Le départ de Rachida Dati est, comme on peut l’imaginer, un soulagement. Tout le monde se dit qu’on va ouvrir le champagne, rue de Valois, et puis creuser discrètement la tombe des subventions.


 

En ce jeudi 26 février, au ministère de la Culture, l’ambiance ressemblait à une répétition générale de tragédie classique : sortie de scène pour Rachida Dati, partie conquérir Paris, et entrée, sous un tonnerre d’applaudissements… soulagés, de Catherine Pégard, intronisée ministre de la Culture.

Dans les coulisses, artistes et intermittents auraient, dit-on, discrètement ouvert une bouteille : le départ de Dati est vécu comme un “ouf” de soulagement dans un monde culturel qui avait l’impression de jouer En attendant Godot, sans subventions et sans décor. Mais l’arrivée de Catherine Pégard, nouvelle ministre parmi les quatre entrants du gouvernement, ne déclenche pas de standing ovation.

Pégard, 71 ans, ex-conseillère du repris de justice Nicolas Sarkozy puis d’Emmanuel Macron, passée par le  Château de Versailles, fera certainement l’affaire pour le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a bien d’autres chats à fouetter. Une nomination qui, à défaut de faire rêver, rassure au moins les dorures : le carnet d’adresses est solide, l’espérance un peu moins.

Hier, pour son baptême du feu, il fallait absolument être dans le mouv’ : cap sur la cérémonie des Césars à L’Olympia. À peine deux heures après sa prise de fonctions, la ministre se retrouvait interpellée par les dingueries de l’humoriste Alison Wheeler :

 « J’ai envie de faire une Masiero,1 j’ai envie de me foutre des tampax usagés derrière les oreilles et d’invectiver la ministre. Dites donc Catherine, vous n’en avez pas marre de sacrifier la culture sur l’autel du capitalisme le plus rance », lance-t-elle, sourire aux lèvres et couteau sous le velours.

Dans la salle, certains se sont demandé si, finalement, ce n’était pas plus paisible à Versailles : là-bas, au moins, les courtisans applaudissent toujours au bon moment — et les fantômes ne contestent jamais le budget.

 

Notes:

  1. clin d’œil à Corinne Masiero et à son effeuillage militant lors des César 2021. Elle avait créé la surprise en se déshabillant sur la scène de l’Olympia alors qu’elle venait remettre le prix du meilleur costume.
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Après des études de lettres modernes, l’auteur a commencé ses activités professionnelles dans un institut de sondage parisien et s’est tourné rapidement vers la presse écrite : journaliste au Nouveau Méridional il a collaboré avec plusieurs journaux dont le quotidien La Marseillaise. Il a dirigé l’édition de différentes revues et a collaboré à l’écriture de réalisations audiovisuelles. Ancien Directeur de La Maison de l’Asie à Montpellier et très attentif à l’écoute du monde, il a participé à de nombreux programmes interculturels et pédagogiques notamment à Pékin. Il est l’auteur d’un dossier sur la cité impériale de Hué pour l’UNESCO ainsi que d’une étude sur l’enseignement supérieur au Vietnam. Il travaille actuellement au lancement du média citoyen interrégional altermidi.