C’est Juan Branco, de passage à Aix-en-Provence pour une conférence à 15 heures ce mercredi 5 avril, qui l’a annoncé lui même, d’emblée.

« Maxime Nicolle vient d’être convoqué pour être mis en garde à vue suite à la procédure lancée directement par le 1er ministre Edouard Philippe, alors qu’Eric Drouet est déjà convoqué au même poste de police du 17ème arrondissement ». L’avocat militant, alarme : « On est face à une montée en régime de la répression qui vise directement les têtes visibles du mouvement mais il ne pourra pas pour autant désactiver le mouvement des Gilets Jaunes. Aujourd’hui, il y a un homme politique, chef du gouvernement qui décide de cibler des opposants politiques pour les faire emprisonner et les faire taire en prenant prétexte qu’ils auraient incité à la notion de « Crimes et délits » via leur appel à manifester! Si vous avez vu les « live » de Maxime Nicolle vous avez pu constater qu’il n’a jamais appelé à des actes de violence. Il appelait surtout à la responsabilité des gens, à choisir ce qu’ils pensaient le meilleur. Maxime Nicolle est quelqu’un qui n’a jamais donné d’instruction à personne! »

Juan Branco ouvre le débat à Aix le 3 avril 2019 (HB)

Travaillant ce jour-là avec son client par téléphone pour la mise en place de sa défense, Juan Branco ajoute:  « C’est la première fois qu’un avocat et son client vont se retrouver face à des policiers demain. En étant tous deux poursuivis pour les mêmes faits, car moi aussi j’ai fait l’objet d’un signalement par Aurore Bergé (députée LREM 10ème Yvelines) début janvier au même titre (article 40) pour la notion de crimes et délits parce que j’avais appelé les politiques à trembler pour les décisions qu’ils prenaient! Ce que j’avais voulu dire par là, lors de l’entretien à l’émission « Là Bas Si J’y Suis » de Daniel Mermet, c’est que ces personnes politiques prennent des décisions qui impactent des millions de personnes, des millions de corps. Et, ils se sont habitués à prendre une telle distance par rapport à leurs décisions qu’ils n’envisagent plus la politique que comme un enjeu de carrière. Ils n’ont plus du tout cette peur qui devrait saisir n’importe qui, face à une si importante décision pour un pays. La chose minimale qui devrait surgir serait de sentir, dans ce type de démarche décisionnelle, une grande inquiétude et peur. J’ai appelé ce jour là à manifester pour que les personnes au pouvoir, ressentent cette inquiétude exprimée dans la rue, qui est conséquente aux décisions politiques prises comme la baisse des APL, la privatisation des services publics, les retraites et bien d’autres… « 

Eric Drouet lors de son arrestation le 3 janvier,  est à nouveau au commissariat suite à une énième garde à vue.

Et de conclure: « C’est Edouard Philippe qui devrait être en prison. En plus de vouloir étouffer une révolte populaire comme celle des Gilets Jaunes, il est entré au conseil d’Etat et a décidé d’utiliser son carnet d’adresses pour commencer à travailler pour des opérateurs privés, notamment des cabinets d’avocats internationaux afin de mettre en place des réseaux d’influences qui permettraient à ces avocats et à leurs clients de tirer des revenus en utilisant les ressources confiées par l’Etat, c’est à dire ce carnet d’adresses. Edouard Philippe est l’incarnation du dévoiement du système. On voit régulièrement des personnes qui sont au Conseil d’Etat basculer dans le privé pour permettre à des clients privés d’orienter des instances en leur faveur. Edouard Philippe a fait ça mais il est allé au-delà! Maire du Havre auparavant, Edouard Philippe est devenu directeur des affaires publiques d’Areva, principale entreprise nucléaire du pays. Entre 2007 et 2010, il était arrivé au moment où Areva avait besoin de quelqu’un qui mette en place un véritable travail de corruption. Plusieurs affaires publiques dans ce type d’entreprises confortent une tentative d’influence auprès de l’Etat pour les intérêts de l’entreprise. Areva était alors prise sur l’affaire UraMin, sur laquelle j’ai enquêté et failli mourir ».

A suivre.

H.B.

H.B
Journaliste de terrain, formée en linguiste, j'ai également étudié l'analyse du travail et l'économie sociale et solidaire. J'ai collaboré à différentes rédactions, recherches universitaires et travaillé dans divers domaines dont l'enseignement FLE. Ces multiples chemins ailleurs et ici, me donnent le goût de l'observation et me font aimer le monde, le langage des fleurs et ces mots d'André Chedid : «Cet apprentissage, cette humanité à laquelle on croit toujours».