Ce soir à Alès, débute la 44ᵉ édition du Festival Cinéma Itinérances avec une soirée d’ouverture exceptionnelle, pensée comme un véritable moment de partage. Le rendez-vous est donné simultanément au Théâtre éphémère du Cratère et au Cineplanet pour une entrée en matière ambitieuse, placée sous le signe de la découverte.
Depuis sa création en 1983, le Festival Cinéma Itinérances s’est imposé comme un événement incontournable pour les passionnés de cinéma d’auteur. Pour sa 44ᵉ édition, le Festival Cinéma Itinérances réaffirme avec éclat sa vocation : offrir au public du Gard une véritable plongée au cœur du cinéma indépendant, où se mêlent avant-premières attendues, découvertes venues du monde entier et regards singuliers posés sur notre époque.
Au cœur de cette édition 2026, une programmation particulièrement dense vient combler les cinéphiles avec près de 200 films projetés. Le festival aligne une série impressionnante de 80 avant-premières, permettant de découvrir des œuvres très attendues avant leur sortie nationale. Cette sélection exigeante met en lumière la vitalité du cinéma indépendant international, avec des films venus d’Europe, d’Asie ou encore d’Amérique latine, explorant les grandes thématiques contemporaines — identités, mémoire, transformations sociales — à travers des écritures cinématographiques audacieuses.
Parmi les temps forts, la compétition de courts métrages francophones reste un rendez-vous essentiel. Comme chaque année, elle met en avant la jeune création et les talents émergents. Le public est invité à s’impliquer pleinement : à l’issue des projections, chacun peut voter pour le prix du public, participant ainsi à la reconnaissance de ces nouvelles voix du cinéma.
L’édition 2026 se distingue également par son ouverture territoriale, avec une collaboration inédite avec le cinéma de Bagnols-sur-Cèze. Une partie de la programmation y est délocalisée, permettant à un public élargi de profiter de 41 films en avant-première. Cette initiative renforce l’ancrage du festival dans le Gard et confirme sa volonté d’aller à la rencontre des spectateurs.
Une Méditerranée de cinéma, entre engagement et récits intimes
Fidèle à son identité, le festival accorde une place centrale aux cinémas méditerranéens à travers la programmation « La Méditerranée dans un fauteuil ». Portée par un collectif d’associations engagées, cette section propose une sélection riche, sensible et politique. Parmi les films présentés, on retrouve À Gaza, ou encore L’Affaire Abdallah de Pierre Carles. D’autres œuvres comme D’où vient le vent de Amel Guellaty explorent avec finesse les questions d’exil, d’identité et de mémoire.
Cette programmation se prolonge avec des films tels que Seuls les rebelles de Danielle Arbid ou L’Enfant bélier de Marta Bergman, offrant une diversité de regards sur les sociétés méditerranéennes contemporaines.
Au-delà des projections, ces associations jouent un rôle essentiel : au plus près des publics, elles organisent des débats, favorisent la transmission des mémoires et encouragent la rencontre entre les cultures. Ces échanges, toujours riches, font du festival un véritable espace de dialogue et de partage, où le cinéma devient un pont entre les mondes.
Des hommages qui incarnent l’esprit du festival
L’édition 2026 rend hommage à plusieurs grandes figures du cinéma et de la création. Le Prix Itinérances sera remis à Yolande Moreau, dont l’œuvre profondément humaine trouve un écho particulier dans l’identité du festival. La projection de Quand la mer monte vient souligner la singularité de son regard.
Une journée est également consacrée à Annie Ernaux, en présence de Claire Simon, avec notamment le film L’Événement. Le festival célèbre aussi Carla Simón, dont le cinéma intime et universel s’impose comme l’une des voix majeures du cinéma européen contemporain.
Enfin, un hommage est rendu à Shōhei Imamura, à l’occasion du centenaire de sa naissance, à travers plusieurs projections dont La Ballade de Narayama.
Avec cette 44ᵉ édition, le Festival Cinéma Itinérances confirme son rôle essentiel dans le paysage culturel. Entre avant-premières prestigieuses, ouverture au monde, engagement associatif et célébration des grands noms du cinéma, il offre au public du Gard une expérience rare, vivante et profondément humaine. Une invitation à découvrir, ressentir et partager — et, surtout, à rester ouvert et curieux.
Jean-Marie Dinh
Photo 1. L’étrangère de Gaya Jiji







