Le président du sénat sermonne volontiers sur les valeurs républicaines et le respect des institutions, mais pratique un mutisme exemplaire quand un scandale éclabousse son camp. Selon Mediapart, le président du Sénat est resté silencieux pendant des mois face aux courriers de la députée Sandrine Josso alertant sur le cas du sénateur Joël Guerriau, condamné pour l’avoir droguée en vue d’une agression sexuelle.
« J’attends depuis plus de deux ans un signe de votre part. Votre silence m’a peinée, surprise, et maintenant m’interroge. » Jeudi 29 janvier, la députée Sandrine Josso a interpellé publiquement le président du Sénat, Gérard Larcher, après la condamnation de l’ex-sénateur centriste Joël Guerriau.
À défaut de réponse, Gérard Larcher a fait de ce silence un message en soi. Un message qui dit le réflexe de protection, l’embarras, et surtout l’écart béant entre les grands discours moralisateurs et la réalité quand les faits concernent les siens. À force d’attendre, ce n’est plus seulement Sandrine Josso qui s’interroge, mais une institution entière, sommée de montrer que ses principes ne s’arrêtent pas aux portes du Sénat.


