Dès le 1er mars, plusieurs changements fiscaux et tarifaires entrent en vigueur en France. Nouvelle taxe sur la carte grise et les petits colis, hausse des forfaits hospitaliers, augmentation du prix du gaz et nouvelle hausse du tabac… vont à nouveau peser sur les Français.e.s les plus modestes.
Le 1er mars marque l’entrée en vigueur de plusieurs mesures qui auront des conséquences directes sur le portefeuille des Français.e.s. Entre la taxe sur les petits colis, le prix de la carte grise et l’augmentation des forfaits hospitaliers… Tour d’horizon des principaux changements attendus ce mois-ci.
Nouvelle hausse de la facture de gaz
Le prix repère du gaz, publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), augmente en effet de 3,93 % à partir du 1er mars par rapport au mois de février. Attention à votre consommation de gaz. La plupart des utilisateurs, sauf ceux bénéficiant de contrats bloqués, sont concernés. À titre d’exemple, le prix du kWh pour le chauffage va subir une hausse de 5,32 %. Cette hausse s’explique par la forte consommation de gaz en France cet hiver en raison de vagues de froid successives.
Taxe sur les petits colis hors UE
Les petits colis marchands en provenance d’un pays qui se situe hors de l’Union européenne seront soumis à une nouvelle taxe à compter du 1er mars. Celle-ci, d’un montant de 2 € par article, s’applique pour les colis d’une valeur inférieure à 150 €. Elle concernera les livraisons à destination de l’Hexagone, de la Martinique, de la Guadeloupe, de La Réunion et de Monaco. La taxe concerne chaque catégorie d’article à l’intérieur d’un colis. Si plusieurs marchandises sont regroupées dans un même petit paquet, elles y seront toutes soumises. Cela signifie qu’un colis d’une valeur de 100 € ne contenant qu’un seul produit sera taxé 2 €, tandis qu’un autre colis de la même valeur contenant dix articles de natures différentes sera soumis à une taxe de 20 €. Cette taxe est due par la personne qui réalise la livraison lorsque le bien est vendu en France. Il s’agit donc soit du vendeur, soit d’une place de marché, soit d’une plateforme.
L’objectif affiché de cette taxe, figurant dans la loi de finances 2026, est de freiner l’explosion des importations de produits à bas prix (et notamment de la fast fashion), qui ont triplé entre 2022 et 2024. Selon les chiffres des douanes françaises, environ 97 % de ces expéditions arrivent de Chine.
Le gouvernement maintient selon ses termes son soutien aux leviers de croissance des entreprises, alors qu’ils ont démontré leur inefficacité, (crédit d’impôt recherche, aides à la décarbonation et à l’innovation…) fait payer la faiblesse des performances des entreprises françaises — hormis les rendements en dividendes qui sont des plus élevés du marché — aux Français.e.s.
Fortes hausses des « forfaits » hospitaliers
Les « forfaits » facturés aux patients en cas d’hospitalisation ou de passage aux urgences augmente de 100% passant de 2 à 4 € dès le dimanche 1er mars. Le « forfait journalier hospitalier », la somme dont s’acquittent les patients hospitalisés au titre des « frais d’hébergement et d’entretien », grimpe de 20 à 23 € par jour. En psychiatrie, le forfait qui était fixé à 15 € passe à 17 €. Après un passage aux urgences, sans hospitalisation, le forfait laissé à la charge du patient passe également de 19,61 € à 23 €.
Cette mesure vise à faire économiser 450 millions d’euros à la Sécurité sociale en transférant une partie des dépenses vers les organismes complémentaires. Les patients disposant de complémentaires santé seront dans la plupart des cas remboursés. Ceux qui n’ont pas de mutuelles devront prendre en charge cette participation supplémentaire. Certains profils (femmes enceintes en fin de grossesse, nouveau-nés ou les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire C2S) restent dispensés de ces frais.

Hausse du prix de la carte grise
À partir du 1er mars, le coût des certificats d’immatriculation augmente en moyenne de 2,4 % au niveau national. Plusieurs conseils régionaux ont en effet décidé d’augmenter la taxe régionale perçue au moment de la délivrance des cartes grises. C’est le cas en Nouvelle-Aquitaine où elle passera de 53 € à 58 €, en Corse, de 43 € à 53 € (l’une des plus fortes augmentations, + 23,5 %). Elle augmentera également de 1 € en Provence-Alpes-Côte d’Azur et de 3 € à La Réunion. L’Île-de-France est également concernée avec un passage de 54,95 € à 68,95 €.
Cette taxe régionale sur les cartes grises fait partie des plus grosses recettes des régions et peut varier du simple au double en fonction de leur budget. À noter que ces augmentations sont pour bonnes parts liées à la baisse des dotations de l’État aux régions. Ce qui permet au gouvernement de transférer une augmentation de la fiscalité, jamais très populaire, aux collectivités territoriales.
La majoration des allocations familiales repoussée
C’est une mesure qui avait fait l’objet de beaucoup de débats lors de l’examen du budget 2026. Le gouvernement a décidé de repousser de 14 à 18 ans l’âge à partir duquel les allocations familiales sont majorées. Cette nouvelle mesure s’appliquera à partir du 1er mars. Jusqu’à présent, les parents bénéficiaires des allocations familiales voyaient leurs allocations augmenter dès le 14e anniversaire de leur enfant. Cette revalorisation, qui pouvait aller de 18,88 € à 75,53 € par mois selon les ressources du foyer, est désormais repoussée à la majorité. Le gouvernement a estimé que le « surcoût lié à l’âge se situe plutôt autour de 18 ans ». La majoration ne durera plus que deux ans, jusqu’aux 20 ans de l’enfant, âge où cessent le versement d’allocations familiales.
Cette mesure a provoqué une levée de boucliers, certaines instances comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ayant établi que le surcoût d’un enfant à charge survenait dès 14 ans. Le Haut Conseil de la famille, placé sous l’autorité du Premier ministre, s’était lui-même opposé à la mesure en octobre 2025, estimant que cette perte « serait concentrée sur des familles nombreuses, à revenu modeste ou moyen ». Les familles dont les enfants sont nés à partir du 1er mars 2012 subiront ce manque à gagner sur leurs allocations familiales. Avec des revalorisations allant de 18 à 75 € en fonction de la tranche de revenus du foyer, la perte ira de 215 à environ 900 € par an pour les familles. Les plus précaires perdront ainsi plus de 3 600 € en quatre ans.
Nouvelle hausse du prix du tabac
Le prix du tabac connaîtra également sa troisième hausse depuis le début de l’année, après celles de janvier et de février. Jusqu’à 70 centimes seront ajoutés aux prix des paquets, dès le 1er mars. Cela fera grimper certaines marques jusqu’à 14 € pour un paquet de 20 cigarettes. Selon son programme national de lutte contre le tabac, l’État projette de faire passer le paquet de cigarettes le moins cher à au moins 13 € d’ici à 2027.
Record de pauvreté en France depuis près de trente ans
Ces différentes mesures s’inscrivent en droite ligne d’une idéologie politique qui ne bénéficie qu’aux très hauts revenus. Les mesures sociales et fiscales décidées depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République démontrent en effet que le président de la République est bien celui des riches et des rentiers. Sa politique sociale a accentué le démantèlement des services publics, fragilisé le financement de la protection sociale et globalement réduit les prestations qui bénéficient aux plus modestes. Elle se poursuit aveuglément à l’heure où dans une quasi-indifférence, l’Insee a annoncé en 2025 un taux de pauvreté record depuis près de trente ans : 15,4 %, soit près de 10 millions de personnes concernées. Parmi ces évolutions les associations caritatives alertent sur un accroissement de la part des femmes et des familles ainsi que des personnes en situation de longue maladie ou de handicap.
Notes:
- Dans un communiqué diffusé le 20 février, France Assos Santé, qui fédère plusieurs associations de patients, dénonce fermement les augmentations à venir des restes à charge des malades, notamment à l’hôpital. C’en est trop pour les patients. Le collectif qui fédère différentes associations de patients, fustige les prochaines hausses des restes à charge à venir. « Jusqu’où fera-t-on payer les malades? (…) Nous sommes en colère. Une nouvelle fois, on demande aux personnes malades de payer davantage pour se soigner. C’est injuste et profondément choquant« ,







