Alors que les puissants du monde se réunissent à Davos pour le Forum Économique Mondial (WEF), Oxfam France publie son dernier rapport : en 2025, la fortune des milliardaires dans le monde a bondi de plus de 16 % en 2025, trois fois plus vite que les cinq années précédentes, les 53 milliardaires français sont désormais plus riches que plus de 32 millions de personnes réunies, soit près de la moitié de la population, et le taux de pauvreté en France atteint le taux record de 15,4% de la population.


 

Oxfam annonce, dans ses rapports à consulter en lien, des chiffres clefs qui font prendre conscience de l’accroissement vertigineux des inégalités, de l’ampleur de l’injustice sociale et de la non action des gouvernements pour contrer la pauvreté grandissante au sein des populations : Dans le monde, une personne sur quatre n’a souvent pas de quoi manger à sa faim, près de la moitié de la population mondiale vit dans la pauvreté.

La barre des 3 000 milliardaires a été franchie pour la première fois en 2025. La fortune des milliardaires a augmenté de 81 % depuis 2020. Elle a atteint en 2025 son plus haut niveau historique : 18 300 milliards de dollars cumulés. 

Moins de 70 % des 2 500 milliards de dollars d’augmentation de la fortune des milliardaires depuis 5 ans, suffiraient à éradiquer l’extrême pauvreté 26 fois.  Les milliardaires ont 4 000 fois plus de chances d’occuper un poste politique que les citoyen·nes ordinaires.

En France, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron en 2017 la fortune des milliardaires a doubléCe gain de plus de 220 milliards d’euros, concentré sur à peine 32 personnes, pourrait financer 10 000 postes d’enseignants pendant 377 ans. En 24 minutes en moyenne, un milliardaire gagne l’équivalent du revenu annuel moyen d’un Français, soit 42 438 euros. 

« L’explosion de l’ultra-richesse n’est ni neutre ni anodine. Elle est très coûteuse pour l’ensemble de la société française car elle se fait au prix des inégalités, de l’affaiblissement des finances publiques et de la mise en danger de notre démocratie. », explique Layla Abdelké Yakoub, responsable de plaidoyer « Justice fiscale et inégalités » à Oxfam France.

L’ONG appelle les Etats à réagir d’urgence en privilégiant les mesures suivantes : la mise en place de  plans nationaux de réduction des inégalités réalistes, l’imposition efficace des ultra-riches afin de réduire leur pouvoir, un pare-feu plus puissant entre richesse et politique, des réglementations plus strictes contre le lobbying et le financement des campagnes électorales par les plus riches, une plus grande indépendance des médias, une protection renforcée des libertés d’association, de réunion et d’expression des personnes ainsi que des organisations de la société civile et des syndicats.

Concernant la France, Oxfam souligne : « ceux qui détiennent déjà le plus de ressources économiques façonnent des politiques publiques qui servent leurs intérêts, tout en aggravant les inégalités. »

L’ONG propose pour le pays un ensemble de pistes fiscales pour corriger ces inégalités qui permettraient de renflouer les caisses de l’Etat de plusieurs dizaines de milliards, notamment : la mise en place de la taxe Zucman, d’une taxe sur les super héritages et les dividendes (suppression du PFU),  la révision de la taxe sur les transactions financières et une version rénovée de l’ISF en incluant une surtaxe climatique.

« Les alertes d’Oxfam sur les inégalités grandissantes sont désormais une réalité confirmée par une institution majeure comme l’INSEE ou encore la Banque postale. Malgré ce diagnostic alarmant désormais largement partagé, les responsables politiques continuent d’ignorer les solutions fiscales qui s’offrent à eux, même lorsqu’elles sont soutenues par 85 % des Français, comme c’est le cas de la taxe Zucman. Ce déni démocratique alimente un climat politique dangereux. À l’approche de 2027, alors que l’extrême droite progresse et que certains milliardaires, comme Vincent Bolloré, utilisent leurs empires médiatiques pour diffuser ses idées, remettre la justice fiscale au centre du débat est une urgence démocratique », conclut Layla Abdelké Yakoub.

 

Crédit Photo Oxfam

 

Photo 1.  Costume bleu marine, cravate bleue parsemée de petits pois, lunettes aviateur à verres bleutés, à Davos l’attention des médias s’est largement portée sur les lunettes de soleil d’Emmanuel Macron, aux montures métalliques. Crédit Photo SIPA.

Rapport complet. Résister au règne des plus riches

Sasha Verlei journaliste
Journaliste, Sasha Verlei a de ce métier une vision à la Camus, « un engagement marqué par une passion pour la liberté et la justice ». D’une famille majoritairement composée de femmes libres, engagées et tolérantes, d’un grand-père de gauche, résistant, appelé dès 1944 à contribuer au gouvernement transitoire, également influencée par le parcours atypique de son père, elle a été imprégnée de ces valeurs depuis sa plus tendre enfance. Sa plume se lève, témoin et exutoire d’un vécu, certes, mais surtout, elle est l’outil de son combat pour dénoncer les injustices au sein de notre société sans jamais perdre de vue que le respect de la vie et de l’humain sont l’essentiel.