L’intrépide Compagnie Cacahuète récupère son site après un tour du monde et c’est toute une histoire. Visite à Sète prévue samedi 11 avril.
On ne risque pas d’oublier Cacahuète et ses spectacles de rue. D’ailleurs en 2024, Bruno Le Jean avait réalisé un film sur cette troupe de théâtre sétoise et atypique, Cacahuète, l’aventure scandaleuse, et ils étaient prêts à tout… pour sauver le monde. Depuis cinq ans leur repaire le Lieu Noir, sur le Quai Rhin et Danube, est devenu une résidence pour artistes et artisans, sculpteurs peintres ou photographes. Mais aujourd’hui la Compagnie redonne vie à ce qui a été sa maison pendant plus de 25 ans, avec ses amis, ses compagnons de créations et de voyages.
Les arts de la rue sous d’autres cieux
On retrouve Pascal Larderet, Josy Corrieri et leur équipe : une exposition réunit leurs souvenirs de voyages, des festivals auto-financés — histoire d’aller dans des pays chauds en hiver, et d’aller vivre les arts de la rue sous d’autres cieux. Autant de photos de tribulations aventureuses à travers le monde. Constatant que le marché international du théâtre de rue se limite hélas aux pays occidentaux riches, Pascal Larderet décide Cacahuète à organiser des tournées de festival itinérant dans des pays où l’on ne va jamais, et sans aide financière. Dès 2002 six festivals voient le jour en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, et « Rue du monde » n’est pas une ONG mais un groupe d’artistes désirant aller à la rencontre de nouveaux publics.

L’exposition fait voyager : en 2003 on invente le Nassara Festival en mobylettes au Burkina-Faso, puis arrive le Massala Festival, en Tuktuk (genre de cyclo-pousse) au Tamil Nadu, région de l’Inde, l’année suivant le tsunami, en 2006, dans les villages sinistrés. Direction le Laos en 2009, avec le Pak Pak Festival en bateau sur le Mékong, et ensuite le Kif Kif Festival voyage en mini bus dans le nord marocain en 2010, puis le Very Good Festival en bus au Rajasthan en 2013. Enfin, le Festival Peque Peque navigue en bateau sur l’Amazone en 2016 entre Colombie, Pérou et Brésil. L’idée était de trouver un moyen de locomotion usuel dans chaque pays.
La Cie Cacahuète de Sète participe à tous les projets, comme la Cie des Bons Enfants de Josy Corrieri et la Cie Colbok de Tours. Les rejoignent Didier Super à vélo et Les Têtes de Vainqueurs de Poussan sur cinq festivals, et la Cie Albedo de Plaissan sur quatre aventures. On retrouve aussi la célèbre compagnie Transe Express au Burkina-Faso, et pas mal d’autres, car l’idée est d’associer des artistes locaux aux représentations.

À travers le monde la rue est partout
Cette rencontre de samedi, autour de l’exposition qui réunit un millier de photos, est l’occasion de partager des souvenirs, des galères, de visionner quelques vidéos de ces périples incroyables, autour d’un verre, pour refaire le monde encore une fois. « Pour nous et pour le fun ! », propose Pascal Larderet, et l’artiste aux multiples talents se souvient des repérages en mobylette pour trouver les bons lieux, des créations sur place, de l’aide du groupe communiste de Pondichéry, des bateaux sur l’Amazone, des marionnettes du Laos. Retour au Lieu Noir, cet emblématique poisson sétois — il porte aussi la noirceur d’un carrelage des WC, mais chut…
L’exposition sera ouverte au public samedi de 11h à 19h vernissage apéro à partir de 11h et projections dans l’après-midi. « Curieux, aventuriers, musiciens nous vous attendons dans une ambiance festive ». Au Lieu Noir à Sète, 18 Quai Rhin et Danube.
Michèle Fizaine
Photo1 : Au Laos, Josy Corrieri et la Compagnie des Bons Enfants. Crédit photo Cacahuète







