Fort du pacte conclu avec le PS, François Bayrou dérive irrémédiablement vers l’extrême droite. Les députés socialistes ont annulé, mardi, une réunion technique sur le budget, outrés par le terme de « submersion » migratoire employé par le Premier ministre, la veille sur LCI. Le patron du MoDem a tenté de les rassurer, sans retirer ses propos. Ce qui repose la question de la censure pour les socialistes.
Extrait de l’interview de François Bayrou sur LCI lundi 28/01/25
Retranscription à partir de YouTube :
Y a-t-il une logique souhaitable ou pas souhaitable à ce que la France soit métissée ?
Je ne crois pas que ce soit mieux d’être métissé que de ne pas l’être. Les apports étrangers sont positifs pour un peuple à condition qu’il ne dépasse pas une proportion. La rencontre des cultures est positive mais dès l’instant que vous avez le sentiment d’une submersion, de ne plus reconnaître votre pays, les modes de vie ou la culture, dès cet instant-là il y a rejet. C’est dans cette zone-là qu’on se trouve.
On y est en France selon vous ?
On approche, en tous cas c’est dans cette zone qu’on se trouve. Et un certain nombre de villes ou de régions sont dans ce sentiment-là…
Pour moi c’est une question de proportion, et cette proportion est très rapidement et très souvent atteinte.
Je reprends l’exemple de Mayotte et je pourrais le reprendre dans d’autres territoires d’Outre-mer. Mayotte, ce sont des rejets qui deviennent violents, avec des teintes, oui d’exclusion et de racisme, alors que ce sont les mêmes cultures, mêmes religions, mêmes langues, et va, mêmes familles. Simplement, les apports des îles voisines sont ressentis comme une agression ; c’est la même chose…
Vous pensez vraiment qu’en France on s’approche d’un sentiment de submersion ?
Beaucoup de Français, beaucoup de quartiers et beaucoup de villes ont le sentiment que ça n’est plus maîtrisé. Il suffit de voir les faits divers pour mesurer que les manquements, les délits se concentrent et on ne voit plus que ça, les gens ont le sentiment que ce sont forcément des étrangers, des immigrés qui manquent aux devoirs que nous avons. Tant que nous n’aurons pas garanti l’ordre sur notre sol, c’est-à-dire la certitude que quand quelqu’un est en situation irrégulière, celui-là on peut le raccompagner chez lui, avec le respect qu’on doit aux personnes humaines, pour garantir que notre loi est respectée, que nos décisions sont respectées…