Deuxième version de la loi Duplomb pour réintroduire deux pesticides interdits en France, la toxique acétamipride et le flupyradifurone, et deuxième pétition citoyenne pour dire non !
La loi Duplomb 1 acte déjà un recul environnemental énorme avec, entre autres, l’accaparement de l’eau avec la construction de nouvelles méga-bassines, et l’implantation de « fermes-usines » dont le seuil d’autorisation a été fixé jusqu’à 85 000 volailles.
La réintroduction de trois pesticides, dont l’acétamipride, avait été censurée par le Conseil constitutionnel. Les sages ont estimé que leur autorisation n’était pas assez encadrée dans le temps et dans l’espace vu leur dangerosité.
La loi Duplomb 2 cherche donc à faire sauter les blocages du Conseil constitutionnel pour réintroduire l’usage des néonicotinoïdes, dont la très toxique acétamipride, sans prendre en compte leurs effets dévastateurs, sur les pollinisateurs, la biodiversité et la santé, pourtant dénoncées par les scientifiques, chercheurs et médecins ; Les premières victimes étant les agriculteurs et les populations rurales.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte européen plus qu’inquiétant, la droite et l’extrême droite détricotant les avancées écologiques, de même qu’en matière de régulation de l’usage des pesticides, notamment avec la loi « Omnibus ». Provocation ? Le sénateur Duplomb, exploitant agricole, membre des Républicains et syndicaliste de la FNSEA, a déposé sa nouvelle loi le jour où la pétition a été débattue à l’Assemblée, mercredi 11 février.
Le cri des 2,1 millions de Français.es opposés au modèle agricole axé sur la surproduction au détriment de la santé publique ne peut remettre la loi adoptée en question, comme l’avait souligné en juillet dernier Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. La pétition, qui a pourtant largement franchi les seuils imposés par les institutions, n’a malheureusement pas d’effet législatif. Elle n’est qu’un instrument pour mobiliser et alerter l’opinion.
Mais si l’importante contestation citoyenne n’est pas prise en compte par la Ve République, elle n’a pas l’intention de baisser les bras, mais plutôt de lever le poing. La mobilisation continue contre la loi Duplomb 2. Une nouvelle pétition intitulée « Non c’est Non, Monsieur Duplomb ! », est en ligne sur le site de l’Assemblée nationale.
Déposée le 30 janvier, elle a dépassé, le 12 février, les 200 000 signataires : « Quand le peuple dit « non » aux pesticides tueurs d’abeilles, « non » signifie « non ». (…) Le consentement n’est pas une option. Monsieur le sénateur, la démocratie repose sur le consentement. (…)
Nous ne consentons pas à ce que notre santé soit mise en balance avec des intérêts productivistes à court terme. Nous ne consentons pas à l’empoisonnement silencieux de nos sols et de notre eau. (…)
Nous demandons aux députés de rejeter fermement cette proposition de loi. Pour notre santé, pour nos abeilles et pour le droit de nos enfants à un environnement sain ».
Photo. Manifestation contre la loi Duplomb samedi 7 février. Crédit AFP
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