Plusieurs événements jalonnent le mois de février qui inaugure une nouvelle année lunaire sous le signe astral asiatique, accompagnée des fêtes variées.


 

Le défilé mené par le Dragon a déjà débuté la série des festivités sur les Champs-Élysées à Paris. Le changement d’année lunaire a lieu en fait le 17 février, et Montpellier invite l’Orchestre National des Musiques Traditionnelles de Chine — plus connu comme « CNTO » China National Traditional Orchestra — à venir jouer mardi prochain, 10 février, au Corum. En septembre dernier ce sont des solistes de l’Orchestre National de Montpellier qui sont partis jouer pour la première fois à Bailu (Sichuan) pour la 13e « Saison artistique de musique classique sino-française » ! Les échanges se poursuivent : c’est une chance de recevoir cet orchestre, qui va jouer ensuite à Genève et à La Seine Musicale… Fondé en 1960, il permet à travers des programmes variés, portés par des solistes réputés, de découvrir des répertoires anciens ou contemporains et surtout d’entendre des instruments traditionnels.

 

Les instruments traditionnels sont mis en lumière dans le programme du China National Traditional Orchestra. Crédit photo CNTO

 

Pipa et guanzi… cordes, vents ou carillons
Dong Xiaolin, soliste virtuose de pipa, instrument à cordes traditionnel chinois. Crédit photo CNTO

La première partie du concert propose pas mal de magie, entre la danse du lion et les marionnettes, la poésie du pavillon de broderie et la neige sur le palais vermillon. La deuxième partie s’achève sur « Harmonie des sept couleurs », composé par Zhang Zhao en 2022, dont on découvrira le vert, l’indigo et l’orange — le vent, la lune et le soleil. Le chef Liu Sha, récompensé comme le plus jeune chef du « Top 10 » des maestros, est très attendu, comme les solistes qui font sonner leurs instruments traditionnels. Le concerto pour erhu de Liu Tianhua, « Une douce nuit », date de 1924, et a pour vedette l’instrument à deux cordes, une sorte de vièle, joué par le soliste Song Lei. Le concerto pour guanzi et pipa, « Carillons de célébration », met en lumière un vent de la famille des hautbois à anche double dont Zhang Jiali livre toute la sonorité, et un cousin du luth et du oud qui a beaucoup à exprimer sous les doigts de Dong Xiaolin car son compositeur, Tan Dun, n’est pas seulement connu pour sa musique de Tigre et Dragon, ou pour son formidable concerto écrit pour le pianiste Lang Lang…

 

Avec le Cheval, le voyage lunaire souffle le feu

Pour le Nouvel an tous les arts sont invités. L’occasion se renouvelle de découvrir aussi les trésors du Musée Guimet, installés à Montpellier à l’Hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran du Musée Fabre. « Guimet + Chine », ce sont 30 chefs d’œuvre exposés jusqu’au 1er novembre, pour un voyage au cœur de la Chine, une occasion exceptionnelle.

Bien sûr l’Institut Confucius a programmé une série de festivités, notamment le 21 février une journée comportant plusieurs animations, dont la danse du Dragon, ainsi que des ateliers et des jeux traditionnels. Mais aussi, du 10 au 20, une exposition très intéressante « Souffle de cheval » présente des œuvres d’artistes de l’Atelier du Pinceau Libre, mêlant peinture et calligraphie, sous le signe emblématique du Cheval, symbole de transformation, d’élan vital et de liberté intérieure : « Dans le souffle ancien de l’encre, le feu s’éveille, le cheval s’élance ». Ce sera l’occasion de rencontrer l’artiste Shuang Gao et ses élèves. Outre les ateliers de Taï Chi, les animations de chant et tambour chamanique, il y aura des ateliers dont un de fabrication d’épingles à cheveux chinoises.

 

Et un coursier débridé !
À bride abattue, Li Song, humoriste francophone et francophile dans son spectacle « Débri2 ». Crédit photo Julien Creff

Rendez-vous à ne pas manquer : un spectacle hilarant, la rencontre avec Li Song, le plus français des Chinois. Son seul-en-scène Chroniques d’un débri2 part en tournée, co-écrit avec Victor Guilbert qui a déjà partagé la création de Chroniques d’un débridé en 2017. Depuis quelques mois ce deuxième épisode, qui propose Du coq à l’han, un chant en riz mineur, fait un succès. Théâtral et intimiste, Li Song joue avec les mots, livre sa vision de la vie, de la culture, des contrastes entre la Chine et la France, accompagné par son ukulélé. Un auteur libre, qui n’a jamais vraiment su — ni voulu — rentrer dans les cases. Au galop, le cheval de feu !

Michèle Fizaine

 

 


Nouvel An Chinois 2026, du 10 au 28 février, Institut Confucius, Espace Jacques 1er d’Aragon, 117 rue des États Généraux à Montpellier.
  • Grand concert le 10 février à 19h, Opéra Berlioz au Corum de Montpellier, 26 à 36 €.
    opera-orchestre-montpellier.fr
  • Du 10 au 20 février, exposition « Souffle de Cheval », inauguration le 14 à 14h30, Maison des Relations Internationales, 14 Descente en Barrat à Montpellier.
  • Journée Festive le 21 février à 15h, Institut Confucius.
  • Chroniques d’un débri2, le 17 à 18h30, Maison des étudiants Aimé Schoenig, gratuit, sur réservation.
  • Rencontre avec Li Song, le 18 à 18h, Institut Confucius.
    institut-confucius-montpellier.org
  • Le 28 février à 15h : Atelier de fabrication d’épingles à cheveux chinoises, Musée Fabre, 39 boulevard Bonne Nouvelle à Montpellier.

 


 

Votre horoscope chinois

 

L’astrologie chinoise est construite sur un cycle de douze années et autant d’animaux symboliques. Les précédentes et récentes années du Cheval étaient : 1942, 1954, 1966, 1978, 1990, 2002, 2014. L’année 2026 serait particulièrement chanceuse pour le Cheval, mais aussi pour le Buffle et le Lièvre, et certains pensent que seront aussi concernés le Rat, le Dragon et le Cochon.

Tout cela bien sûr en fonction de l’astrologie de chacun. Pour le Rat, il faudra vigilance et stratégie, pour le Bœuf une bonne confiance dans le changement. Super pour le Tigre, une année de conquêtes et de projets, quand le Lièvre-Chat va vivre une année d’adaptation et d’affirmation. Le Dragon sera sous le signe de l’ambition et de la créativité, et le Serpent entre équilibre et créativité, partagée avec la Chèvre qui fera preuve d’intuition. Dans ses projets le Singe va mettre en jeu vivacité et adaptation, et le Coq devrait être mis en lumière et gérer avec passion, tandis que le Chien sera toujours fidèle à son engagement, à sa collaboration, et le Cochon prêt à de nouvelles expériences et de belles rencontres. Ce n’est pas si simple si l’on revient à l’astrologie des 111 étoiles, si l’on considère les cinq planètes, les cinq éléments, les cinq couleurs, et tous les sens qui y sont rattachés…

On allait oublier le Cheval ! C’est sa fête, son année de feu, de liberté, celle des nouvelles aventures et des grandes décisions.

 


 

Photo 1. Le Cheval de Feu porte avec lui la mémoire du passé et l’élan du présent. Crédit photo Institut Confucius

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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J’ai enseigné pendant 44 ans, agrégée de Lettres Classiques, privilégiant la pédagogie du projet et l’évaluation formative. Je poursuis toujours ma démarche dans des ateliers d’alphabétisation (FLE). C’est mon sujet de thèse « Victor Hugo et L’Evénement : journalisme et littérature » (1994) qui m’a conduite à écrire dans La Marseillaise dès 1985 (tous sujets), puis à Midi Libre de 1993 à 2023 (Culture). J’ai aussi publié dans des actes de colloques, participé à l’édition des œuvres complètes de Victor Hugo en 1985 pour le tome « Politique » (Bouquins, Robert Laffont), ensuite dans des revues régionales, et pour une série de France 2 en 2017. Après des études classiques de piano et de chant, j’ai fait partie d’ensembles de musique baroque et médiévale, formée aux musiques trad occitanes et catalanes, au hautbois languedocien, au répertoire de joutes, au rap sétois. Mes passions et convictions me dirigent donc vers le domaine culturel et les questions sociales.