C’était le 19 septembre dernier : une terrible crue de l’Hérault dévastait le village de Valleraugue et les hameaux situés en aval, faisant deux victimes. Depuis, un élan de coopération fraternelle en faveur des sinistrés a vu le jour. Il se poursuit pour venir en aide aux villageois dont beaucoup se trouvent toujours dans une situation très précaire. Sur place, élu.e.s et citoyen.ne.s se mobilisent avec les moyens du bord. Dans cette situation, la solidarité est irremplaçable.


 

« Dans ces cas-là, on ne se pose pas de question. On agit. » Ce jour-là, Jean-François Castanier remet à la mairie de Val d’Aigoual un chèque de 737 euros au nom de son association Né pour guérir et des Cigalois. Il livre également le sixième chargement de denrées et matériel en tout genre que sa sœur Nathalie et lui sont parvenus à collecter au Super U de Saint-Hippolyte-du-Fort pour venir en aide aux sinistrés de la commune de Val-d’Aigoual. C’était le 19 septembre dernier : une terrible crue de l’Hérault dévastait le village de Valleraugue et les hameaux situés en aval, faisant deux victimes.

On n’avait pas vu pareil désastre depuis 1900.

À la vague qui a emporté près de 17 000 hectares de terres cultivées détruisant ponts, maisons, commerces et chaussées a succédé une vague de solidarité trop rarement saluée.

Il y a eu le travail colossal des pompiers, bien sûr, celui des agents de la sécurité civile, de l’armée, venue en renfort, il y a eu La Croix Rouge, les Restos du cœur, le Secours Populaire, mais il y a aussi eu des hommes et des femmes, une cohorte de bénévoles aussi discrète qu’efficace parce que « dans ces cas-là », effectivement, « on ne se pose pas de question, on agit ».

Dès le dimanche 20 septembre, alors que le bourg de Valleraugue est toujours traversé par l’eau et bloqué par des amas de pierres, de boue et d’arbres charriés par l’Hérault, les villageois épargnés par l’inondation viennent à la rescousse. « On était plus de quarante pour vider la maison », confie Delphine qui a vu tous ses biens engloutis en deux heures. Alertés par les médias, les propriétaires de résidences secondaires offrent de reloger les sinistrés, sur Facebook les propositions d’aide affluent de toutes parts, l’information circule, la solidarité s’organise. Les communes alentour, des entreprises, des artisans proposent leur concours, offrent des engins pour venir à bout plus vite des éboulis qui obstruent certaines boutiques, bloquent certaines habitations, condamnent certains sinistrés à rester dans les étages. Les associations se mobilisent pour réunir des fonds, collecter des biens de première nécessité, déblayer maisons, routes, et bords de rivière. Ceux qui hors du village ont encore du réseau appuient la communication de la commune et sensibilisent les médias : on va avoir besoin d’aide, faites-le savoir !

Face aux propositions de ses auditeurs, France Bleu Gard-Lozère met en place, avec les élus, nombre d’actions utiles et nécessaires.

À la cagnotte Leetchi mise en place par la mairie de Val-d’Aigoual — dont le montant dépasse déjà les 25 000 euros — viennent s’en ajouter d’autres, et chaque jour les bénévoles peuvent se présenter en mairie où sont évalués les besoins et réparties les missions.

À l’heure où la citoyenneté est souvent questionnée, où la liberté d’agir comme bon semble à certains est revendiquée, force est de constater — et c’est réconfortant — que la fraternité demeure une valeur. Une valeur citoyenne. Une valeur humaine.

Valérie Baheux

Pour venir en aide aux sinistrés de Val-d’Aigoual Cagnotte Leetchi. Permanence Bénévolat en mairie de Valleraugue : 04.67.81.79.60

Voir aussi : Avoir la prétention de vivre après la boue

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