Pourquoi relayer, pourquoi soutenir, pourquoi maintenir ce lien quasi quotidien avec Gaza quand tant d’autres médias se taisent, simplifient ou répètent des récits officiels vidés de leur substance humaine ? C’est précisément parce que l’information n’est pas neutre, et que le silence ne l’est jamais, qu’altermidi a fait le choix d’accompagner et de soutenir l’action de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)


 

Depuis près de deux ans et demi, un fil ténu mais tenace nous relie à Gaza : celui des correspondances régulières avec Abu d’Amir. Ces textes ne sont pas de simples témoignages. Ils constituent une matière d’une richesse exceptionnelle, à la fois documentaire, politique, géopolitique et profondément humaniste. Ils donnent à voir ce que les chiffres effacent, ce que les discours officiels nient : des vies, des résistances du quotidien, des choix éthiques, une société qui refuse de disparaître. En maintenant ce contact direct, sans filtre ni mise en scène, altermidi assume pleinement sa fonction de média indépendant : informer autrement, depuis le terrain, depuis les voix concernées, en respectant les règles déontologiques du journalisme tout en s’émancipant d’une information internationale trop souvent tronquée, alignée sur des narrations gouvernementales largement reprises par les grands médias.

Ce travail de transmission ne pourrait exister sans saluer la ténacité et l’engagement de Brigitte Challande. Par son implication constante, sur le terrain comme ici, par près d’une centaine de rencontres organisées au contact des habitantes et habitants de nos régions, elle œuvre inlassablement à rendre compte de ce qui se passe à Gaza, à faire circuler la parole, à briser l’isolement et l’indifférence. Cette pédagogie patiente, cette présence concrète, prolongent le travail mené là-bas et lui donnent une résonance politique essentielle ici.

L’action d’altermidi reste modeste, mais elle s’inscrit pleinement dans l’ouverture de sa ligne éditoriale à la Méditerranée, conçue comme un espace commun de cultures, de solidarités et de récits partagés. Relayer ces textes, c’est refuser l’accablement, c’est faire le choix d’un journalisme qui n’abandonne ni la complexité ni l’humanité, et qui considère que donner à lire ces voix est déjà un acte politique.

Le film qui suit s’inscrit dans cette exigence. Il témoigne, sans pathos ni concession, de ce que signifie aujourd’hui « tenir » à Gaza : construire, jour après jour, des barrages fragiles mais vitaux contre l’effondrement. Nous devons le relayer.

 

 

 

On nous montre le plus souvent Gaza sous l’angle de la destruction. Ce film atteste que l’espérance y est aussi en cours, surtout quand la solidarité internationale se manifeste. L’équipe gazaouie de l’UJFP est lucide dans ses analyses et tenace dans sa lutte pour la vie du peuple palestinien.

 

Pour en savoir plus. Tapez dans notre moteur de recherche « Cette semaine à Gaza » et retrouvez la rubrique d’Abu Amir restituée par Brigitte Challande, qui permet de suivre le fil des événements et des enjeux de Gaza depuis plus de deux ans.

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Après des études de lettres modernes, l’auteur a commencé ses activités professionnelles dans un institut de sondage parisien et s’est tourné rapidement vers la presse écrite : journaliste au Nouveau Méridional il a collaboré avec plusieurs journaux dont le quotidien La Marseillaise. Il a dirigé l’édition de différentes revues et a collaboré à l’écriture de réalisations audiovisuelles. Ancien Directeur de La Maison de l’Asie à Montpellier et très attentif à l’écoute du monde, il a participé à de nombreux programmes interculturels et pédagogiques notamment à Pékin. Il est l’auteur d’un dossier sur la cité impériale de Hué pour l’UNESCO ainsi que d’une étude sur l’enseignement supérieur au Vietnam. Il travaille actuellement au lancement du média citoyen interrégional altermidi.