Après avoir dénoncé une baisse drastique des crédits alloués par le gouvernement, Régions de France est parvenue à arracher un compromis pour 2026. Un accord qui atténue le choc budgétaire sans masquer le recul significatif de l’engagement financier de l’État dans la formation des demandeurs d’emploi.


Régions de France a finalement trouvé un compromis avec l’exécutif pour préserver, autant que possible, le financement de la formation des demandeurs d’emploi. Après avoir vivement dénoncé, fin février, l’enveloppe initiale de 377 millions d’euros prévue pour 2026 dans le cadre des pactes régionaux d’investissement dans les compétences, l’association est parvenue à un accord avec Matignon.

Un nouveau cycle d’investissement couvrant la période 2024-2027 avait été acté en septembre dernier entre le ministre du Travail, Olivier Dussopt, et les représentants des régions. L’État prévoit d’y consacrer 3,9 milliards d’euros, un montant en net recul par rapport aux 15 milliards mobilisés lors du cycle précédent. Le ministre avait justifié cette inflexion par l’amélioration du marché de l’emploi, évoquant la baisse du chômage.

À l’issue des discussions, les régions obtiennent une rallonge de 150 millions d’euros, portant l’enveloppe totale à 527 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. En contrepartie, elles acceptent de consentir une avance de trésorerie de 60 millions d’euros à l’État. Dans un courrier adressé le 13 mars au Premier ministre, elles s’engagent à signer rapidement les conventions financières des pactes, tout en conservant la clé de répartition appliquée en 2025.

Malgré cet ajustement, l’accord entérine une contraction significative des moyens. Les crédits alloués restent inférieurs de 327 millions d’euros à ceux contractualisés trois ans plus tôt, soit seulement 67 % des 854 millions initialement attendus. Régions de France demande en retour des garanties sur le remboursement des avances d’ici 2029 et sur le maintien, au minimum, des engagements financiers en 2027 afin d’éviter de nouvelles réductions de l’offre de formation.

L’association alerte également sur les écarts persistants entre l’État et les régions dans l գնահատ des arriérés dus au titre des exercices précédents. Surtout, elle met en garde contre les conséquences de ces arbitrages budgétaires : en réduisant les moyens consacrés à la formation des demandeurs d’emploi, l’État prend le risque d’alimenter une remontée du chômage, en contradiction avec les objectifs affichés de plein emploi.

Au-delà du compromis trouvé, c’est bien la baisse structurelle des financements publics qui se confirme, laissant aux régions la responsabilité de contenir, tant bien que mal, ses effets sur le terrain.

Formation Moniteur handisub soutenue par la CTR PACA. Crédit photo FFESSM.

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Après des études de lettres modernes, l’auteur a commencé ses activités professionnelles dans un institut de sondage parisien et s’est tourné rapidement vers la presse écrite : journaliste au Nouveau Méridional il a collaboré avec plusieurs journaux dont le quotidien La Marseillaise. Il a dirigé l’édition de différentes revues et a collaboré à l’écriture de réalisations audiovisuelles. Ancien Directeur de La Maison de l’Asie à Montpellier et très attentif à l’écoute du monde, il a participé à de nombreux programmes interculturels et pédagogiques notamment à Pékin. Il est l’auteur d’un dossier sur la cité impériale de Hué pour l’UNESCO ainsi que d’une étude sur l’enseignement supérieur au Vietnam. Il travaille actuellement au lancement du média citoyen interrégional altermidi.