Alors que le gouvernement et une partie du monde agricole poussent pour un assouplissement des règles environnementales, la contestation contre la loi Duplomb reprend de l’ampleur. Partout en France, des citoyen·nes et organisations écologistes se mobilisent contre un texte accusé de sacrifier la biodiversité et la santé publique.


 


Le retour des rassemblements contre la loi Duplomb se confirme. Avec une première vague de mobilisations ce week-end, à l’initiative de plus de 80 organisations opposées à la loi dite « anti-contrainte agricole » portée par le sénateur Laurent Duplomb. Le texte, déjà adopté cet été, est accompagné d’une nouvelle proposition visant à réintroduire des pesticides interdits, relançant une vive contestation dans les rangs écologistes et paysans.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie, plusieurs rassemblements ont déjà eu lieu, réunissant agriculteur·rices, militant·es associatifs et simples citoyen·nes. Tous dénoncent une orientation politique jugée dangereuse pour l’environnement et le vivant. À l’appel du collectif « Nourrir », qui rassemble notamment Greenpeace, la Confédération paysanne, Oxfam, Foodwatch et le WWF, les manifestant·es fustigent une « accumulation d’annonces » en matière d’agriculture et d’environnement qui « tournent le dos à l’intérêt général ».

La mesure la plus controversée du texte concerne la réautorisation de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde reconnu pour sa toxicité sur les abeilles et les pollinisateurs, et plus largement sur la biodiversité. Cette disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel, qui a estimé que le texte ne prévoyait pas d’encadrement suffisant concernant la durée d’utilisation, les techniques de traitement ou les filières concernées. Une décision saluée par les opposant·es, mais jugée insuffisante face aux nouvelles tentatives de réintroduction.

La réintroduction de l’acétamipride, dangereuse pour la santé humaine, est réclamée par les syndicats agricoles majoritaires, la FNSEA et la Coordination rurale. Ces derniers affirment que certains producteurs — notamment dans les filières de la betterave sucrière et de la noisette — ne disposent aujourd’hui d’aucune alternative efficace pour protéger leurs cultures. Un argument contesté par de nombreuses associations, qui appellent à investir massivement dans la transition agroécologique plutôt que dans le retour de substances toxiques.

La contestation s’appuie notamment sur la pétition contre la loi Duplomb ayant recueilli plus de 2,1 millions de signatures. Un grand rassemblement national est prévu mercredi à Paris, jour du débat à l’Assemblée nationale. Les collectifs appellent à une mobilisation massive pour empêcher ce qu’ils considèrent comme un recul historique en matière de protection de l’environnement, de la biodiversité et de la santé publique.

Photo. Mobilisation à Albi en juin dernier. Crédit photo Le Tarn Libre