Malgré une baisse de 144 millions d’euros des dotations de l’État, la Région Occitanie présente un budget 2026 stable à 3,54 milliards d’euros. Carole Delga défend une stratégie de rigueur et de mutualisation pour préserver l’investissement, tandis que quinze Régions interpellent le Premier ministre sur une réforme jugée inéquitable.
La Région Occitanie présentera ce jeudi 12 février un budget 2026 d’un montant de 3,54 milliards d’euros, quasiment identique à celui de l’an passé. Derrière cette stabilité apparente, l’exécutif régional doit pourtant absorber une nouvelle baisse des dotations de l’État, à hauteur de 144 millions d’euros. Depuis 2023, l’impact cumulé des décisions gouvernementales représente désormais 500 millions d’euros de recettes en moins pour la collectivité.
Pour Carole Delga, la contrainte est forte mais ne doit pas conduire au renoncement. La présidente socialiste revendique une ligne claire : continuer à investir et préserver les priorités régionales malgré un contexte budgétaire tendu. Elle dénonce au passage une décision « particulièrement injuste », estimant que l’effort demandé aux Régions est désormais inégalitaire. L’Occitanie serait la troisième région la plus touchée, alors même qu’elle connaît la plus forte croissance démographique, qu’elle est fortement exposée aux aléas climatiques et qu’elle demeure l’une des plus enclavées du pays.
Dans ce contexte, la majorité régionale affirme vouloir protéger en priorité les habitants. Les dispositifs en faveur du pouvoir d’achat seront maintenus, à commencer par la politique de trains à bas prix et la rentrée scolaire présentée comme la moins chère de France. L’exécutif entend également poursuivre ses investissements dans les lycées, la santé de proximité et la formation professionnelle.
La transformation du modèle de développement demeure l’autre pilier du budget 2026. La Région veut continuer à financer les mobilités décarbonées, la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique, notamment à travers le plan « Occitanie Résiliente » adopté à l’automne dernier. Les aides aux entreprises, aux agriculteurs et aux viticulteurs sont maintenues, dans une logique de soutien à l’emploi et de souveraineté alimentaire. La politique culturelle, elle aussi, devrait rester volontariste.
Pour tenir cet équilibre entre ambition et contraintes financières, Carole Delga met en avant la gestion menée depuis la fusion des anciennes Régions en 2016. Elle rappelle que plus de 11,3 milliards d’euros ont été investis en dix ans et que des économies supérieures à 170 millions d’euros ont été réalisées grâce aux mutualisations. Les budgets ont été votés à l’équilibre chaque année, la dette est qualifiée de contenue et les dépenses de fonctionnement devraient reculer de 0,8 % en 2026.
L’exécutif régional souligne également sa capacité à mobiliser les financements européens, un domaine dans lequel l’Occitanie figure parmi les Régions les plus performantes de France. La qualité du partenariat noué avec la Commission européenne permettrait de capter un volume important de fonds structurels et d’investissement, venant soutenir les projets liés à la transition énergétique, à l’innovation, à l’agriculture ou encore à la formation.
Quinze Régions montent au créneau

Au-delà de l’Occitanie, la question des dotations suscite une fronde plus large. Le 4 février, Carole Delga et quatorze autres présidents de Région ont adressé un courrier au Premier ministre pour dénoncer une rupture du principe d’équité territoriale. Ils contestent un amendement réduisant de 180 millions d’euros les dotations de six Régions métropolitaines sur douze, avec des pertes allant du simple au double selon les territoires, de 17 à 8,5 euros par habitant.
Les signataires soulignent que les Régions les plus touchées figurent parmi celles où le revenu par habitant est le plus faible et où les fragilités sociales sont les plus marquées. Selon eux, une telle diminution de ressources, qui correspond à la compensation de la suppression de la taxe professionnelle décidée par un précédent gouvernement, risque d’entraîner une dégradation des services publics locaux et d’accentuer les inégalités territoriales.
Dans leur courrier, ils alertent également sur le risque politique d’un tel choix budgétaire. Affaiblir des territoires populaires, écrivent-ils en substance, pourrait nourrir la défiance envers l’action publique dans des régions où l’extrême droite progresse déjà fortement.
Reste désormais à savoir si le gouvernement entendra cet avertissement. En Occitanie, la majorité régionale assure en tout cas vouloir « tenir le cap », convaincue que l’investissement public demeure un levier essentiel de justice sociale et territoriale dans une période marquée par les incertitudes économiques, sociales et climatiques.







