14ème édition des Journées Européennes de Musique Ancienne : les rendez-vous se poursuivent ce week-end sur toute la région Occitanie.


 

Depuis 2013 des Journées occitanes et catalanes sont organisées par le Réseau Européen de Musique Ancienne (REMA) qui concerne plus de vingt pays, et ce sont des occasions de connaître des instruments et des musiques parfois oubliés. Cette 14ème édition a permis aux enfants de découvrir avec Julien Miro la sacqueboute, cet ancêtre du trombone, ainsi que la facture du clavecin, dans l’atelier montpelliérain de Martine Argellies. Et ce jeudi, Ars Vocalis a rendu hommage à Joël Pons, violoncelliste récemment disparu.

Vendredi 20 mars, le flûtiste Sylvain Sartre et le guitariste Romaric Martin, solistes de l’ensemble Les Ombres, accompagnent les visites du Musée Fabre de Montpellier pour un parcours en musique au cœur des collections (12 €).

 

Un festival de jeunes virtuoses et d’œuvres méconnues
Sur l’orgue de Perpignan Benjamin Alard poursuit sa quête de Bach. Crédit Photo JEMA

Les deux rencontres à ne pas manquer se déroulent à Perpignan, le lendemain. La Casa Xanxo (superbe bâtisse du XVIème siècle) accueille les étudiants du CRR de Perpignan, qui vont présenter un concert printanier mêlant musique ancienne et répertoire baroque. Dowland, Vivaldi, Corelli sont de la fête et il y a bien d’autres compositeurs anciens au programme (14 h 30 et 16 h. Gratuit). Le même jour, un invité vedette, Benjamin Alard, claveciniste fidèle du Château d’Assas, organiste célèbre, et interprète d’une fameuse intégrale de Bach (17 volumes chez Harmonia Mundi), construit autour du choral luthérien « Aus tiefer Not », Du fond de ma détresse, un programme qui met en regard l’héritage de Bach et son prolongement chez Mendelssohn. C’est une découverte acoustique aussi de l’orgue de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, dans le cadre du Festival des Musiques Sacrées de Perpignan (18h30. Gratuit). Réservations : www.perpignantourisme

Enfin le soir, à Lignan-sur-Orb, à 19 h en l’Eglise Saint-Vincent, les élèves des conservatoires de Béziers et Narbonne sont nombreux à se retrouver autour d’un programme « Renaissance et baroque en partage » qui traverse l’Europe musicale des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles : Jean-Sébastien Bach, Boismortier, Couperin, Vivaldi, Corelli ou encore Giovanni Gastoldi… (Gratuit sur réservation)

 

 

Dimanche, fêtons la sacqueboute et les musiques sacrées

On continue de suivre la sacqueboute qui a ouvert ce bal « JEMA », pour sacquer-tirer et bouter-pousser sa coulisse, donc faire connaître son histoire, contée par quatre solistes : Franck Poitrineau, Thomas Callaux, Elisabeth Montion ainsi que Julien Miro. Ils offrent un menu varié où dominent les œuvres de Schutz, dont « Fili mi, Absalon », Mon fils, Absalon – longue plainte du Roi David. L’ancêtre du trombone est maintenant mieux connu mais il reste de superbes morceaux à découvrir. Rendez-vous dimanche à 15 h à la Cité des Arts de Montpellier. Gratuit (dès 14 h 30).

« Allégories » propose une approche libre et sensible des Vêpres. Crédit Photo JEMA

Ces Journées Européennes s’achèvent, à 17 h 30 à l’Enclos Saint-François de Montpellier, avec le chœur montpelliérain « Allégories », dirigé par Stefano Bernabovi. Le concert s’attache à restituer une profonde émotion, dans des polyphonies mêlant musique, mise en espace et engagement corporel, et a pour titre : « Re : Vesperae », Sujet : les Vêpres. Du XXᵉ siècle à aujourd’hui, les partitions de Maurice Duruflé, Benjamin Britten, John Tavener ou Pēteris Vasks offrent des lectures contrastées et profondément contemplatives des textes sacrés, et Haendel en est le couronnement. Ces rencontres musicales mettent en lumière ce qui fait la vitalité et l’intemporalité de ce répertoire. 15 € sur réservation à HelloAsso.

Michèle Fizaine

Photo 1. Dans son atelier Martine Argellies révèle les mystères du clavecin. Crédit Photo JEMA

Plus d’info : Les Journées européennes de musique ancienne

 

 

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J’ai enseigné pendant 44 ans, agrégée de Lettres Classiques, privilégiant la pédagogie du projet et l’évaluation formative. Je poursuis toujours ma démarche dans des ateliers d’alphabétisation (FLE). C’est mon sujet de thèse « Victor Hugo et L’Evénement : journalisme et littérature » (1994) qui m’a conduite à écrire dans La Marseillaise dès 1985 (tous sujets), puis à Midi Libre de 1993 à 2023 (Culture). J’ai aussi publié dans des actes de colloques, participé à l’édition des œuvres complètes de Victor Hugo en 1985 pour le tome « Politique » (Bouquins, Robert Laffont), ensuite dans des revues régionales, et pour une série de France 2 en 2017. Après des études classiques de piano et de chant, j’ai fait partie d’ensembles de musique baroque et médiévale, formée aux musiques trad occitanes et catalanes, au hautbois languedocien, au répertoire de joutes, au rap sétois. Mes passions et convictions me dirigent donc vers le domaine culturel et les questions sociales.