Un focus proposé par « Occitanie livre et lecture » sur le Journal de l’Aveyron, plus ancien titre de presse du département, publié de 1796 à 1944. Crise de la presse écrite oblige, il faut inventer et ré-inventer d’autres façons de faire du journalisme. Et si la presse du XVIIIe siècle était une source d’inspiration ?


 

Le Journal de l’Aveyron (1796-1944) est le plus ancien titre de presse conservé par le département. Son premier numéro est publié le 21 décembre 1796.

L’ambition du Citoyen Chanson — Pierre Chanson, imprimeur et journaliste, fondateur du journal — est annoncé dans ce premier numéro.

Son projet se réalise, puisque le voyage du Journal de l’Aveiron [sic] dure un siècle et demi. Il connait effectivement des écueils, telle une suspension de publication entre 1797 et 1807. Toutefois, il résiste aux tempêtes de l’Histoire et en relate les faits auprès de la population du département.

Il parait d’abord en petit format et s’agrandit au fur et à mesure des décennies. De même, sa périodicité varie à plusieurs reprises, d’abord hebdomadaire pour terminer en tri-hebdomadaire. À l’instar du nombre de pages, la volumétrie des numéros dépend avant tout du contexte socio-économique (pénurie de papier, pénurie de main-d’œuvre ou de rédacteurs en période de guerre, censure, etc.).

Le titre change à plusieurs reprises : Bulletin de l’administration et de la Société d’agriculture du département de l’Aveiron (1808-1809), Bulletin de l’administration du département de l’Aveiron (1809-1815), Bulletin du département de l’Aveiron (1815), Bulletin de l’Aveiron (1816-1832).
C’est au 1er février 1832 que le titre « Journal de l’Aveyron » devient définitif.

À cette occasion, le périmètre du journal est élargi comme le précise la Une du 1er février 1832.

Au cours de sa longue vie, le Journal de l’Aveyron absorbe plusieurs titres : L’Aveyronnais en 1891 et Le Cultivateur de l’Aveyron en 1900, ce qui ajoute un complément au titre au début du XXe siècle.

Les rédacteurs du Journal

Les directeurs s’entourent de rédacteurs spécialisés comme le baron de Gaujal (histoire), messieurs Amans Rodat et Charles Girou de Buzareingues (agriculture et économie), Amans Carrier (économie), Carrère aîné et Grandet (politique), F. Guirard de Montarnal, A. Auzouy, A. Séguret et Pons (justice), mais aussi de rédacteurs de renom tels que messieurs Henri et Baptiste Carcenac, fondateurs de l’usine de Salles-la-Source.

De plus, s’il est d’abord imprimé chez le Citoyen Chanson pour ses deux premières années d’existence, c’est au sein de l’imprimerie Carrère, imprimerie ruthénoise (Rodez) historique, que ce journal prospère à partir de 1807 et jusqu’à sa disparition en 1944.

Focus sur un pan de l’histoire ruthénoise

S’il y a donc un titre à connaître et à lire dans ce département, c’est celui-ci ! Dans ses lignes se découvre la petite histoire… Celle de l’Hôtel-Dieu de Rodez, par exemple. Fondé au XIVe siècle par legs, l’établissement conserve sa destination en faveur des habitants de Rodez et des alentours des siècles durant. Hospice d’Humanité, Hôpital Saint-Jacques, EHPAD dans les dernières décennies, le lieu ferme ses portes en 2019.
En fin d’année 1831, l’Hôtel-Dieu est transféré rue Sainte-Marthe à côté de l’Hôpital Général.
Les choses ne se déroulent pas comme prévu…

 

Pour en savoir plusLa presse du XVIIIe siècle

À la veille de 1789, les gazettes et les journaux étaient capables de mobiliser un demi-million de personnes désirant connaître, comprendre et discuter une actualité désormais mouvante et foisonnante.

Avatar photo
Compte contributeurs. Ce compte partagé est destiné à l'ensemble des contributeurs occasionnels et non réccurents d'altermidi. Au delà d'un certain nombre de publications ou contributions, un compte personnalisé pourra être créé pour le rédacteur à l'initiative de la rédaction. A cette occasion, nous adressons un grand merci à l'ensemble des contributeurs occasionnels qui nous aident à faire vivre le projet altermidi. Toutefois, les contenus des contributions publiées par altermidi n'engagent pas la rédaction.