Au lendemain d’un premier tour marqué par la progression du Rassemblement national, plusieurs listes de gauche à Alès ont choisi de se retirer sans contrepartie. Un geste politique fort, guidé par une conscience républicaine assumée, loin des logiques d’appareil et des négociations d’entre-deux-tours.
À Alès, la séquence politique ouverte au lendemain du premier tour des municipales restera comme un moment fort de conscience républicaine. Face à la percée inédite du Rassemblement national1, deux listes de gauche ont fait le choix de se retirer2, non par calcul politicien, mais au nom d’un principe clair : faire barrage à une menace jugée réelle pour l’équilibre démocratique local. Plus tard la liste de droite portée par Marc Infantes, un moment tentée par une fusion, s’est finalement retirée.
Fait notable, pour les listes cette décision s’est accompagnée d’une absence totale de marchandage. La liste de droite portée par Christophe Rivenq, pourtant bénéficiaire direct de ces désistements, demeure strictement inchangée pour le second tour. Aucun accord, aucune fusion, aucune négociation de postes : ce choix renforce la portée du geste, qui s’inscrit dans une logique de responsabilité plutôt que d’intérêt.
Cette décision, prise parfois au terme de débats intenses et collectifs, illustre une forme de lucidité politique. Elle rompt avec les pratiques habituelles de tractations, souvent perçues comme opaques et incompréhensibles par les électeurs. Ici, le message est lisible : il s’agit de défendre un cadre républicain, sans condition.
Ce moment met aussi en lumière une attente croissante des citoyens qui souhaitent voter d’abord pour un projet, une vision, une orientation, plus que pour des personnes. En cela, le retrait de certaines listes, accompagné d’appels explicites ou implicites à faire barrage au RN, apparaît comme une marque de respect envers les électeurs, en refusant les arrangements d’appareil.
En filigrane, cette journée souligne également les limites d’une vie politique trop souvent dominée par les ego. Si les acteurs politiques accordaient moins d’importance aux rivalités personnelles et davantage à l’intérêt général, le débat public gagnerait en apaisement, en ouverture et en efficacité. L’épisode alésien en offre une illustration concrète : lorsque l’essentiel est en jeu, les postures peuvent céder la place à une action collective.
Reste désormais à savoir si ce front républicain produira ses effets dans les urnes. Mais quoi qu’il advienne, la décision prise ce 16 mars s’inscrit déjà comme un moment singulier : celui d’un sursaut politique où, face au danger, certains ont choisi de placer la République au-dessus de toute autre considération.
Notes:
- À Alès, la participation au premier tour s’est établie à 50,46 %. La liste menée par Christophe RIVENQ (Liste divers droite) arrive en tête avec 32,61 % des suffrages exprimés. Les listes suivantes sont également qualifiées pour le second tour du 22 mars 2026 : Anthony BORDARIER (Liste du Rassemblement National, 26,44 %), Paul PLANQUE (Liste du Parti communiste français, 15,06 %), Marc INFANTES (Liste divers droite, 13,62 %) et Basile IMBERT (Liste d’union à gauche, 10,79 %).
- « Alès commun » portée par Basile Imbert et « Alès, c’est Vous ! » menée par Paul Planque et plus tard celle de Marc Infantes —







