Entretien avec Christophe Pavageau président de la FCPE 34

 

La FCPE est la première organisation de parents d’élèves. Dans quel cadre faites-vous entendre la voix des parents au sein des collèges ?

 

Nos cadres d’interventions sont nombreux et diversifiés à l’échelle du département qui compte 100 Conseils locaux et 2 000 adhérents. Nos principales préoccupations concernent le remplacement des professeurs absents. Les élèves ont droit à un service public d’éducation de qualité qui garantisse la continuité de leurs apprentissages. Nous nous impliquons pour résoudre des problèmes liés à la restauration, aux logistiques de transports. Nous sommes aussi sur la gestion de l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap, qui se traduit par le manque d’AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap). C’est devenu une question récurrente malgré une hausse effective et substantielle des moyens alloués, qui reste toujours un peu inférieure à la hausse des besoins notifiés pas les CDAPH1 (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées).

 

Comment cela s’organise ?

Nous participons à des réunions de travail avec le vice-président du Département en charge de l’éducation, Renaud Calva, et la direction académique au sein de structures de consultation comme le CDEN (Conseil départemental de l’Education Nationale) pour guider les instances de décisions. On fait partie du même ensemble pour agir dans l’intérêt des élèves. La FCPE intervient avec l’Académie sur les effectifs des classes, tandis qu’avec le Département nous travaillons sur la problématique du bâti, la qualité du réseau Wi-Fi, la mobilité, le schéma de transport prévisionnel…

 

Vous siégez aussi au sein des conseils d’administration des établissements. Que se passe-t-il si vous ne parvenez pas à vous entendre ?

Il y a des moments où les avis peuvent diverger. Par exemple sur la DHG (dotation horaire globale) qui est une enveloppe d’heures attribuée à chaque établissement scolaire du second degré par la direction académique afin d’assurer l’ensemble des enseignements sur la semaine, en fonction des effectifs prévus, des spécialités et options proposées ainsi que d’éventuels soutiens. Elle se compose d’heures poste, correspondant aux postes fixes implantés dans les établissements, et d’heures supplémentaires, sur la base du rapport H/E (heures par élève) qui peut varier suivant la taille des établissements.

 

Les représentants des parents sont minoritaires, en cas de désaccord n’est-ce pas la direction qui a le dernier mot ?

Si la proposition est rejetée, parce qu’il est estimé par la majorité que l’offre éducative ne pourra pas être garantie, il faut reconvoquer un nouveau conseil. Et s’il n’y a pas de compromis, alors la direction décide, mais elle prend généralement en compte l’avis des parents, notamment lorsqu’il converge avec celui des équipes pédagogiques.

 

Dans le souci d’associer les parents aux projets d’établissements, l’Éducation nationale évoque la co-éducation. Que recoupe cette notion ?

La circulaire de 2006 fait en effet référence à une co-éducation. Elle envisage les possibilités d’actions éducatives et d’interventions des parents dans le champ scolaire. Enseigner est un vrai métier. Certains parents ont pu en faire l’expérience dans le cadre du confinement. Ça n’a pas été simple.

 

La situation a-t-elle évolué ces dernières années ?

Globalement on sent une volonté d’avancer, même si les problèmes de budgets demeurent. Les créations de collèges font évoluer, les nouveaux vont permettre de désengorger certains établissements comme celui des Aiguerelles à Montpellier. Les rénovations de bâtiments se multiplient. La convergence politique est efficiente, elle permet une vision commune. Le collège de demain répond au lycée de demain.

 

Quels sont les points d’améliorations qui vous paraissent importants pour l’avenir ?

Il est important de travailler la volonté de l’ensemble des acteurs pour avancer. En matière d’éducation, les régions prennent le pas. Au niveau national il faut travailler sur la continuité. Faire en sorte de ne pas tout déconstruire pour recommencer à chaque nomination d’un nouveau ministre. D’autant qu’il n’y a jamais d’évaluation. L’éducation à besoin de stabilité pour savoir où elle va.

Notes:

  1. La CDAPH, au sein de la maison départementale des personnes handicapées, évalue l’état de santé de la personne en situation de handicap.
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Après des études de lettres modernes, l’auteur a commencé ses activités professionnelles dans un institut de sondage parisien et s’est tourné rapidement vers la presse écrite : journaliste au Nouveau Méridional il a collaboré avec plusieurs journaux dont le quotidien La Marseillaise. Il a dirigé l’édition de différentes revues et a collaboré à l’écriture de réalisations audiovisuelles. Ancien Directeur de La Maison de l’Asie à Montpellier et très attentif à l’écoute du monde, il a participé à de nombreux programmes interculturels et pédagogiques notamment à Pékin. Il est l’auteur d’un dossier sur la cité impériale de Hué pour l’UNESCO ainsi que d’une étude sur l’enseignement supérieur au Vietnam. Il travaille actuellement au lancement du média citoyen interrégional altermidi.