Face au vieillissement accéléré de la population, le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne dénonce l’écart entre les discours de l’État et la réalité du terrain, et appelle à une décentralisation renforcée, afin de donner aux départements les moyens d’agir.


 

Réunis lors des Assises nationales de l’habitat pour les seniors à Paris, les acteurs publics ont mesuré l’ampleur du défi démographique à venir. À cette occasion, Sébastien Vincini, président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, a livré un diagnostic précis, nourri par l’expérience du terrain, tout en pointant les limites de l’action nationale actuelle.

« Vivre chez soi le plus longtemps possible est le souhait de la plupart d’entre nous », a-t-il rappelé en ouverture, soulignant que « 90 % des Françaises et des Français veulent vieillir chez eux ». Une aspiration largement partagée, mais qui se heurte à une pression démographique croissante. En Haute-Garonne, « 18 000 nouveaux arrivants » s’installent chaque année et, d’ici 2028, la population augmentera de 8,4 %, avec « + 14 % de personnes de plus de 60 ans » et « + 22,35 % de personnes en situation de handicap ». Des évolutions qui placent les collectivités locales en première ligne.

Pour Sébastien Vincini, le constat est sans appel : « Le mur du vieillissement est devant nous mais les politiques structurantes nationales ne sont pas au rendez-vous. » Si le sujet est désormais largement présent dans le débat public, il estime que la réponse de l’État reste trop souvent cantonnée à l’affichage. « Les solutions existent pourtant », insiste-t-il, évoquant « la prévention, le repérage des vulnérabilités, l’adaptation du logement » ou encore « la téléassistance », déjà généralisée en Haute-Garonne. Le développement de l’habitat intermédiaire — « résidences autonomie » et « habitat inclusif » — constitue également, selon lui, un levier essentiel pour répondre à la diversité des parcours de vie.

Au-delà des dispositifs, le président du Département plaide pour une évolution profonde de la gouvernance publique. « Il faut une bifurcation inclusive », affirme-t-il, estimant que la transition démographique impose d’adapter les politiques aux réalités sociales et territoriales. Dans ce cadre, il revendique un rôle central pour les départements : « Le Conseil départemental est le bon acteur, avec la bonne échelle et des compétences complémentaires. »

Encore faut-il que cette responsabilité soit pleinement assumée par l’État. « On ne peut pas demander aux collectivités d’agir sans leur donner des moyens clairs et pérennes », prévient-il, dénonçant « une dépendance à l’égard des crédits de l’État » peu compatible avec une action de long terme. En conclusion, Sébastien Vincini appelle à « un grand plan national de réforme de l’État et de décentralisation », condition, selon lui, pour transformer les ambitions affichées en réponses concrètes sur le terrain.

 

Photo. Intervention de Sébastien Vincini aux Assises nationales de l’habitat pour les seniors. Crédit photo CD31