Le 18 janvier, lors du premier tour, aucun candidat n’avait franchi la barre des 50 % nécessaire pour l’emporter, une première depuis quarante ans, avec une participation record de 53 %, la plus élevée depuis vingt ans. Crédité de 31 % des voix au premier tour, António José Seguro, 63 ans, incarne l’aile modérée du Parti socialiste, centre-gauche. L’ancien secrétaire général du PS de 2011 à 2014 et eurodéputé, est souvent critiqué pour ses compromissions avec la droite. Face à lui, André Ventura, 43 ans, juriste né près de Lisbonne, est le leader de Chega, le parti d’extrême droite qu’il a fondé en 2019 après avoir quitté le PSD (centre-droit). Sa trajectoire fulgurante l’a propulsé à la tête de la deuxième force parlementaire du pays, avec 60 sièges obtenus aux élections législatives de 2025.
La percée de Chega puise sa force dans une « crise devenue structurelle« . À la suite de l’entrée dans l’Union européenne en 1986, le Portugal a connu un miracle économique porté par les fonds européens, l’amélioration des infrastructures et l’essor de la classe moyenne. Un cycle qui s’essouffle aujourd’hui. Les enfants de cette classe moyenne, même diplômés de l’enseignement supérieur, peinent à maintenir un niveau de vie stable. Si le Portugal affiche une croissance rapide depuis la pandémie, avec un PIB en hausse de 3,8 % par an sur cinq ans contre 2,6 % en moyenne dans l’UE, les salaires stagnent à des niveaux bas. Le salaire minimum dépasse à peine 1 000 euros par mois, soit 30 % de moins qu’en Espagne voisine et moins de la moitié qu’en Allemagne. En parallèle, le coût de la vie flambe, avec une hausse des prix des logements de 17 % l’an dernier, contre un peu plus de 5 % dans l’UE.


