Nous voici conduit à démarrer l’année 2024 en nourrissant de l’espoir.


Ici et là-bas, pour le monde dans son ensemble qui semble ne pas se préoccuper du monde vivant. Pour les enfants de Gaza qui subissent actuellement ce que nous nous étions promis de ne jamais reproduire. Pour les femmes en chair et en os et notamment les Palestiniennes sur qui s’abat l’ombre du nihilisme globalisé. Pour les 3,8 millions de personnes qui souffrent de mal-logement ou d’absence de logement en France.


Dans ce numéro nous consacrons un dossier au logement, conscients que la dialectique de la crise ne peut effacer les logiques plus structurelles d’inégalités sociales. Douze millions de personnes sont touchées à des degrés divers par la crise du logement dans notre pays.

 

Une #10 Altermidi Mag
Une #10 Altermidi Mag

C’est une question sociale et politique, tout le monde doit être logé et bien logé. Le marché n’y parvenant pas, il est nécessaire d’en corriger les mécanismes. Mais l’idée selon laquelle les politiques du logement auraient pour but de faire en sorte que la population soit bien logée ne résiste pas longtemps à l’analyse. L’articulation entre la planification des constructions et le droit fondamental au logement, inscrit dans l’article 1er de la loi du 6 juillet 1989, s’avère, quand elle existe, souvent défaillante.

À tous les étages, la spéculation immobilière fragilisent le droit et contribue au mal-logement.

Certaines villes s’attaquent au problème, comme à Montpellier où la ville s’est portée partie civile aux côtés de la fondation Abbé Pierre contre des marchands de sommeil. À Marseille les 100 000 personnes vivant dans des logements indécents attendent beaucoup de la municipalité élue en 2020.

Mais que fait l’État ? « On peut parler d’une politique contre le logement et le droit au logement des familles les plus précaires », affirme le sociologue Camille François qui nous fait part de son travail de recherche.

Dans les parcours des personnes exilées l’accès au logement est une préoccupation principale. L’État organise des formes spécifiques d’habitat en privilégiant la déconcentration. Cette politique nationale de dispersion vers des villes imposées n’éclaire pas la lanterne des collectivité territoriales sur le grand chantier de la décentralisation que veut relancer le président de la République.

Nous vous invitons dans ce numéro à mesurer les enjeux d’une nouvelle architecture territoriale.

L’évolution démographique tient un rôle central dans la conduite des politiques des collectivités territoriales. Dans l’arrière-pays beaucoup font face aux aspirations de la population à un cadre de vie plus vert et moins dense. Cela se traduit par un flux continu vers des villes plus petites ou des zones rurales. Le maire de la petite commune de Claret dans l’Hérault explique la problématique de cohésion sociale liée à l’arrivée des nouveaux habitants. Vivre différemment figure désormais comme une aspiration majeure des citoyen.ne.s et notamment des jeunes. Des collectifs se lancent dans des initiatives expérimentales autour de tiers-lieux et écolieux. Nous sommes allés partager le quotidien du collectif de l’archipel La Bascule où des jeunes inventent de nouveaux modes de vie solidaires, ancrés dans le local. Plus près d’ici, Timothée, diplômé d’une école prestigieuse, explique son choix de bien vivre avec peu. L’espoir se niche peut-être aux endroits où se profile une autre intelligibilité.

C’est étonnant comme la ligne éditoriale d’un média régional accueillant des contributions de la société civile s’ouvre chemin faisant à la multiplicité des êtres.

Nous vous invitons donc aussi à un voyage singulier fait de liens et d’expériences plus humaines.

Jean-Marie Dinh


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Après des études de lettres modernes, l’auteur a commencé ses activités professionnelles dans un institut de sondage parisien et s’est tourné rapidement vers la presse écrite : journaliste au Nouveau Méridional il a collaboré avec plusieurs journaux dont le quotidien La Marseillaise. Il a dirigé l’édition de différentes revues et a collaboré à l’écriture de réalisations audiovisuelles. Ancien Directeur de La Maison de l’Asie à Montpellier et très attentif à l’écoute du monde, il a participé à de nombreux programmes interculturels et pédagogiques notamment à Pékin. Il est l’auteur d’un dossier sur la cité impériale de Hué pour l’UNESCO ainsi que d’une étude sur l’enseignement supérieur au Vietnam. Il travaille actuellement au lancement du média citoyen interrégional altermidi.