.  Au fil de notre histoire, nous avons acquis une grande capacité d’adaptation que nous avons mise à l’épreuve cette année pour constituer la programmation avec toutes les incertitudes liées à la pandémie.

 

Le slameur Grand Corps Malade présidera le jury de l’Antigone d’or, on distingue aussi le sourire radieux de Claudia Cardinale sur l’affiche du festival, cela réserve-t-il une surprise ?

Avec Grand Corps Malade c’est une forme de continuité. On le connaît en tant que slameur mais c’est aussi un réalisateur. En 2016 nous avions projeté Patients, son premier film. C’est à Montpellier qu’a eu lieu la première projection du film, à la salle Berlioz. Il  a reçu un accueil formidable du public. Depuis, nous sommes toujours restés en contact. Et quand nous l’avons appelé pour lui proposer la présidence du jury, il a dit oui tout de suite. Il est en train de constituer son jury. En termes de compétition, on peut dire que la matière est là. Il y a vraiment de quoi faire dans la production récente. Pour Claudia, c’est vrai qu’elle n’est jamais venue au festival. Nous l’avions sollicitée il y a quelques années mais aujourd’hui sa santé ne lui permet pas d’être parmi nous. C’est un joli symbole de la voir rire à gorge déployée sur l’affiche, un pied de nez au contexte un peu maussade, et un hymne à la joie.

 

Claudia Cardinale à l’affiche.

 

Situation du cinéma dans la crise

 

Quel  a été l’impact de cette pandémie sur les tournages ?

Pour ce qui concerne un avenir assez proche la France a été assez bien organisée au niveau des tournages. Pour les tournages qui se sont arrêtés ou n’ont pas pu démarrer à cause du confinement, il y a eu un modus vivendi pour dire que ce seraient les premiers tournages qui devraient reprendre et que les autres projets prévus pour l’été seraient décalés. Les règles sanitaires ont été très vite mises en place. Les cinéastes ont repris le chemin des tournages. Ce qui a permis à la production française de repartir beaucoup plus vite que prévu.

 

Ce processus s’est-il mis en place indépendamment des budgets engagés ?

Oui, tout à fait. La crainte du moment était que les tournages interrompus ou suspendus passent à l’as, ce qui a permis de trouver un consensus au sein de la profession pour respecter cette méthode de fonctionnement qui a plutôt bien fonctionné. Au niveau des pays méditerranéens, on suit de près un film qui doit démarrer en octobre au Liban mais les Libanais sont en pleine déprime. Pour les mesures sanitaires, un certain nombre de pays se sont inspirés de la France et je pense que la production va reprendre. Elle sera sans doute moins importante mais ça va redémarrer.

 

Et pour ce qui concerne l’exploitation, les salles de cinéma…

Le problème c’est l’exploitation. De manière générale, celle-ci dépend beaucoup des blockbusters américains, d’autant plus dans certains pays de la méditerranée. Tant que les américains sont dans la crise, les blockbusters ne sortent pas et la fréquentation s’en ressent. Globalement, les grands circuits sont plus touchés que les circuits d’art et d’essai. Quand on entre dans les détails sur les causes de cette désaffection, cela devient assez confus, on a dit que la baisse de la fréquentation était liée aux films qui ne sortent pas, mais il y aussi une certaine peur du public. Cependant, j’en parlais avec l’équipe du Diagonal, à chaque fois que des événements sont proposés en présence du réalisateur, suivis d’échanges — on l’a vu récemment avec le film d’Hassen Ferhani 143 Rue du Désert —,  ça marche. Il faut éviter de perpétuer un cercle vicieux qui veut que s’il n’y a personne au cinéma les distributeurs repoussent les sorties, et si l’offre se réduit elle n’incite pas les gens à se rendre au cinéma. Beaucoup de films prévus pour Cannes 2020 sont restés sur l’étagère et vont se reporter sur Cannes 2021.

 

Le public perturbé dans sa pratique cinéphile, se trouvant face à une affiche peu attractive et qui a de surcroît pu s’abonner à une plateforme en ligne pendant le confinement parce qu’il n’avait rien d’autre à faire, ne risque-t-il pas d’oublier le chemin pour se rendre au cinéma ?

Chaque nouveau média s’est ajouté aux médias existants sans s’y substituer. La télévision n’a pas tué le cinéma. Ce n’est pas la même chose de regarder des films chez soi et de sortir pour aller dans une salle au milieu du public. Ce qui est très conjoncturel et se pose comme enjeu est de redonner confiance. En situation normale, les gens testent un nouveau média et en usent selon leurs goûts en complément. Dans la situation actuelle, il faut réhabituer les gens à aller au cinéma. Je pense qu’un festival avec sa dimension évènementielle y contribue.

 

Force est de constater tout de même que le passage des budgets de productions cinématographiques aux chaînes de télévisions, et aujourd’hui aux plateformes en ligne, n’est pas anodin sur le devenir du cinéma et son contenu…

En effet, c’est pour cela que nous avons besoin d’un centre national du cinéma fort, qui réfléchisse avec les artistes et les festivals sur l’importance d’avoir une offre culturelle de qualité dans les cinémas et qui soutienne cette activité. Parce que le danger d’aseptisation de la production existe. On le voit avec Netflix qui produit avec des recettes toutes prêtes des films pour le goût médian médiocre universel. Le cinéma reste un art du prototype. Chaque film est une nouvelle aventure. On sait bien qu’un producteur qui applique les mêmes recettes d’un film à un autre finit par se planter. D’où l’importance des pouvoirs publics à soutenir cette activité culturelle.

 

Ont-ils joué leur rôle avec la crise ?

Oui, très rapidement le CNC a fait savoir qu’il maintenait ses subventions aux festivals, même en cas d’annulation, pour ne pas fragiliser la structure. Cette orientation a été suivie par la plupart des collectivités territoriales. Le Cinemed n’a subi aucune baisse de subventions de la part des collectivités. Le CNC a été à la hauteur à très court terme, aidé par les mesures générales comme le chômage partiel. Maintenant nous sommes dans une réflexion pour savoir ce qui va se passer l’année prochaine. Tout le monde est en déficit, le CNC aussi, la question est de savoir ce qu’il faut soutenir et s’il va y avoir « des sacrifiés »…

 

Gaza mon amour. Arab et Tarzan Nasser

 

Filière et enjeux politiques

 

Avez-vous engagé une réflexion commune ?

Oui, nous avons beaucoup d’échanges interprofessionnels avec les autres festivals,  notamment au niveau régional. Nous avons validé la possibilité de réfléchir en présentiel durant cette édition avec tous les festivals de la région, y compris avec ceux qui n’ont pas pu se tenir. Cette année, Cinemed donne une carte blanche à deux festivals qui ont été annulés : Travelling à Alès et Ciné latinos à Toulouse. Au cours de cette édition, nous ferons également un point avec les exploitants de la région. C’est important pour le festival que tous les professionnels de la Région se retrouvent à Montpellier.

 

Le fait de maintenir les subventions ne prend pas en compte la baisse de vos recettes liée à votre capacité d’autofinancement. Y a-t-il une réflexion en cours sur cette question avec les collectivités locales ? Au niveau national, le fait de maintenir les budgets pour l’ensemble des acteurs culturels et d’assurer une certaine paix sociale avec les intermittents joue un rôle d’anesthésie mais rien n’est réglé et les axes politiques qui se dessinent demeurent préoccupants...

C’est pour cela qu’il est important de se réunir et de maintenir une force de lobbying importante. La crise est arrivée alors que le CNC était déjà dans une politique de réduction aux associations depuis trois ans. Vont-il continuer ou faire d’autres choix ? Tout cela aujourd’hui, eux-même ne le savent pas. Ils sont en pleine réflexion sur le sujet. C’est pourquoi nous devons avancer une force commune. Nous avons rencontré le nouveau maire de Montpellier récemment. Je n’ai pas perçu de remise en cause de la politique culturelle montpelliéraine, ce qui est quand même rassurant. Alors que la culture a brillé par son absence dans la campagne des municipales, elle reste, dans les faits, un axe important à Montpellier.

 

Quelle est la part d’autofinancement de votre budget ?

Entre 15 et 20 % ; j’ai alerté tout de suite sur la baisse de billetterie à anticiper. Par ailleurs, nous avons perdu beaucoup de partenariats privés ce qui était prévisible avec la crise. Nous sommes toujours dans des recherches d’équilibre. Mais au moment où nous nous trouvions dans cette situation délicate, l’importance de maintenir le festival, y compris en prenant des risques, nous est apparue prioritaire.

 

Comment abordez-vous la nécessité du changement qui invite à repenser vos activités ?

Nous l’abordons du point de vue de l’importance de la culture, dans l’environnement nouveau qui se dessine avec les plateformes, les nouvelles habitudes de consommation choisies ou forcées. On s’interroge sur notre mission : est-ce qu’on est ringard, vieux jeu ? Quelles valeurs faut-il défendre ? On n’est plus dans la mise en œuvre d’une feuille de route, on est obligé de réfléchir à ce qu’on fait en permanence.

 

Pour certains acteurs cela peut être vécu comme une contrainte, et pour d’autres comme une offre de perspectives…

Ou parfois les deux. Quelles sont les perspectives avec ces contraintes ?

 

Le départ. Court métrage de Saïd Hamich Benlarbi

 

De l’avenir

 

Après 40 ans d’histoire, le festival dispose d’un ancrage solide à Montpellier comme dans le bassin méditerranéen ; son budget reconduit d’année en année lui permet-il de se développer ?

Nous sommes en effet contraints financièrement. Le budget du festival est quasiment identique depuis 20 ans. Nous nous retrouvons par là même dans la magie de réussir les éditions les unes après les autres en sentant bien que notre marge de manœuvre financière ne cesse de se réduire. Comment sortir de cela ? Nous avons un vrai travail a engager dans ce domaine. Si nous faisons venir plus de public nous augmenterons les recettes de la billetterie mais cela ne suffit pas. Il faut trouver d’autres subventions, convaincre des partenaires financiers mais aussi faire en sorte que les gens veuillent se retrouver au Cinemed, à la fois les professionnels, les institutions et le public.

 

Quels sont les atouts du Cinemed pour y parvenir ?

La dimension fédératrice que j’évoquais à propos des professionnels de la Région doit valoir aussi pour les professionnels du cinéma de toute la Méditerranée. Même si nous avons beaucoup moins de moyens que le festival de Marrakech ou celui d’El Gouda en Égypte. La porte que nous ouvrons sur l’Europe est un élément essentiel. C’est à nous de réussir à intéresser les pays du nord de la méditerranée voir du Nord de l’Europe aux auteurs de la Méditerranée. On sait dénicher les talents, on les suit dès le court métrage et ensuite à travers les projets. Nous connaissons et mesurons l’énergie artistique qui circule en Méditerranée ; les mettre en relation avec des financeurs potentiels est une mission importante. Nous pouvons être cette plaque tournante. Dans tous les cas, nous sommes des passeurs, nous souhaitons devenir des passeurs de qualité identifiés, y compris au niveau des artistes et du public.

La perspective n’est surtout pas d’aller vers un modèle du type festival de Cannes, ce qui a longtemps été un modèle pour les politiques. Le festival de Cannes est unique et mondial. Nous avons vraiment notre carte à jouer en plus. Cette dimension géographique est un magasin de jouets fantastique. Nous avons la chance d’être sur un territoire extrêmement dynamique, artistiquement parlant.

 

Entre les Blockbusters et les festivals, y a-t-il une place sur le marché pour les films méditerranéens ?

Cette place existe, on le voit dans l’histoire du festival. Cinemed a été par exemple le premier à présenter les films d’Emir Kusturika qui n’étaient pas distribués dans les salles de cinéma. Tous ces festivals qui sont nés à la fin des années 70, comme le Festival international du court métrage à Clermont-Ferrand, le Festival des 3 continents à Nantes, Le Festival international de films de femmes à Créteil, le festival international du cinéma méditerranéen à Montpellier ont pallié les manques en termes de visibilité, chacun avec sa spécificité. Lorsque 450 personnes viennent voir au Cinemed le film d’une réalisatrice turque dont ils n’ont jamais entendu parlé auparavant, c’est simplement fantastique. On s’est rendu compte qu’il existait un marché potentiel pour ces films.

Aujourd’hui il y a bien plus de films méditerranéens distribués que dans les années 80. Les présélections à Cannes en témoignent. Les festivals ont également favorisé l’émergence de salles dites d’art et d’essai qui ont un peu remplacé les ciné-clubs en y ajoutant la dimension du marché. Le meilleur exemple, c’est le Diagonal à Montpellier. C’est une des salles de cinéma les plus puissantes de France en termes d’art et d’essai qui ne passe pas de Blocksbusters et qui fait les meilleurs chiffres sur les films de François Ozon. Aujourd’hui il existe un public significatif qui a été éduqué à la fois par les festival et les films d’art et d’essai. Cela pousse les distributeurs à s’engager. Oui, la place existe pour le cinéma méditerranéen.

 

Depuis votre nomination en 2016, vous avez œuvré sur plusieurs axes dont la diversification des publics, le renforcement de la professionnalisation, la présence renforcée des cinématographies émergentes, l’ouverture sur les jeunes. Quelles perspectives nouvelles s’offrent au Cinemed ?

De ce point vue cette crise est intéressante parce qu’elle nous permet de faire une année test, si on se concentre sur l’essentiel et ce que l’on considère comme fondamental. Est-ce que cela dessine une orientation et quels sont les axes à développer pour la mettre en œuvre ? Il est clair que les journées professionnelles sont amenées à avoir plus d’importance. Parce que nous voulons être un lieu où les films se rêvent et se construisent avant d’être faits, et les retrouver sur les écrans dans les années qui suivent. La diversification des publics et la médiation culturelle sont également très importants. Notre objectif est que les gens qui vivent ici s’emparent du festival. Venez au festival, vous trouverez toujours des films à votre pointure. À partir du moment où on aime le cinéma, on aime les cinémas. Dans cette diversification de l’offre, que ce soit Rabbi Jacob ou un court métrage expérimental, il y a des publics à travailler pour leur dire « c’est au Cinemed et ça peut vous intéresser ». Il y a le Corum qui est un lieu institutionnel qui fait peur. J’ai entendu des montpelliérains dirent « c’est le seul moment où l’on peut investir ce lieu qu’on paye de nos impôts ». Pouvoir leur dire le Corum c’est à vous et le festival est à vous, c’était le but du jeu. Nous avons encore du chemin parce que nous sommes loin d’avoir interpellé tous les publics possibles.

 

Recueilli par Jean-Marie Dinh

 


Programme complet :  42e Cinemed programme de l’édition 2020


 

Jean-Marie DINH
Après des études de lettres modernes, l’auteur a commencé ses activités professionnelles dans un institut de sondage parisien et s’est tourné rapidement vers la presse écrite : journaliste au Nouveau Méridional il a collaboré avec plusieurs journaux dont le quotidien La Marseillaise. Il a dirigé l’édition de différentes revues et a collaboré à l’écriture de réalisations audiovisuelles. Ancien Directeur de La Maison de l’Asie à Montpellier et très attentif à l’écoute du monde, il a participé à de nombreux programmes interculturels et pédagogiques notamment à Pékin. Il est l’auteur d’un dossier sur la cité impériale de Hué pour l’UNESCO ainsi que d’une étude sur l’enseignement supérieur au Vietnam. Il travaille actuellement au lancement du média citoyen interrégional altermidi.