Sous un ciel enfin dégagé, les terrasses de Montpellier retrouvaient leur douceur hivernale. Mais en quelques minutes, l’irruption d’un groupe d’identitaires a transformé cette parenthèse lumineuse en démonstration de force nationaliste.


 

Dimanche 15 février, après d’interminables jours sous les gouttes, c’était l’occasion d’aller boire un verre en terrasse, de retrouver la lumière et un peu de bleu du ciel. À la terrasse des cafés places du Marché aux fleurs, les montpelliérain.e.s retrouvent progressivement le sourire. Quand arrive un groupe d’identitaire. Ils sont une cinquantaine tout de noir vêtu, gantés, certains cagoulés et réclament justice après le drame ayant entrainé la mort du militant identitaire Quentin, à l’issue d’un affrontement entre deux bandes à Lyon.

Les membres du groupe d’extrême droite scandent de nombreux slogans. Leur bouche pleine de colère réclament “Justice pour Quentin”. Les propos sont aussi plus politiques “Mélenchon en prison, Arnault (député LFI) au cachot”, “Antifa assassin, LFI complice”.

Lorsqu’un homme seul tente de s’opposer à ce triste défilé, le service d’ordre de la Ligue du midi se rapproche de lui, et dans un mouvement de confusion le contre-manifestant est molesté puis interpellé par la police qui surveillent ou accompagnent la manifestation d’extrême droite. On ne sait plus trop. Victorieux et fier le groupe d’extrême droite entame la Marseillaise agressant verbalement les personnes à la terrasse des cafés : « Vous êtes misérable de ne pas vous lever au son de la Marseillaise ! » (…) « honte à vous ! »1

En quelle année sommes-nous ? Dans quel monde ? Dans quelques années on lira peut-être dans les livres d’histoire : En 2026 le retour au pouvoir de Trump impulse une nouvelle dynamique fasciste en Europe. Comme au début de l’année 1933. Mais pour l’heure ces livres sont contrôlés par un certain Bolloré. Et la police penche pour le RN et répond à des ministres de l’Intérieur qui encadrent les groupes d’extrême droite et parfois les couvre…

Quant à la violence qui est dénoncée à juste titre après la mort de Quentin, il faut quand même rappeler que si le militantisme antifascisme assume la possibilité du recours à la violence, même si cela reste assez rare, les groupuscules d’extrême droite en ont fait une pratique régulière ; à l’instar du tweet du collaborateur parlementaire du député RN Jérôme Buisson, qui partage l’affiche d’un événement prévu avec quatre personnalités affiliées à LFI : Rima Hassan, Sophie de La Rochefoucauld, Assa Traoré et Sophia Chikirou, et l’accompagne du message : « J’ai fait un rêve. Quatre décès et le peuple rempli de joie. » Dans un autre message publié sur X en réaction à la mort de Quentin, le même écrit : « L’extrême gauche tue, tuons l’extrême gauche. »

Ce dimanche montpelliérain n’est pas un simple fait divers. Il révèle une époque où le nationalisme durcit le ton, occupe l’espace public et banalise l’intimidation politique. Des slogans vindicatifs aux appels à la violence relayés sur les réseaux sociaux, une parole extrême s’installe et cherche à s’imposer comme norme. L’histoire a déjà montré où mènent ces emballements identitaires lorsqu’ils prospèrent dans l’indifférence ou la complaisance.

 

 

Notes:

  1. cette scène nous a été rapportée par plusieurs témoins choqués et affligés de voir se déployer la violence du nationalisme en plein cœur de Montpellier.