
Une proposition de loi LR, débattue jeudi 21 janvier à l’Assemblée, vise à supprimer le congé du 1er mai à 1,5 million de salariés.
Le 1er mai, journée emblématique des droits des travailleurs dans le monde, est au-delà de sa valeur symbolique un jour férié.
La loi bénéficie du soutien des macronistes et de l’extrême droite.
Dans un communiqué, l’ensemble des confédérations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) appelle les députés à rejeter cette loi, première atteinte à « l’exceptionnalité du 1er mai », et qui concerne aussi le secteur culturel comme les cinémas et les théâtres.
La liste des établissements concernés sera définie — si la loi passe, ce qui est probable — par décret en Conseil d’État. La tolérance au travail ce jour férié s’est longtemps appuyée sur une position ministérielle de 1986 qui a été remise en cause par la Cour de cassation en 2006.
En 2023, 2024 et 2025, des boulangers ont été poursuivis pour avoir mobilisé leur personnel. Si le travail des salariés le 1er mai était conditionné au volontariat, comme le souligne les députés qui défendent la loi, la CGT commerce affirme que la majorité des employés préfèrent ne pas travailler le dimanche ni le 1er mai. Le député PCF Yannick Meunier alerte : l’argument du volontariat est un leurre et le lien de subordination entre un employeur et son employé rend, de fait, caduc ce principe.
La gauche s’élève d’une seule voix contre cette mesure qui détricote plus encore le Code du travail : « dès qu’un principe est remis en cause, la dérogation s’étend à toutes et tous progressivement ».


