À la guerre comme à la guerre, le gouvernement qui ne sait pas sur quel pied danser prend des mesures chocs avec l’espoir que l’effet de sidération va opérer sur les Français anesthésiés à coup de petites primes.


 

Il agit de la même manière pour les secteurs de l’économie réelle qu’il est  en train de détruire : petits commerces, bars, tourisme, culture, sport, transports… Si les entreprises du CAC 40 se taillent la part du lion du fameux plan de relance, cela bénéficie surtout aux actionnaires à court terme. Il suffit d’aller prendre le pouls dans les aéroports pour constater que cela ne pourra pas durer et que des pans entiers de l’économie pourraient s’écrouler.

Sans évoquer l’aspect social catastrophique de ce scénario, force est de constater qu’il  offrirait la possibilité de bonnes opportunités de rachats. Une fois encore, les actionnaires en sortiraient gagnants à court terme. À long terme, l’alibi virus permet d’endetter nos enfants et nos petits enfants avec cet argument majeur de protéger sa vie et celle de ses proches de la mort. Un pouvoir qui ne nous appartient nullement quand on y songe deux secondes.

« On paralyse le pays parce qu’il manque de la place dans les hôpitaux », a déploré le président de l’Association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, selon qui Emmanuel Macron n’a pas pris « la mesure de la crise hospitalière ». Une évidence qui nous pousse à en chercher les raisons.

Dans les faits, le couvre-feu décidé et annoncé par le président Macron va s’avérer peu efficace, voire contre-productif. À Cayenne, il s’est traduit par une concentration de la population sur des plages horaires réduites. On a pu ainsi observer des queues impressionnantes à l’entrée des commerces, en fin d’après-midi et en début de week-end.

« On ne sortira plus du restaurant après 21 heures, on n’ira plus chez des amis faire la fête », a dit le président. « Nous allons continuer à travailler, notre économie en a besoin, nous en avons besoin. Nos enfants vont continuer d’aller à l’école », a-t-il ajouté dans un discours fortement empreint de valeurs morales mais complétement hors-sol.

Selon les données de Santé publique France, les principaux foyers de contamination demeurent les entreprises privées ou publiques (25 % des clusters1 identifiés au 8 octobre), suivies des écoles et des universités (21 %) et, enfin, le milieu familial élargi et les rassemblements privés (17 %).

Instaurer un couvre-feu participe surtout de l’idée fausse selon laquelle les contaminations se font d’abord dans les lieux de sociabilité. Cette mesure à pour finalité politique d’accentuer les clivages entre habitants du pays, et d’accroître la « sécurisation » de notre société, seuls espoirs pour le président Macron, avec le chantage à l’extrême droite, de faire valoir le peu de crédit politique qu’il lui reste.

Jean-Marie Dinh

Notes:

  1. foyers de contamination identifiés : 3 cas d’une même communauté sur 7 jours
Jean-Marie DINH
Après des études de lettres modernes, l’auteur a commencé ses activités professionnelles dans un institut de sondage parisien et s’est tourné rapidement vers la presse écrite : journaliste au Nouveau Méridional il a collaboré avec plusieurs journaux dont le quotidien La Marseillaise. Il a dirigé l’édition de différentes revues et a collaboré à l’écriture de réalisations audiovisuelles. Ancien Directeur de La Maison de l’Asie à Montpellier et très attentif à l’écoute du monde, il a participé à de nombreux programmes interculturels et pédagogiques notamment à Pékin. Il est l’auteur d’un dossier sur la cité impériale de Hué pour l’UNESCO ainsi que d’une étude sur l’enseignement supérieur au Vietnam. Il travaille actuellement au lancement du média citoyen interrégional altermidi.