
L’ancien patron de l’Office des stupéfiants, François Thierry, condamné à un an de prison avec sursis pour « complicité de trafic de drogue »
À Bordeaux, on ne juge pas que des affaires, on juge aussi des concepts. Mardi 31 mars, le tribunal correctionnel a ainsi condamné François Thierry à un an de prison avec sursis. Motif : avoir un peu trop bien compris le trafic de drogue — au point de donner un coup de main logistique.
L’ancien patron des stups, 58 ans et visiblement amateur de méthodes immersives, était jugé pour sa gestion très… participative d’une livraison record de sept tonnes de cannabis en 2015. Une opération d’infiltration si réussie que même les douanes, pourtant pas réputées pour leur sens de l’humour, sont tombées dessus par hasard, en pleine guerre des services. Des fourgonnettes remplies de drogue, garées tranquillement dans le 16e arrondissement de Paris : le crime organisé version stationnement résidentiel.
À la barre, François Thierry a défendu une stratégie audacieuse : laisser entrer la drogue pour mieux arrêter les trafiquants. Le tribunal, moins convaincu par cette approche pédagogique du narcotrafic, lui a rappelé qu’aider un trafic, même avec de bonnes intentions, restait… aider un trafic.
Relaxé pour complicité d’importation mais condamné pour le reste, l’ex-policier est reparti sans commentaire, laissant à son avocate, le soin d’annoncer un recours. Reste à savoir si l’appel sera, lui aussi, sous surveillance..


