À l’issue d’un débat public tenu le 7 février à la Reynerie, plusieurs candidats aux municipales se sont prononcés pour un moratoire sur les démolitions de logements sociaux à Toulouse. Nous publions la contribution des collectifs mobilisés pour la réhabilitation des immeubles. Une exposition itinérante est présentée aujourd’hui place des Carmes, de 12h à 14h, avant une demande de rendez-vous à la DRAC à 14h.


 

Contribution du Collectif

Le 7 février 2026 s’est tenu un débat totalement d’actualité, à Toulouse, avec les listes candidates aux élections municipales invitées par un groupement de collectifs et associations 1 avec des universitaires et des architectes… concernant les projets de démolition et le logement social à Toulouse.

Plus de 150 personnes se sont retrouvées ainsi à la Maison Toulouse Service de la Reynerie en présence des candidats François Piquemal (Demain Toulouse), Guillaume Scalli (NPA Révolutionnaire), Malena Adrada (Lutte Ouvrière) et Vanessa Pedinotti (Révolution permanente) et de Maxime Le Texier (représentant de la liste Mieux vivre à Toulouse de François Briançon), la liste du candidat sortant ayant indiqué qu’elle n’avait pas la possibilité d’envoyer de représentant, faute de disponibilité ce jour.

Alors que plus de 300 personnes vivent dans la rue dont des dizaines d’enfants, que 1 320 logements sociaux sont laissés inoccupés en vue de leur destruction et des centaines déjà détruits, que la liste des demandeurs de logement sociaux a dépassé les 55 000 sur la Haute-Garonne, les candidat.e.s ont été interpellé.e.s par les collectifs et associations sur deux questions principales et simples :

« Allez-vous si vous êtes élus, stopper les démolitions en cours par un moratoire et étudier des solutions de réhabilitation ?

Que comptez-vous faire pour tenter d’apporter une réponse à la crise du logement qui s’aggrave à Toulouse comme dans tout le pays ? »

L’ensemble des candidats.e.s et représentants présents se sont prononcés en faveur d’une remise à plat et donc d’un moratoire sur les démolitions prévues sur Toulouse, y compris pour l’immeuble « Messager », et pour que soient étudiées des propositions alternatives de réhabilitation, sans démolition, par des architectes et professionnels indépendants, avec la prise en compte des attentes des habitant.e.s, respectant leur droit d’être maintenus sur place s’ils le souhaitent pendant et après la réhabilitation, comme cela a été fait à Bordeaux dans l’opération du Grand Parc.

En conclusion des échanges, le Collectif Stop démolitions a proposé qu’une demande d’audience commune soit formulée avec les candidats par les collectifs auprès du Conseil départemental actionnaire principal de la SA HLM des Chalets, de la Mairie et de Toulouse Métropole, et qu’une demande d’engagement d’un moratoire immédiat soit cosigné par les candidat.e.s. Cette proposition a reçu l’assentiment de tous/tes les candidat.e.s présent.e.s et du représentant de la liste Mieux vivre à Toulouse à titre personnel, n’engageant pas la liste de François Briançon à ce stade. Le candidat de la liste Demain Toulouse, François Piquemal, a proposé aux autres de se mettre d’accord sur une garantie programmatique de moratoire, y compris pour l’immeuble « Messager » menacé à court terme.

À la fin du débat, une marche et chaîne humaine s’est tenue jusqu’au pied de l’immeuble « Messager ». Il nous parait important d’informer la population de cette journée qui fut l’occasion d’organiser une exposition de travaux de projets d’architectes montrant des solutions de réhabilitation d’immeubles du Mirail sans démolition, ainsi que de nombreux documents photographiques ou filmés.

Cette exposition très appréciée des participant.e.s sera à nouveau présentée de manière itinérante Place des Carmes, sortie du métro Carmes, à Toulouse, le vendredi 13 février de 12h à 14h à l’occasion d’une demande de rendez-vous à la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) à 14h. Nous la tenons à disposition de tout espace culturel souhaitant la présenter à son public.

 

Déclaration de M. Jean Philippe Vassal, prix Pritzker 2021 de l’architecture :

« il faut garder tout ce qui existe au Mirail, il faut garder les 1 400 logements qui sont prévus à la démolition et il faut reconstruire tous ceux qui ont été démolis dans les démolitions précédentes ; il faut reconstituer le Mirail tel qu’il était quand Candilis l’a conçu, il faut retrouver ça parce que c’est un projet incroyable, unique dans le monde et qui a été année après année abîmé, massacré. »

Notes:

  1. Le collectif des architectes en défense du patrimoine CANDILIS au Mirail, le collectif STOP DEMOLITIONS, la CNL 31, le DAL31, le conseil citoyen Reynerie, la LDH 31, la Libre Pensée 31, le CPES (comité populaire d’entraide et de solidarité) du Mirail, …